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Le cimetière protestant (dit du Pont Saint-Jean) de Bergerac (24)

mercredi 20 octobre 2010.
 

Le cimetière protestant du Pont-Saint-Jean

Samuel Jean POZZI (1846-1918)

Le professeur Samuel Jean Pozzi était un célèbre médecin français né à Bergerac (Dordogne) le 3 octobre 1846 et mort à Paris le 13 juin 1918.

Issu d’une famille d’origine italienne, il fit ses études à Pau et Bordeaux et commença ses études de médecine à Paris en 1869. Étudiant brillant, l’un des élèves préférés de Broca, il fut préparateur d’anatomie alors qu’il n’était encore qu’étudiant, externe des hôpitaux de Paris en 1866, interne en 1868. Il obtint son doctorat en 1873 puis l’agrégation en 1875 et devint chirurgien des hôpitaux (1877). En 1883, il fut nommé à l’Hôpital de Lourcine-Pascal (rebaptisé plus tard Hôpital Broca).

Excellent chirurgien, il s’initia dès 1876 auprès de Lister (à Édimbourg) aux pansements antiseptiques, aboutissement des théories de Pasteur, qu’avec d’autres il introduisit et répandit en France. Il fit également connaître les travaux d’Alexis Carrel sur la transplantation d’organes et la culture des tissus. Au cours de la Première Guerre mondiale, il fut l’un des premiers à utiliser les procédés de désinfection des plaies imaginés par Carrel.

Il aborda l’un des premiers la chirurgie de l’abdomen en pratiquant en 1889 la première gastro-entérotomie réalisée en France, mais aussi la suture de la vessie après taille sus-pubienne, la cholédocotomie, la suture du tissu hépatique après extraction d’un kyste hydatique, etc.

Au fil des années, il se consacra de plus en plus à la gynécologie dont il fut l’un des pionniers en France et entreprit de nombreux voyages d’étude en Angleterre, en Allemagne et en Autriche. Il aménagea son service de l’hôpital Broca de la manière la plus moderne, allant jusqu’à en décorer les murs de toiles d’artistes connus. C’est là qu’il fonda une école réputée de gynécologie, jusqu’à ce qu’une chaire de clinique gynécologique soit créée en 1911 à la Faculté de médecine, dont il devint le premier titulaire.

Il fut surtout un partisan de la gynécologie conservatrice, refusant l’ablation systématique de l’utérus et des ovaires et s’intéressant aux opérations réparatrices des mutilations congénitales ou acquises.

Auteur de nombreuses études de gynécologie, il est surtout l’auteur d’un important Traité de gynécologie clinique et opératoire, qui a connu plusieurs éditions depuis 1890 et qui a été traduit en espagnol, en allemand, en anglais, en italien, en russe et en arabe. Il publia également de nombreux articles dans le Bulletin de l’Académie nationale de médecine

En 1896, il fut élu membre de l’Académie de médecine. En 1897, il fonda la Revue de gynécologie et de chirurgie abdominale. Il participa à la création du Congrès de chirurgie.

Samuel Pozzi chez lui, par John Singer Sargent

Gynécologue et chirurgien à la mode de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, il soigne notamment Robert de Montesquiou, le Prince Edmond de Polignac, Anatole France, le poète Leconte de Lisle et les Rothschild. Les avis divergent quant à sa compétence médicale. Robert Proust, frère de Marcel, qui fut son assistant à l’hôpital Broca en 1914, le tenait en haute estime, mais Léon Daudet, lui-même médecin, disait : « Je ne lui confierais pas mes cheveux, surtout s’il y avait là une glace. »

Pozzi était en effet extrêmement coquet : il s’est fait peindre par John Singer Sargent enveloppé dans une somptueuse robe de chambre écarlate. Mme Aubernon l’appelait « l’amour médecin » (titre d’une comédie de Molière) tandis que Sarah Bernhardt, l’une de ses nombreuses conquêtes, le surnommait en toute simplicité «  Docteur Dieu ».

Marié à Thérèse Loth-Cazalis, parente du docteur Cazalis, que Mme Aubernon surnommait « la muette de Pozzi », il eut une fille, la poétesse Catherine Pozzi, née le 13 juillet 1883, et deux fils, Jacques et Jean. Mari volage, n’hésitant pas à séduire ses patientes, il consolait sa femme de ses infidélités en lui disant : «  Je ne vous ai pas trompée, ma chère, je vous ai complétée. »

S’intéressant à l’Antiquité, Pozzi collectionnait les pièces de monnaie et les statuettes, notamment les tanagras. En 1888, il devint président de la Société d’Anthropologie.

Il s’intéressait également à l’histoire médicale, et émit l’hypothèse que la mort de la princesse Henriette, fille de Charles Ier, fut le résultat d’une grossesse extra-utérine.

