Navigation







Poétes - Ecrivains - Littérateurs -

GOLL Yvan (1891-1950)

10eme division (1ere ligne)
mercredi 30 novembre 2005.
 

L’herbe du songe

Ivan Goll, de son vrai nom Isaac Lang, est né à Saint Dié-des-Vosges le 29 mars 1891. il fait ses études à Metz et dans plusieurs universités allemandes. A Berlin, en 1913-1914, il participe activement au mouvement expressionniste. Dans un tract lyrique, Le Canal de Panama, le poète décrit la lutte des éléments contre l’homme et le percement héroïque du Canal (qui coûta beaucoup de vies humaines).

Goll vit en Suisse de 1914 à 1919, et milite par ses écrits au sein du groupe pacifiste rassemblé autour de Romain Rolland et Henri Guilbeaux. C’est là qu’il rencontre Claire Studer, journaliste et écrivain allemand, qui deviendra son épouse.

A Zurich, il fréquente Arp, Tzara et Picabia. Dans un vaste poème, Le Requiem pour les morts de 1916, il nous fait entendre les hommes et les femmes pris dans la tourmente et souffrant de la guerre. Il s’installe à Paris en 1919 avec son épouse. Le couple se lie avec des écrivains et des artistes, Malraux, Léger, Cendrars, Fels, Chagall, Delaunay.... Ivan publie des anthologies de poètes allemands et français.

Il crée en 1924, la revue « surréalisme », il se brouille alors avec Breton et ses amis. Ses recueils de poèmes, ses romans, ses essais paraissent tant en France qu’en Allemagne. Parmi ses œuvres théâtrales, la plus connue est Mathusalem ou l’éternel bourgeois. Dans ses chansons de Jean sans Terre, il exprime sa solitude d’homme, de juif errant ballotté entre deux cultures.

Dès 1939, le couple s’exile aux Etats-Unis pour échapper aux persécutions nazies, ils vivra de journalisme et de littérature. Ils ne reviendront qu’en 1947. Ivan Goll publie à partir de 1943, dans la revue « Hémisphères » et dans les éditions du même nom, des œuvres de Saint-John Perse, Césaire, Breton, Bosquet, Miller, Sélignan, ainsi que des œuvres de jeunes poètes américains.

Mais, à partir de 1944, la maladie, la leucémie dont il est atteint, l’exil loin de la France, et la première explosion nucléaire lui inspirent une œuvre poétique au langage riche et sensible. On retrouve dans ces lignes les forces chtoniennes, l’alchimie, la cabale, la désintégration de la matière, qui tiennent une grande place. A son retour en France, il publie ses recueils de poèmes, définit sa conception artistique, le Réisme.

Il meurt le 27 février 1950, laissant un testament poétique Traumkraut (l’Herbe du Songe) qui sera édité par Claire Goll de même que bon nombre de poèmes inédits.

Claire Goll a rejoint son mari dans l’éternité en 1977.

La sépulture est décorée d’une plaque de bronze d’Emmanuel Auricoste d’après un dessin de Marc Chagall représentant le couple, Claire et Yvan »

La plaque d’origine a été volée, une copie reproduit fidèlement l’originale...

Une fondation Yvan et Claire Goll, crée sous l’égide de la Fondation de France, entretient leur sépulture au Père-Lachaise (face à celle de Chopin) et délivre tous les deux ans, un prix international de poésie francophone en association avec l’Alliance francophone.

Sources : APPL 2016 et divers.

Crédit photos : Annie_photos (1998) et Didier Muller (APPL 2016)

(APPL 2016)