Navigation







Hommes politiques - Représentants du Peuple - Conseillers politiques

PILHAN Jacques (1944-1998)

87eme division (columbarium)
lundi 23 août 2010.
 

Conseiller en comunication de l’Elysée

Jacques Pilhan, voit le jour en 1944 et mort le 28 juin 1998, il fut un publicitaire et l’ancien conseiller en communication politique des présidents François Mitterrand et Jacques Chirac.

Autodidacte, il s’inscrit culturellement dans le courant de la gauche situationniste. Selon le journaliste François Bazin, "Pilhan s’entourait de gens férus d’anthropologie, de psychanalyse, de peintures, d’art. Pilhan avait un fonds culturel baroque, de transgression. Aujourd’hui, tout le monde sort du modèle Sofres ou sciences-po" (cf.interview de François Bazin du 19 octobre 2009).

En 1981, il est le collaborateur de Jacques Séguéla durant la campagne du candidat de la « force tranquille ». Pour Jacques Pilhan, "c’est le produit d’un travail collectif. Il doit tout d’abord à Jacques Séguéla et à deux créatifs de son agence. J’y ai ma part pour ce qui regarde de la stratégie dont la force tranquille fut l’expression la plus forte"

Puis, il fonde en 1984 sa propre agence de publicité, Temps public. Cette agence a été créé avec l’accord de François Mitterrand, au moment du tournant de la rigueur. Elle avait pour vocation "la gestion de l’image publique du président de la République mais aussi celles d’institutions ou d’entreprises...".

À partir de 1983, il seconde officieusement Gérard Colé, conseiller en communication de François Mitterrand, puis le remplace officiellement en juillet 1989 quand celui-ci prend la présidence de la Française des jeux.

Parallèlement, en septembre 1990, il prend la direction de la société Bélier, quatrième entreprise publicitaire de France.

Jacques Pilhan exerçait la profession de communicant politique, adepte du marketing politique. Pour lui, cette nouvelle profession émergente au début des années quatre-vingt ne peut réellement se définir, même se nommer, "Lacan disait que ce qui ne peut pas se nommer n’existe pas. J’ai bien peur que cela s’applique à mon métier. Aucun nom ne peut lui être donné".

Par ailleurs, il porte un regard lucide sur l’influence des publicitaires dans l’apparition de la communication politique.

"Ils ont donnés à ce métier à peine naissant une image de tireurs de ficelles prétendant instrumentaliser les hommes publics au nom d’une connaissance des comportements sociaux acquise à travers d’études financées par leurs clients commerciaux".

Dans son approche originale du marketing politique fondée sur la recherche du désir par l’écriture médiatique, Jacques Pilhan a été l’inventeur du plan média. En 1995, il affirmait que "jusqu’à une date toute récente, les hommes politiques se contentaient de répondre au coup par coup à la demande des médias. Leur attachée de presse répercutait les sollicitations : un journal de 20 heures, une émission de radio, une interview pour le journal. Ce que j’ai introduit là-dedans, c’est le concept de plan média. Plutôt que de répondre de manière pavlovienne aux propositions des journalistes, on préfère aller dans tel média -télé, radio ou écrit - selon l’effet que l’on veut obtenir, et à tel moment, selon la séquence dans laquelle on se trouve. Vous commencez à ce moment-là à passer d’une gestion réactive de la demande des médias à une volonté d’imposer votre choix et votre rythme propres, votre écriture médiatique".

En 1995, Jacques Chirac, élu président de la République, le garde comme conseiller en communication. Il forme la fille de celui-ci, Claude, avant d’être emporté par un cancer du poumon à l’âge de 54 ans.

Sources : François Bazin : Le sorcier de l’Élysée : L’histoire secrète de Jacques Pilhan, Plon, Paris, 2009, (ISBN 978-2259208871) L’écriture médiatique - entretien avec Jacques Pilhan, Le Débat, n°87 novembre-décembre 1995, pages 2 à 24. L’homme des présidents, portrait de Jacques Pilhan par Jérémy Tordjman (source : ARTE TV). Jacques Pilhan : mort d’un gourou, article de l’Express du 2 juillet 1998 de l’éditorialiste Denis Jeambar.