De 1897 à 1902, il fut sénateur de la Dordogne. Dreyfusard, il fréquenta les salons de Mme Émile Straus, de Mme Aubernon de Nerville, de la princesse Mathilde et de la comtesse Potocka.

Familier du docteur Adrien Proust, Pozzi rencontre Marcel Proust au cours d’un dîner donné par ses parents en 1886 et devint son médecin. En 1914, c’est lui qui lui procura la dispense qui lui permit de ne pas être envoyé au front.

Il est peut-être l’un des modèles du docteur Cottard dans À la Recherche du Temps perdu.

Samuel Pozzi en 1918

Au début de la Première Guerre mondiale, Pozzi, qui avait été engagé volontaire en 1870, reprit du service malgré son âge et, en qualité de médecin principal, dirigea plusieurs salles de blessés à l’hôpital de la rue Lhomond et à celui de l’hôtel Astoria.

Il fut assassiné le 13 juin 1918, par un de ses patients frappé de démence qui lui cribla l’abdomen de plusieurs balles de pistolet. Une opération tentée par son élève, le Docteur Martel, ne put le sauver. L’événement suscita une grande émotion.

Ses obsèques eurent lui le mardi 18 juin 1918 à l’église réformée de la Grande-Armée, à Paris. Selon son souhait il fut inhumé dans son uniforme militaire dans sa ville natale de Bergerac.

Les sépultures de POZZI à Bergerac

Sources : Wikipédia et divers.

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Eglantine de VALROSE (Louise Léa DUMAS 1869-1955)

Louise (Léa) Dumas, née et morte à Bergerac, 12 septembre 1869 - 19 juin 1955, épousa en 1898 Elie Georgeval.

Sous le nom d’Églantine de Valrose, elle a publié plusieurs recueils de poèmes et de récits, accompagnant souvent des oeuvres d’autres poétes ou écrivains.

Parmi ses oeuvres :

Les Echappées du Périgord (1932), Les Esseulées (1930), Ici on change les têtes (1938), Les Aventures merveilleuses du petit prince Ratiki (1931), Un berceau sur la route (roman, 1934), Prés de toi (1928), La chimère (1941), Amour (1939), un lâche (1926, etc.

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François de COUTOULY (1882-1932)

François de Coutouly voit le jour en 1882 à Bergerac.

Administrateur militaire aux colonies au grade de commandant.

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et particulièrement sur le Niger et la Guinée :

Le mariage et ses coutumes chez les Foula du Koin (Guinée)

Timbo-la-Morte

Une ville toucouleur de la Guinée française : Dinguiraye

Quelques points du folklore des Foulahs et des Tyapi de Kadé (Guinée française)

Les populations du Cercle de Diori (Haute-Volta)

Dori, le pays des Fulɓe

etc.

Décédé en 1932.

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Albert GARRIGAT (1839-1891)

GARRIGAT (JEAN-ZACHARIE-ALBERT), député de 1876 à 1885, membre du Sénat, né à Bergerac (Dordogne) le 25 janvier 1839, étudia la médecine à Paris, et, reçu docteur (1861), vint exercer dans sa ville natale. L’influence qu’il ne tarda pas à acquérir le fit élire d’abord conseiller municipal de Bergerac.

Il combattit l’empire, fit de la propagande contre le plébiscite de 1870, et, pendant la guerre franco-allemande, servit comme chirurgien-major dans la 2e légion des mobilisés de la Dordogne. En octobre 1871, le canton de Bergerac le choisit pour son représentant au conseil général de la Dordogne.

Le docteur Garrigat s’y fit remarquer par une motion dont il prit l’initiative (23 août 1873) et qui déclarait que « Thiers avait bien mérité de la patrie ». Républicain modéré, il se présenta, le 20 février 1876, comme candidat à la Chambre des députés, et fut élu, dans la 1re circonscription de Bergerac, face au comte Boudet, bonapartiste.

Il s’était prononcé dans sa profession de foi pour le maintien de la Constitution de 1875, et pour «  les lois dont le but serait de répandre et de favoriser l’instruction publique ». M. Garrigat alla siéger à gauche et vota constamment avec la majorité nouvelle : pour l’abolition des jurys mixtes (réforme de la loi sur l’enseignement supérieur), pour l’ordre du jour contre « les menées ultramontaines », etc. Il protesta, avec les 363, contre le gouvernement du Seize Mai, et fut réélu député de Bergerac, en octobre 1877, face à M. de Losse, candidat officiel, soutenu par l’administration.

