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Compositeurs - Chanteurs lyriques - Ténors

DUPREZ Gilbert Louis (1806-1896)

12eme division
dimanche 24 janvier 2010.
 

Compositeur et ténor

Gilbert Duprez est un ténor français né à Paris le 6 décembre 1806 et mort à Paris le 23 septembre 1896[1].

Il est célèbre pour avoir été le premier chanteur à émettre en scène un contre-ut (do4) en voix de poitrine, lors d’une reprise de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini en 1837. Cette technique « forcée » aurait usé prématurément sa voix, ce qui expliquerait la retraite du ténor à seulement 43 ans.

Après des études à l’Institution royale de musique classique et religieuse dirigée par Alexandre-Étienne Choron, il fait ses débuts au théâtre de l’Odéon dans Le Barbier de Séville de Rossini en 1825 puis passe à l’Opéra-Comique mais sa prestation dans La Dame blanche de Boieldieu ne convainc guère[2]. Il part alors perfectionner sa technique en Italie, où il accède à la notoriété, notamment dans des reprises d’Otello, Le Barbier et Guillaume Tell de Rossini. Il crée également plusieurs opéras de Gaetano Donizetti dont Parisina (1833), Rosmonda d’Inghilterra (1834) et surtout Lucia di Lammermoor au teatro San Carlo de Naples en 1835.

Précédé d’une réputation flatteuse, il rentre en France en 1837 et est engagé à l’Opéra de Paris comme premier ténor, emploi tenu par Adolphe Nourrit qui préfère démissionner (il se suicidera deux ans plus tard). Le 17 avril 1837, Duprez débute dans Guillaume Tell de Rossini où il lance pour la première fois en France le contre-ut de poitrine[3] qui l’a rendu célèbre en Italie. Ses exploits vocaux dans La Muette de Portici de D.-F.-E. Auber, Les Huguenots et Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer suscitent l’enthousiasme du public parisien, avide de nouveauté. Au cours des dix années qui suivent, il crée entre autres les rôles principaux de Benvenuto Cellini d’Hector Berlioz, Guido et Ginevra (1838), La Reine de Chypre (1841) et Charles VI (1843) de Jacques Fromental Halévy, La Favorite, Les Martyrs (1840) et Dom Sébastien (1843) de Donizetti et Jérusalem de Giuseppe Verdi.

En 1849, la détérioration de sa voix l’incite à se retirer de la scène. Il quitte l’année suivante le Conservatoire, où il avait été nommé professeur en 1842, pour fonder sa propre école de chant (dotée d’une salle de concerts de 300 places), rue Turgot dans le IXe, où il a comme élève sa fille Caroline Duprez mais aussi Marie Battu et Caroline Miolan-Carvalho, qui feront carrière comme cantatrices.

Maire de Valmondois de 1853 à 1870 et chevalier de la Légion d’honneur, il meurt en 1896 à près de 90 ans dans son domicile parisien de la rue de la Tour ; quartier de Passy (XVIe).

Il a également fait représenter - sans succès - plusieurs opéras (La Cabane du pêcheur en 1826 à Versailles ; La Lettre au bon Dieu en 1953 à l’Opéra-Comique ; Samson, 1857 ; Juanita en 1862 au Théâtre-Lyrique ; Jeanne d’Arc en 1865 au Théâtre-Parisien, etc.), adapté plusieurs livrets d’opéras en français (dont La traviata de Verdi), publié des ouvrages théoriques (L’Art du chant, 1845) et des mémoires (Souvenirs d’un chanteur, 1880 ; Récréations de mon grand âge, 1888). Son fils, Léon Duprez, a également été professeur de chant au Conservatoire de Paris.

Sources :Damien Colas, Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Joël-Marie Fauquet (dir.), Fayard, 2003, p.412.