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LORULOT, André ROULOT dit, (1885-1963]

87eme division (Columbarium)
mercredi 10 février 2010.
 

Ecrivain et anarchiste

André Lorulot, né Georges André Roulot, est un libre penseur et anarchiste individualiste français né le 23 octobre 1885 à Paris dans le quartier du « Gros Caillou » et mort en 1963 à Herblay.

Il exposa à de nombreuses reprises ses idées anticléricales, notamment dans son livre le plus célèbre Pourquoi je suis athée, paru en 1933 et préfacé par Han Ryner. Il a longtemps présidé la Fédération Nationale de la Libre Pensée et dirigé son journal La Calotte.

À l’école, il se distingue pour ses aptitudes en histoire. La croyance en Dieu est pour lui un moyen de s’évader de la misère dans laquelle il vit, mais il perd la foi vers quinze ans. Il est contraint de quitter l’ école à l’âge de quatorze ans pour travailler chez un éditeur parisien. Il devient petit à petit libre penseur, athée, matérialiste, antireligieux, démocrate, socialiste et s’engage dans la lutte sociale. Les premières manifestations auxquelles il participe sont organisées par la Libre Pensée.

Il lit Le Radical et La Petite République de Jean Jaurès, il s’abreuve des œuvres de Jules Guesde, de Lafargue et de Jean Jaurès, ainsi que des publications du Parti Ouvrier belge. Il hésite entre différents courants politiques et il est anarchiste un certain temps, mais écœuré par les divisions et les vaines querelles entre les partis progressistes (socialistes, anarchistes...).

Passionné par la lecture et l’ écriture, il est directeur de la revue l’anarchie de 1909 à 1911, puis il fonde L’Idée libre en 1911 et La Calotte en 1930, ce qui lui permet d’ échapper à la censure des grands journaux face à ses idées révolutionnaires et son combat pour les droits des femmes.

Son entrée en politique coïncide avec le moment le plus polémique de l’affaire Dreyfus. Il se passionne pour ce combat qu’il mène aux côtés des dreyfusards libres penseurs, dont Émile Zola, Georges Clemenceau, Jean Jaurès et Sébastien Faure, et les républicains, socialistes, libertaires, syndicalistes. À l’école déjà, il prend la défense d’un de ses camarades, un Juif nommé Roos, et encaisse les coups avec lui. Ce fut sa « première prise de contact avec l’injustice ». Il dénonce les «  faussaires de l’État-Major » et la « tourbe des décerveleurs antisémites ».

Mais il n’ échappe pas à la justice qui le condamne plusieurs fois à des peines de prison tout au long de sa vie pour des motifs mineurs (avoir sifflé lors du passage du roi d’Espagne en visite à Paris en 1905, provocation de militaires à la désobéissance...). Il est notamment emprisonné un an pour avoir commenté une phrase antimilitariste d’Aristide Briand qui appelait à la révolte contre les officiers. Briand était alors Ministre de la Justice. « J’étais donc poursuivi par Briand pour avoir cité un texte de Briand », fait remarquer Lorulot.

Son avocat était Gustave Hervé. En prison il collabore à plusieurs journaux sous des pseudonymes, dont le journal tchèque « Prace », mais la Censure impériale autrichienne coupait les trois-quarts de ses articles. Il est aussi condamné à 15 mois de prison pour sa brochure « L’Idole Patrie ».

Il a participé à une expérience de société communiste à la Colonie Libertaire de Saint-Germain-en-Laye. Il rencontra la militante anarchiste et enseignante Émilie Lamotte qui devint sa compagne jusqu’à la mort de celle-ci en 1909.

Après la première guerre mondiale il se consacre à la réorganisation de la Libre Pensée. Il s’éloigne petit à petit de l’anarchisme et soutient la Révolution bolchévique dans les années 1920.

En 1924, il fut initié franc-maçon à la Loge "L’Equerre" de Moulins.

En 1933 un passeport pour le Maroc lui est refusé par les autorités françaises. La raison en est que son nom figurait dans le dossier « Service des anarchistes », mais également que le gouvernement italien s’était plaint auprès du gouvernement français qu’il critiquait Mussolini dans ses conférences. Pour obtenir son passeport André Lorulot a dû prendre l’engagement de ne pas critiquer M. Mussolini au cours de ses conférences au Maroc. Mais pour se venger il débutait toutes ses conférences par : « Je me suis engagé, pour obtenir un passeport, à ne pas attaquer M. Mussolini. Ne soyez donc pas surpris de mon silence forcé et veuillez ne pas l’interpréter dans un sens défavorable ».

Il donne des conférences dans toute la France et en dehors sur des thèmes très divers, liés à l’actualité, tels que « Fusilleurs et Fusillés » au lendemain des fusillades de Narbonne et de Villeneuve-Saint-Georges, « Les vrais bandits » au moment de l’affaire des « bandits tragiques », « Dieu existe-t-il ? », « Morale laïque ou morale religieuse ? », « La faillite de la politique », « Peut-on vivre sans autorité ? », « Pour ou contre la dictature ? » au début de la Révolution russe, « La véritable éducation sexuelle », «  La guerre en Abyssinie », « L’Espagne en feu », « L’Église et la Guerre », « Pourquoi je suis athée », « Pour ou contre la confession », « La vérité sur Lourdes », « L’Église et l’Amour », « Faut-il autoriser les congrégations ? », « L’Église et les travailleurs », « Peut-on vivre sans religion ? », « L’Église et le fascisme », « Faut-il croire aux miracles ? », « Un socialisme peut-il être chrétien ? », « La faillite du Christianisme », « Jésus-Christ a-t-il existé ? », « La religion peut-elle sauver le Monde ? », « Dieu », etc.

Ce travailleur infatigable a publié un nombre impressionnant de brochures et a tenu 2 500 à 3 000 conférences. Il fait également de nombreux débats contradictoires avec les cléricaux.

Il est adhérent pendant de nombreuses années de la Société des Gens de Lettres mais il en démissionne pendant l’Occupation « parce que ladite Société faisait célébrer, avec l’argent des adhérents, des messes pour le repos de l’âme de certains écrivains ! »

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’abbé Bergey de la Gironde demande son arrestation.

Décédé en mars 1963, Lorulot a été incinéré au Père Lachaise, en présence d’une foule émue de cette disparition prématurée. Il a été l’objet de très nombreux hommages de tout horizon (anarchie, partis politiques, Franc-maçonnerie), en présence de nombreuses fédérations départementales de la Libre Pensée.

Il repose dans le columbarium, case 859 avec son épouse Jeanne.

Sources : Wikipédia et divers.

LORULOT, La libre pensée