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Hommes politiques - Hauts fonctionnaires - Préfets

GRIMAUD Maurice (1913-2009)

87eme division (columbarium)
mercredi 14 juillet 2010.
 

Préfet de Police

Maurice Grimaud, voit le jour le 11 novembre 1913 à Annonay (Ardèche) et mort à Paris le 16 juillet 2009.

Haut fonctionnaire français. Il fut notamment préfet de Police de Paris lors des événements de Mai 68.

Maurice Grimaud est le petit-fils d’Antoine Grimaud, maire d’Annonay de 1904 à 1919. Il commence des études littéraires, obtient une licence de lettres, apprécie Gide, Proust, Giraudoux et Valéry, passe un été chez son ami Roger Martin du Gard.

Mais après son échec au concours d’entrée de l’École normale supérieure (qu’il regrettera toute sa vie), il intègre la fonction publique comme attaché à la résidence générale du Maroc, de 1936 à 1943, d’abord comme précepteur du fils du résident général de France, Charles Noguès, puis à partir de 1938 comme conseiller diplomatique.

Il travaille ensuite au commissariat à l’Intérieur à Alger, de 1943 à 1944, auprès du Gouvernement de Gaulle-Giraud. Entre 1935 et 1936, il milite au sein d’une petite formation de la gauche pacifiste, le Parti frontiste.

Il est ensuite directeur de cabinet de l’administrateur général français à Baden-Baden en Allemagne, de 1945 à 1947, conseiller de l’Organisation internationale des Réfugiés (OIR) à Genève, en 1948 et 1949, délégué général pour la France, en 1950 et 1951, et directeur de l’Information à la résidence générale de France au Maroc, de 1951 à 1954.

Revenu en France, il devient en janvier 1954 conseiller technique au cabinet de François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur. Quelques mois plus tard il est nommé préfet des Landes, puis en 1957 préfet de la Savoie où il a un rôle prépondérant dans les cérémonies du Centenaire du Rattachement de la Savoie à la France, la création des premières intercommunalités et le développement de Courchevel.

Il est ensuite nommé préfet de la Loire en 1961. Maurice Grimaud est ensuite nommé, en 1963, directeur général de la Sûreté nationale (alors qu’éclate l’affaire Ben Barka, qui cependant n’implique pas la police).

Préfet de police à Paris en mai 68.

Du 27 décembre 1966 au 13 avril 1971 il est le préfet de police de Paris. À 54 ans, Maurice Grimaud succède à Maurice Papon à ce poste (où il souligne que le racisme est présent parmi les policiers).

Il fait tout pour éviter un bain de sang lors des manifestations de mai 1968 : « Frapper un manifestant tombé à terre c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière » (lettre aux forces de police du 29 mai 1968). Si plusieurs centaines de blessés sont recensés, aucun mort ne peut être relié aux évènements.

Il refuse d’être présenté comme un héros ayant empêché le sang de couler et souligne l’organisation de la police face à des situations d’émeutes. Maurice Grimaud reconnaissait que ses engagements de jeunesse à gauche l’avait aidé à comprendre cette révolte. Par sa relation pragmatique avec le Premier ministre Georges Pompidou, le Gouvernement n’enclenche pas une spirale répressive.

Maurice Grimaud a raconté cette période troublée dans son livre En mai, fais ce qu’il te plaît, qui s’appuie sur l’agenda quotidien qu’il tenait. Préfet de Police, il illustre le haut commis de l’État, fidèle aux valeurs républicaines et assurant la continuité de l’État, sans être au-devant de la scène. En octobre, il appuie la dissolution du groupe Occident.

Il est nommé secrétaire général à la Direction générale de l’Aviation civile en 1971 (lancement du Concorde, du programme Airbus...), poste qu’il quittera en 1975 pour prendre la direction de la Régie Immobilière de la Ville de Paris.

Il revient à la haute fonction publique en mai 1981, en devenant le directeur de cabinet de Gaston Defferre, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, où il prépare notamment la décentralisation.

En juillet 1984, lorsque Pierre Joxe est nommé ministre de l’Intérieur, il suit Gaston Defferre au ministère d’État chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire jusqu’en 1986.

Son dernier poste sera celui de délégué général du médiateur de la République, de 1986 à 1992. Maurice Grimaud est passionné d’art contemporain, il a été reconnu pour son humanisme, son goût du dialogue et son rejet de tout sectarisme. Il a passé sa retraite à Paris et Saint-André-de-Cruzières.

Distinctions :

Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur de l’Ordre national du Mérite, Commandeur des Arts et des Lettres, Médaille de l’Aéronautique.

Œuvres :

En mai, fais ce qu’il te plaît, Stock, 1977, La Police malade du pouvoir, Seuil, 1980, Je ne suis pas né en mai 68. Souvenirs et carnets 1934-1992, Tallandier, 2007.

La dépouille de Maurice Grimaud a été crématisée et repose dans la 87e division.

Mise à jour (200710) : L’urne funéraire a été remise à la famille