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Ecrivains - Littérateurs - Journalistes

BONNAMOUR Georges (1866-1954)

92eme division
vendredi 9 juillet 2010.
 

Homme de lettres et journaliste

Pierre Gilbert Georges Bonnamour voit le jour le 20 février 1866, encore que par coquetterie il se rajeunissait de deux ans, se disant né en 1868.

Son père, Michel Bonnamour, 29 ans, est maître d’hôtel. Sa mère, Marianne née Enjol, rentière, est âgée de 34 ans. Le couple réside à Paris, dans le 9° arrondissement, au 17 de la rue Bleue, ainsi dénommée pour avoir abrité une fabrique d’indigo sous l’Empire.

Sont témoins de l’acte de naissance : Jean Baptiste Troussot, domestique, résidant aussi au 17 rue Bleue et Pierre François Vidondeau (Bidondeau ?), rentier, porteur d’un patronyme aquitain. On peut supposer que les uns et les autres font partie de cette cohorte de provinciaux du XIXe siècle « montés » à Paris pour y trouver du travail.

Le destin de Georges Bonnamour ne s’accomplira pas dans l’hôtellerie. Après des études secondaires (peut-être au lycée Lamartine, voisin) et, dira-t-il plus tard un passage aux Langues orientales, il se destinera à la littérature, la poésie et le journalisme, se déclarant selon les cas homme de lettres ou publiciste.

Parallèlement il recevra une formation esthétique auprès de Victor Viollet le Duc, neveu du célèbre architecte, fils d’Adolphe Etienne Viollet le Duc, paysagiste. Plus tard, ayant déménagé à Neuilly, d’abord au 27 rue de l’Hôtel de ville, puis au 10 de la rue de l’Ecole de mars, il deviendra l’élève de Gaston Gélibert, un peintre animalier installé à Chatillon. Le choix de ce professeur déterminera probablement l’implantation de Bonnamour à Capbreton, village où Gélibert se retirera vers 1902.

Un homme assurément intelligent et cultivé, le prototype du bourgeois de la fin du siècle, illustré par Boni de Castellane ou Montesquiou. Une assurance, une morgue et une détermination, comme l’expriment tous les jeunes de vingt ans, en 1886 comme de nos jours. A 24 ans Bonnamour écrit :

" A l’âge où je suis, je pourrais encore jouir pendant des années du privilège qu’ont les jeunes de s’en tenir toujours aux « brillantes promesses » que jamais, hélas ! ils ne réaliseront. Je laisse à d’autres cette attitude et je songe avec mélancolie à tous ceux que la vieillesse guette et qui sortiront de la salle du banquet où ils pérorent d’un si frénétique accent sans rien laisser d’eux, sur la table, qu’un cigare éteint et un rond de serviette."

Le mari de Colette, Willy, observe que :

"Georges Bonnamour dirige avec vigueur et persévérance la Revue indépendante. Il y rabroue l’outrecuidance de certains symbolistes improductifs, fouaille leurs pirouettes, dénonce la stupidité de leurs métaphores."

Bonnamour revendique la liberté d’expression, justifie son orgueil :

"Nous traversons une crise de pudeur, d’honnêteté soudaine et de vertu féroce. Froidement, lentement, solennellement, à coups précis, calculés, mécaniques, d’arrêts de jugements et d’amendes, on étrangle la liberté ... J’estime que c’est un droit pour un écrivain d’outrager dans ses livres, autant qu’il lui plaît et comme il lui plaît, des idées, des théories, des dogmes auxquels il ne croit pas."

Il est vrai qu’il est passé en correctionnelle en 1892 pour outrage aux mœurs, en raison de la hardiesse de ses écrits, au nom de la loi de 1882 censurant la presse. La condamnation (50F d’amende, amnistie en 1900) lui sera reprochée lors des élections législatives de 1902. La menace judiciaire ne le désarme pas.

Biographie de Georges Bonnamour

Georges Bonnamour s’est éteint en 1954, il repose dans la 92e division dans un tombeau en forme de sarcophage.

Sources : Biographie de Georges Bonnamour, Jean-Marie DUTEN.

Portrait de Georges Bonnamour par Henri Le Fauconnier.