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Sciences et Techniques - Ethnologie et anatomie

RIVET Paul 1876-1958)

95eme division
vendredi 9 juillet 2010.
 

Fondateur du Musée de l’homme

Paul Rivet est né le 7 mai 1876, à Wasigny dans les Ardennes, et s’éteint à Paris, le 21 mars 1958 à la suite d’une longue et douloureuse maladie.

C’est un médecin et ethnologue français, à l’origine de la création du Musée de l’Homme, au trocadéro à Paris.

Ethnologie américaniste :

Il fit ses études supérieures à l’école nationale de médecine militaire de Lyon, dont il sortit docteur en 1897. En 1901, on lui offrit d’accompagner en tant que médecin, la Mission Géodésique française, qui se rendait en Équateur pour y reprendre avec des méthodes plus rigoureuses et des instruments plus précis, les travaux mené de 1735 à 1745, par La Condamine, Louis Godin et Pierre Bouguer pour mesurer un arc de méridien à un degré de proximité de l’équateur.

À la fin de cette mission, il resta en Amérique du Sud pendant 6 ans, observant les habitants des vallées interandines. À son retour à Paris, Rivet, engagé comme assistant au Muséum national d’histoire naturelle, mit de l’ordre dans ses observations sud-américaines.

Ses notes furent publiées conjointement à celles de René Vernaus, alors directeur du Musée, en deux parties, entre 1912 et 1922, sous le titre Ethnographie ancienne de l’Équateur.

En 1926, Paul Rivet a participé à la fondation de l’Institut d’ethnologie de l’Université de Paris, il en devint secrétaire-général avec Marcel Mauss, et l’un des premiers professeurs. En 1928, il succéda à René Vernaus à la direction du Musée d’Ethnographie du Trocadéro (MET), rattaché au Muséum d’histoire naturelle. En 1937, le MET devient le musée de l’Homme et s’installe dans le palais de Chaillot, élevé à l’occasion de l’exposition internationale de Paris.

Dans sa théorie, Rivet non seulement affirme que l’Asie est le berceau de l’homme américain, mais aussi que des migrations se sont produites depuis l’Australie 6000 ans auparavant, et depuis la Mélanésie un peu plus tard. Son ouvrage, Les Origines de l’Homme Américain, publié en 1943, contient des arguments linguistiques et anthropologiques qui tendent à prouver sa thèse de la migration.

De retour à Paris en 1945, il renoua avec le Musée et l’enseignement, tout en poursuivant ses investigations sur l’Amérique du Sud. Ses travaux linguistiques apportèrent des éléments nouveaux sur les langues aymara et quechua. Rivet conserva des attaches affectives en Équateur, par son mariage avec Mercedes Andrade.

Son attachement à l’Amérique latine, le poussa à multiplier à Paris, des institutions comme la Maison de l’Amérique latine, l’Institut français des Hautes études brésiliennes qu’il fonda avec M. Paul Duarte. Enfin en 1954, s’ouvrait à la Sorbonne, avec son concours, l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine où il multiplia les conférences[2].

Un citoyen engagé et un homme d’action :

Paul Rivet prit aussi des responsabilités de citoyen :

Il fut fondateur et président du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes le 5 mars 1934.

Il fut élu conseiller de Paris comme candidat unique de la gauche le 12 mai 1935.

La résistance :

En juin 1940 Il placarde à l’entrée du Musée de l’Homme, le poème de Rudyard Kipling, If- (en) (1910), (Si dans la traduction d’André Maurois) en signe de protestation contre l’armistice signée avec les troupes d’occupation. Il adresse le 14 juillet 1940 une lettre ouverte au Maréchal Pétain, où il écrit : « Monsieur le Maréchal, le pays n’est pas avec vous, la France n’est plus avec vous ». Relevé de ses fonctions par le gouvernement de Vichy à l’automne 1940, il adhère au groupe de résistance connu sous le nom de "réseau du Musée de l’homme".

Recherché par la Gestapo, il fuit à la dernière heure et parvient en février 1941, à gagner un pays ami, la Colombie, où le président Eduardo Santos lui ouvre les bras. Il participe à la fondation de l’institut d’ethnologie colombien, et à la création d’un musée à Bogota. En 1943, il est attaché culturel de la France combattante pour l’amérique latine, à Mexico. Il parvient à y rédiger et à publier à Montréal, un livre qu’il porte en lui depuis longtemps : Les origines de l’homme américain.

La vie de parlementaire :

Il est élu député socialiste à la Libération. Il démissionne de la SFIO en 1948 et rejoint l’Union progressiste. Il est favorable à des négociations avec Ho Chi Minh pour conserver l’Indochine dans l’Union française et démissionnera de la conférence de Fontainebleau (juillet 1946). Candidat neutraliste, il est battu aux élections législatives de juin 1951 et renonce alors à la politique active. Il quittera l’Union progressiste quand elle ne votera pas l’investiture de Pierre Mendès France en juin 1954. Il va alors se préoccuper de l’avenir de l’Algérie. il signe le 21 avril 1956 dans Le Monde, " L’Appel pour le salut et le renouveau de l’Algérie française ".

Il considère que l’inéluctable indépendance algérienne ne pourra être que progressive. À la demande de Guy Mollet il ira défendre les positions françaises sur l’Algérie devant l’ONU et dans les pays d’Amérique du Sud.

Il était également membre de la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, président du Conseil supérieur de la radiodiffusion et de la Commission française pour l’UNESCO.

Décédé en 1958, sa dépouille mortelle fut crématisée avant d’être inhumée dans la 95e division.

Sources : Wikipédia/Wikimédia Commons et divers

(APPL 2016)