Il reprit son rang dans la gauche républicaine, se prononça pour la nomination d’une commission d’enquête sur les abus électoraux, contre le ministère de Rochebouët, pour le cabinet Dufaure, pour l’élection de M. Grévy à la présidence de la République, pour l’invalidation de Blanqui, pour les lois sur l’enseignement déposées par M. Jules Ferry, etc., et, après une tentative infructueuse comme candidat républicain au Sénat, le 7 mars 1880, dans la Dordogne, il fut réélu député, le 21 août 1881, M. Garrigat suivit la même ligne politique que précédemment, vota dans le sens « opportuniste », et prêta son concours aux ministères Gambetta et Jules Ferry. Il se montra favorable aux entreprises coloniales. Le 6 janvier 1885, il quitta la Chambre pour le Sénat. Elu sénateur de la Dordogne, il fit partie de la gauche de la Chambre haute, vota pour l’expulsion des princes, pour la nouvelle loi militaire, etc., et se prononça en dernier lieu : pour le rétablissement du scrutin d’arrondissement (13 février 1889), pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, pour la procédure à suivre devant le Sénat pour juger les attentats contre la sûreté de l’Etat (affaire du général Boulanger).

Garrigat qui n’avait manifesté que peu d’activité au cours des dernières années, mourut à Paris au début de janvier 1891. Le 20 janvier, le président Le Royer prononça son éloge funèbre dans lequel il se plut à louer l’ardeur de ses convictions républicaines dans la lutte contre l’Empire. Il n’avait que 52 ans.

Sources :Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)- Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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FERDINAND DE LA BORIE, comte de LA BATTUT (1854-1933)

Voit le jour à à Bergerac (Dordogne) le 9 mai 1854, se fit recevoir docteur en droit à Paris, fut élu conseiller général du canton d’Issigeac (Dordogne), le 8 octobre 1871, et fut nommé, après le 16 mai, juge suppléant au tribunal de la Seine, Maire de Montbazillac, il se présenta comme candidat républicain à la députation, aux élections générales du 21 août 1881 dans la 2e circonscription de Bergerac, où il échoua face à l’élu bonapartiste, M. Thirion-Montauban.

Porté, lors des élections au scrutin de liste du 4 octobre 1885, sur la liste républicaine de la Dordogne, il fut élu député, Il prit place à l’Union des gauches, et soutint avec ce groupe la politique scolaire et coloniale du gouvernement ; il a cependant voté contre l’expulsion des princes. En dernier lieu il s’est prononcé : pour le rétablissement du scrutin d’arrondissement (11 février 1889), contre l’ajournement indéfini de la révision de la Constitution, pour les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, pour les poursuites contre le général Boulanger ; il s’est abstenu sur le projet de loi Lisbonue restrictif de la liberté de la presse. On a de lui : Etablissements de bienfaisance en France.

En 1892, la Chambre des députés lui fait l’honneur de l’élire secrétaire de son bureau. Elle le reconduira régulièrement dans cette fonction dix ans durant. Deux commissions surtout bénéficieront des compétences de La Batut : celle de l’agriculture et celle de la législation fiscale. Il fut un rapporteur fort écouté, et sur les sujets les plus divers : culture du lin, vente des gages au Mont-de-Piété, droits d’enregistrement, assurance mutuelle agricole, police sanitaire des animaux, etc..

Cet esprit vif et imaginatif était également assez prodigue en propositions, dont la plupart se rapportaient au développement de la bienfaisance, mais avec quelques autres, fort bien trouvées, dans des domaines variés : témoin ce projet de résolution (1892) pour la création d’une carte-lettre réponse valable dans tous les pays appartenant à l’union postale universelle. Comme il marquait une vive attention aux problèmes de son département - toujours, par exemple, à réclamer l’ouverture de crédits en faveur de l’agriculture de la Dordogne fréquemment sinistrée - Bergerac ne lui ménageait pas ses suffrages.

Un siège de sénateur de la Dordogne se trouvant vacant par suite de décès, La Batut se porta candidat au scrutin du 7 janvier 1912 et triompha dès le premier tour . Il entamait ainsi au Luxembourg, où il s’inscrivit au groupe de l’union républicaine, une carrière ininterrompue de dix-huit ans, aussi régulièrement réélu sénateur qu’il avait l’habitude d’être réélu député.

Le Sénat lui fit d’ailleurs pareil honneur que la Chambre, l’élisant dès 1913 secrétaire de son bureau. Immédiatement, La Batut compte dans trois commissions au moins : du budget, des affaires étrangères, de l’armée.

La guerre étant survenue, le sénateur de la Dordogne semble montrer un subit et grand intérêt aux problèmes militaires et aux morts pour la France. Mais l’on ne s’étonnera pas que, même dans ce domaine, ce soient les aspects humanitaires de bienfaisance qui retiennent La Batut. Un de ses rapports fit particulièrement impression sur le Sénat et ce fut celui qu’il présenta à propos d’un projet de loi attribuant à l’autorité militaire le droit de pourvoir par voie de réquisition au logement et à la subsistance des individus expulsés des places fortes comme bouches inutiles.

Au renouvellement du Sénat de 1930, La Batut, qui était juge honoraire au tribunal de la Seine et membre du conseil d’administration de l’Office du commerce extérieur, décida de ne pas se représenter.

Il mourut le 11 mars 1933 à son domicile parisien, à l’âge de 78 ans.

Sources : Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)