Navigation







Réalisateurs - Producteurs - Scénaristes - Arts de l’écran

CHABROL Claude (1930-2010)

10eme division (1ere ligne)
mardi 21 septembre 2010.
 

Réalisateur et producteur français

Claude Chabrol voit le jour le 24 juin 1930 à Paris, il est décédé 12 septembre 2010 à Paris.

Réalisateur français, également producteur, acteur, scénariste et dialoguiste.

Il inaugure la « Nouvelle Vague » puis mène avec un humour amical tout son demi-siècle de carrière, affranchi de toute école, mais pourfendeur amusé, goulu, fin gourmet, reconnu.

Fils unique de Madeleine et Yves Chabrol, il naît malgré les conseils de médecins qui recommandent à sa mère alors enceinte de trois mois d’avorter, les époux Chabrol ayant été trouvés inanimés suite à une asphyxie due à un chauffe-eau défectueux.

Il fréquente les salles de cinéma parisiennes depuis l’âge de 4 ans[. Son père, pharmacien et Résistant, envoie l’enfant, durant la Seconde Guerre mondiale chez sa grand-mère paternelle, à Sardent, dans la Creuse.

Plus tard, il raconte qu’il y fut projectionniste dans la salle de cinéma qu’il improvise à 11 ans dans un garage désaffecté. De retour à Paris après la Libération, il fait des études de droit, puis, sous l’influence parentale, et sans conviction, des études de pharmacie, qu’il abandonne après avoir quadruplé sa première année.

C’est le cinéma qui lui sourit : il entre à la Fox (en 1955) comme attaché de presse, tout en agissant comme critique de cinéma dès l’aurore de la Nouvelle Vague française, aux côtés de François Truffaut et Jacques Rivette, ses collègues aux Cahiers du cinéma.

De 1953 à 1957, dans la revue à couverture jaune, fondée par André Bazin et Jacques Doniol-Valcroze, il participe à la défense de la politique des auteurs et publie, en 1957 avec Éric Rohmer, un livre sur Alfred Hitchcock, le maître du suspense et celui qui a su imposer son style au système hollywoodien.

Une autre rencontre est, pour la suite, également déterminante : celle du romancier Paul Gégauff, son futur scénariste, dont l’univers l’éloigne de l’éducation bourgeoise reçue, bien qu’il s’en avoue toujours encore marqué de traces profondes, indélébiles.

Il épouse, le 26 juin 1952, la fille d’un industriel suisse, Agnès Marie-Madeleine Goute, qui devient en 1957 une riche héritière (25 millions d’anciens francs), ce qui permet au nouveau cinéaste de financer sa maison de production, AJYM (1956-1961) : sigle formé des initiales du prénom de son épouse Agnès et de leurs deux fils.

L’entreprise AJYM démarre sur un court métrage de Jacques Rivette, Le Coup du berger (1956), avec Jean-Claude Brialy. Et, dès la fin de 1957, Claude Chabrol tourne avec ce même Brialy, à Sardent (dans la Creuse), ses premiers films, Le Beau Serge puis Les Cousins, sortis en 1959, qui deviennent les premiers longs métrages - « le manifeste inaugural » - de la Nouvelle Vague.

Il divorce en 1964 et convole en secondes noces le 4 décembre 1965 avec l’actrice Stéphane Audran (née Colette Dacheville), qu’il connaît depuis 1957 et qui est la mère de son troisième fils, Thomas (né en 1964, futur acteur).

Avec elle, il poursuit une fructueuse coopération, jusque très au-delà de leur séparation en 1980. Durant cette période, il se fait spécialiste de l’analyse féroce de la bourgeoisie française, dont l’apparent conformisme sert de couvercle à un bouillonnement de vices et de haines. Que ce soit sur le registre de la comédie grinçante ou du polar, souvent de concert avec le romancier scénariste Paul Gégauff, il ne cesse d’en traquer l’hypocrisie, les coups bas et la bêtise, avec une délectation rare et jubilatoire, à laquelle participent activement ses acteurs fétiches : Stéphane Audran, Michel Bouquet, Jean Yanne. Il dresse ainsi de la France des années 1970 un portrait sans concession, âpre et corrosif, où dominent La Femme infidèle, Juste avant la nuit, Les Biches.

À la fin de la décennie, il effectue un tournant en optant pour des sujets plus éclectiques dans lesquels son inspiration s’émousse parfois, il l’avoue. Mais sa rencontre en 1978 avec la jeune Isabelle Huppert, qu’il contribue à révéler, est décisive. Violette Nozière, l’empoisonneuse parricide qui fit scandale dans les années trente, ajoute une dimension supplémentaire à la galerie de monstres jusqu’ici filmés par Chabrol (il avait déjà adapté un autre fait divers sanglant dans Landru avec Charles Denner). En même temps, il entame avec l’actrice un duo redoutablement efficace, qui touchera tant les rives de la comédie policière (Rien ne va plus) que celles de l’adaptation littéraire (Madame Bovary) ou du film politique (L’Ivresse du pouvoir), culminant avec la décapante Cérémonie, adaptée du roman A Judgment in Stone[16] (L’analphabète) de Ruth Rendell.

Sur un registre plus léger, il aura également entre-temps fait jouer Jean Poiret dans le rôle titre de Inspecteur Lavardin ainsi que dans Poulet au vinaigre, de la même manière qu’il revient régulièrement au polar provincial, par des films tels que Au cœur du mensonge ou La Demoiselle d’honneur. Dans un registre fantastique inattendu, il réalise en 1976 Alice ou la dernière fugue, avec Sylvia Kristel, un genre qu’il n’abordera qu’à cette unique occasion.

En 1983, il se marie en troisièmes noces, avec Aurore Pajot , qui est sa scripte sur pratiquement tous ses films depuis Les Biches (1968). La fille de celle-ci et de l’acteur François Maistre, Cécile Maistre (née en 1967), est son assistante sur de nombreux films. Il donne régulièrement des rôles à son fils cadet Thomas Chabrol, tandis qu’un autre fils, Matthieu Chabrol, est compositeur de la musique de ses films à partir du milieu des années 1980. Des quatre enfants de la famille recomposée, Claude Chabrol n’a que son fils aîné, architecte, qui ne travaille pas à ses films.

Claude Chabrol reçoit, pour l’ensemble de son œuvre cinématographique, le prix René-Clair de l’Académie française en 2005, la Caméra d’or de la 59e Berlinale en 2009 et le Grand prix 2010 de la SACD.

Claude Chabrol meurt le 12 septembre 2010 à l’âge de 80 ans, Il est inhumé le 17 septembre, dans l’intimité, dans la 10e division, prés de Mano Solo.

Sources : Wikipédia (extraits) et divers.