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Monuments en péril - Cimetières menacés de disparition

Le cimetière du VIL à ROSCOFF (29)

Extraits et revue de presse du 15 octobre 2010. (Le Parisien - Ouest France - Divers)
vendredi 15 octobre 2010.
 

Au cours de nos visites des cimetières de la France profonde, c’est avec beaucoup de tristesse que nous avons constaté la multiplication des affichettes de reprises sur des tombes anciennes annoncant la disparition prochaine d’une partie importante de notre patrimoine funéraire ancien.

Sans l’effort de tous, dans quelques années, il sera fait table rase des tombeaux des siècles passés.

Ces témoignages de notre histoire doivent pouvoir être vus par nos descendants, ils sont le grand livre du passé et aussi un pont sur notre avenir...

Nous relayons ici l’écho et les mots largement diffusés dans la presse et sur le net.

Cet article composite n’est là que pour sensibiliser le grand public à nos efforts pour conserver notre patrimoine, plusieurs associations ce sont crées à travers notre pays pour tenter d’inverser la tendance, n’hésitez pas à les aider dans leur quête de préservation...

A Roscoff, l’avenir du cimetière marin agite les esprits...

Monument aux Morts

En 1830, pour une population d’environ 3,300 habitants, la commune de Roscoff disposait de trois cimetières : un à Santec (population de 1.200 hab.), un à l’Hospice pour les hospitalisés et le cimetière de l’enclos paroissial.

Vue générale

Une délibération municipale du 31 Mars 1834 signalera que "Les habitans de Kerfissiec et de Keravelqui avant la révolution faisaient partie de la paroisse du Minihi (Saint Pol) ont généralement conservé leurs habitudes religieuses à Saint-Pol de Léon et la plupart des cultivateurs aisés s’y font enterrer."

Autre regard...

Le cimetière de l’Hospice se devine encore dans le petit champ qui se trouve devant la façade de la chapelle Saint Nicolas, de l’autre côté de la route de Saint Pol. Cette route portait déjà alors le n° 169 et s’appelait : “ la route royale de 3ème classe de Lorient au port de Roscoff.”

Sépulture de Franck William MCD STOUT (1917-1944), aviateur néo-zélandais abattu en mission et accompagné à sa dernière demeure, au mépris du danger, par la population de Roscoff en 1944...

La Municipalité, dans sa séance du 8 Avril 1833, décida l’ouverture, à dater du 10 Avril suivant, du cimetière du Vil à Roscoff.

Elle élabora, au cours de cette séance, un règlement du cimetière dont les paragraphes relatifs aux concessions déplurent à l’autorité de tutelle.

Ce ne sera que le 18 Juillet 1836 qu’une ordonnance de Louis Philippe, roi des Français, autorisera les concessions aux conditions exprimées dans la délibération du conseil municipal du 13 Mars 1836.

C’est un lieu “extraordinaire”. Où les morts ont vue sur la mer et sur l’île de Batz. Un endroit “rare”. Mais voilà, depuis plusieurs mois, le cimetière du Vil, à Roscoff, est l’objet de toutes les supputations.

En décembre dernier, la municipalité a voté une délibération visant à fermer ce lieu à de nouvelles inhumations, un second cimetière ayant pris le relais depuis déjà 32 ans. Pas question cependant pour de nombreux Roscovites, qui y ont vu une menace, d’abandonner ce lieu chargé d’histoire, au risque de lui faire perdre son âme.

“Si cet endroit n’est pas protégé d’une manière ou d’une autre, on peut tout imaginer, s’inquiète Gilles Fillion, membre de l’association de défense du patrimoine de Roscoff. Qu’il soit un jour transformé en parking ou revendu à un promoteur immobilier”. Aujourd’hui il serait question d’un jardin ouvert au public où serait conservés quelques tombes et monuments “remarquables” pour lui garder son atmosphère solennelle de calme et de recueillement. “Mais celà reste très flou et n’offre aucune garantie à long terme”, estime Gilles Fillion. Le maire de Roscoff, Joseph Seïté, se veut pourtant rassurant.

La sinitre affichette, chemin vers l’oubli...

“Nous aussi sommes très attachés au caractère patrimonial de ce cimetière et voulons sa conservation, explique t-il. Il y a eu un malentendu sur une décision qui visait simplement à le fermer à de nouvelles inhumations. La grande majorité des sépultures ont déjà été transférées dans l’autre cimetière où se font aujourd’hui les inhumations.”.

Et, pour donner des gages, le maire explique que ce cimetière pourrait être classé prochainement en "zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager" (ZPPAUP) pour s’assurer qu’il demeure un lieu de mémoire pour les générations futures.

Sépulture de Mme MARTY (1853-1947)

Il faut dire que les sépultures du cimetière du Vil portent les traces de plusieurs épisodes marquant de l’histoire de Roscoff. Comme les stèles des naufragés de l’Hilda, en 1905, où périrent 125 personnes dont 70 Johnnies, ces paysans pauvres qui allaient vendre leurs oignons avec leur bicyclette outre-manche.

Ou encore cette tombe où repose un aviateur néo-zélandais inhumé en 1944 en présence de quelques miliers de Roscovites ayant bravé les nazis pour lui rendre un dernier hommage.

Renaud d’Herbais, farouche défenseur du cimetière, évoque de son côté un de ses aïeuls, officier de marine et héros de la guerre d’indépendance américaine enterré là. Ou encore une de ses tantes, décorée par le général de Gaulle pour ses faits de résistance.

Mais beaucoup de Roscovites ont des ancêtres illustres enterrés là, c’est pour celà qu’il n’a jamais été question de fermer complètement ce cimetière”, se défend le maire.

Le monument aux Morts...

En attendant, le tribunal rendait sa décision jeudi sur un recours de l’association de sauvegarde du patrimoine et de Renaud d’Herbais contestant la délibération municipale. Recours qui a été rejeté. Celà ne devrait pas mettre pour autant en péril le repos des disparus ayant trouvé leur dernière demeure en ce lieu fleurant bon les embruns du large.

Pierre-Henri ALLAIN

(Photo : Renaud d’HERBAIS)

Sources : Bulletin paroissial d’Avril 1964

naissance officielle de l’association