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Sciences et Techniques - Canal de Suez

LESSEPS Ferdinand de (1805-1894)

6eme division (1ere ligne, W, 30)
mercredi 30 novembre 2005.
 

Le Grand Français

Ferdinand de Lesseps est né le 19 novembre 1805 à Versailles. Sa famille remonte jusqu’au 14eme siècle. Ses ancêtres venus sans doute, d’Ecosse, se sont installés à Bayonne, terre alors occupée par l’Angleterre. Sa famille compte plusieurs membres dans la carrière diplomatique. Lui-même occupera plusieurs fonctions diplomatiques de 1825 à 1849.

Son oncle fut anobli par le Roi Louis XVI, et son père, Matthieu de Lesseps (1774-1832), a été fait comte de l’Empire par l’Empereur Napoléon. Sa mère, Catherine de Grévigne, était espagnole et tante de la comtesse de Montijo, mère de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

Ses premières années se déroulèrent en Italie, où son père était en poste. C’est au lycée Henri IV à Paris qu’il suit ses études. Puis, de 1825 à 1827, il est vice-consul auxiliaire à Lisbonne, où son oncle Barthélemy de Lesseps était chargé d’affaires. Cet oncle était un vieux compagnon de La Pérouse et aussi, un survivant de l’expédition où celui-ci périt.

En 1828, il est envoyé en tant que vice-amiral auxiliaire à Tunis où son père est consul général. Il facilite l’évasion d’un certain Youssouff, poursuivi par les soldats du Bey dont il est l’un des officiers. Youssouff sera reconnaissant de cette protection française en se distinguant dans les rangs de notre armée, à l’heure de la conquête de l’Algérie. Il se voit ensuite confier par son père une mission auprès du comte Clausel, général en chef de l’armée d’occupation en Algérie.

En 1832, Ferdinand de Lesseps est nommé vice-consul à Alexandrie. Pour palier à l’impatience due à la quarantaine des navires qui l’on conduit en Egypte, M. Mimaut, consul général de France à Alexandrie lui envoie plusieurs ouvrages, parmi lesquels le mémoire écrit selon les instructions de Bonaparte, par l’ingénieur Lapre, membre de l’expédition, concernant un canal creusé à travers l’isthme de Suez.

C’est ainsi que naît le projet initial du Canal dans l’imagination de Ferdinand. Des circonstances bien particulières facilitèrent la réalisation du projet. Mehemet Ali devait sa position de vice-roi d’Egypte aux recommandations faites au gouvernement français par Matthieu de Lesseps. Ferdinand fut donc très bien accueilli par le vice-roi. Plus tard, c’est son fils, Saïd Pacha qui accorda la concession du Canal de Suez.

C’est en 1833 que Ferdinand de Lesseps est nommé consul au Caire, et peu de temps après, consul général à Alexandrie, il occupa le poste jusqu’à 1837. Il revint en France vers la fin de l’année 1837, le 21 décembre, il épouse Agathe Delamalle qui lui donnera cinq fils. Il occupe successivement les postes de : consul à Rotterdam (1837) puis à Malaga (1838). En 1842, il est envoyé à Barcelone. De 1848 à 1849, il est ministre de la France à Madrid.

En 1853, il perd en l’intervalle de quelques jours son épouse et sa fille. En 1854, l’accession au trône de son ami Saïd Pacha, donne une impulsion nouvelle aux projets du canal. Le 30 novembre 1854, Saïd Pacha signe la concession autorisant Ferdinand de Lesseps à percer l’isthme de Suez. Bien que l’opposition de l’Angleterre soit manifeste, rien n’arrête l’avancée du projet. L’Empereur Napoléon III et son épouse l’Impératrice Eugénie le soutiennent de toute leur influence.

Ferdinand réunit par souscription plus de la moitié du capital de deux cents millions de francs nécessaires pour fonder une compagnie. Pour sa part, le gouvernement égyptien souscrit à hauteur de quatre-vingt millions. Ferdinand de Lesseps reçut la Grand-Croix de la légion d’Honneur (1869), il fut membre de l’Académie des sciences (1873), Il fut membre de l’Académie Française le 21 février 1884, en remplacement de Henri Martin.

Sa seconde épouse lui donnera douze enfants. Il fut surnommé le « Grand Français ». Mais, à l’âge de soixante quatorze ans, il se lança dans le projet du Canal de Panama. Très ambitieux et mal préparé, ce projet fit perdre tant d’argent aux actionnaires de la compagnie, que Ferdinand de Lesseps fut condamné à cinq années de prison qu’i ne purgea pas en raison de son état de santé chancelant. Il mourut à la Chênaie dans l’Indre le 7 décembre 1894.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)