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Compositeurs de musiques - Musiciens - Virtuoses

BOËLY Pierre François (1785-1858)

2eme division
samedi 16 janvier 2010.
 

Compositeur français

Alexandre Pierre François Boëly est un compositeur français né à Versailles, au 21 rue des Bourbonnais, le mardi 19 avril 1785 et mort à Paris, au 27 de la rue Ponthieu, le lundi 27 décembre 1858.

Alexandre est issue d’une famille de musiciens. Son père, Jean François (1739-1814), était haute-contre à la Sainte-Chapelle de Paris, compositeur[1] et professeur de harpe à la cour de versaillaise[2] et théoricien[3]. Sa mère, Catherine Louise Levesque (1755-1804), femme de chambre d’un enfant de la Comtesse d’Artois de 1778 à 1783, a pour père Pierre-Louis Levesque (1724-1797) chantre et auteur d’un Solfège d’Italie (1772) assez célèbre, qui connu cinq rééditions jusqu’en 1830. Son oncle, Pierre-Louis Levesque (1760- ?) est aussi Page du Roi. Enfin, il a quatre sœurs qui suivent tous de rapides et brillantes études à l’ouverture du conservatoire.

Dès sa cinquième année Alexandre reçoit les rudiments de son éducation musicale avec les pages de la musique du Roi, dirigé par son grand père. À Paris, il eut d’abord pour maître son père, doué d’une solide culture, puis dès l’ouverture du conservatoire en 1796 - Alexandre est alors dans sa onzième année - il commença le violon avec Henri Guérillot (1749-1805), sans grand succès apparemment, et surtout le piano. L’hypothèse a été émise qu’il avait commencé avec Madame Hélène de Montgeroult (1764-1836) jusqu’en janvier 1798, puis avec le pianiste-compositeur et pédagogue tyrolien Ignaz Ladurner (1766-1839).

Ladurner, fils d’organiste et organiste à ses heures, formé à Munich et fixé à Paris depuis 1788, devient professeur au conservatoire de mai 1797 jusqu’à son éviction en 1802 (comme le violoniste Guérillot, écarté lui aussi lors d’un remaniement professoral). Début 1798, Boëly s’initie, entre autres, à Bach, Haydn et Clementi. Mais il ne termina jamais ses études au conservatoire à cause d’un déménagement en province, ce qui lui ferma le concours du Prix de Rome, ou un poste de professeur dans l’établissement. Il avait quinze ans. À son retour, deux ans plus tard, il est possible qu’il reprit des cours particuliers avec Ladurner, ce que la dédicace de son opus 1, publié en 1810 semble confirmer.

On ignore précisément le déroulement de sa formation de compositeur ou celle de l’organiste. En composition, il doit beaucoup à la lecture directe des œuvres (la bibliothèque du Conservatoire est fort riche). Ce que Fétis confirme :

« Il se livra tôt à des études persévérantes sur un art qui avait été toujours pour lui l’objet d’une ardente passion. Son père lui avait donné quelques leçons d’harmonie d’après le système de Rameau ; il dut réformer par la lecture de bons ouvrages classiques les faux principes qu’il y avait puisés. L’exécution des belles œuvres de Bach, de Haendel, de Haydn et de Mozart lui en apprit plus que tout ce qu’il avait appris dans les livres. »

Fétis, Biographie Universelle...

En tout cas, avant sa vingtième année, il signe des œuvres de chambre accomplies.

Concernant l’orgue, on ignore l’époque où se situe l’étude de l’instrument. Sa carrière se précise seulement vers 1826. Il est certain qu’il fréquente avec assiduité la tribune de Saint-Gervais, qui fut celle d’Armand Louis Couperin et tenue par Jean-Nicolas Marrigues (1757-1834) qu’Alexandre connaît de longue date[8]. Ceci explique sans doute le style particulier et personnel du compositeur : « n’ayant pu bénéficier d’une formation officielle, Boëly a acquis une solide expérience de l’instrument à tuyaux et de la composition par une étude patiente, curieuse et solitaire ».

Les orchestres français après l’Empire, ne disposant pas des effectifs de vents nécessaires à l’interprétation du répertoire de Mozart ou Beethoven, Boëly se spécialise dans l’adaptation pour un second piano de ces pupitres. Dans les concerts organisé par Marie Bigot (1786-1820) qui est une «  fervente admiratrice et interprète des concertos de Mozart qu’elle a découvert à Vienne » a pour partenaires Baillot (créateur du Concerto de Beethoven en France), Lamare, Boëly et Auber. C’est souvent lui qui tient cette partie après avoir joué à l’alto d’autres œuvres. On dispose des parties de quatre concertos de Mozart ainsi arrangés pour l’orgue ou l’harmonium : Kv. 450, 459, 467 et 488.

Son goût pour le classicisme et sa prétention à faire de la bonne musique, son manque d’ambition mondaine, l’isolèrent de la scène musicale parisienne qui préférait des œuvres patriotiques ou italiennes, selon le goût de Napoléon, explique le peu de popularité de Boëly. Plus tard, des musiciens comme Cherubini, Rossini, Bellini, mais aussi, Meyerbeer, Paganini, connurent le succès, tandis que Beethoven en France, restait ignoré ou peu apprécié, Boëly lui, proclamait son admiration pour le compositeur de Fidelio ! Les premières sonates opus 1 ou les Trios opus 5 en portent la marque.

En août 1840, il est nommé organiste à l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois. Âgé de cinquante-cinq ans, il est au sommet de son art et inspire le respect : c’est enfin un artiste heureux, confiant : « L’orgue fait de lui un autre homme, un autre artiste ». Il exécute des œuvres de compositeurs inconnus ou peu appréciés du public : Bach (considéré comme une vieille perruque, réputé injouable ou scolaire...), Frescobaldi, Couperin.

Il contribua à la formation directement ou indirectement de l’école d’orgue de la génération suivante par l’intermédiaire de Alkan, Franck, Lefébure-Wely, Saint-Saëns, Ambroise Thomas ou Chauvet qui viennent l’entendre à Saint-Germain l’Auxerrois jouer Bach.

Il fut congédié fin septembre 1851 pour son « austérité », parce que le public et le clergé s’ennuie..., bien que ses amis et connaisseurs le soutiennent et en savent le talent. La paroisse avait perdu son qualificatif de « royale » depuis 1848...

Quand à l’œuvre pour orgue, elle est «  parmi les plus vastes publiées en France ». Au moment même où l’orgue commence à renaître. Un de ses élèves, Eugène Vast, âgé de seize ans, prend le relais... Boëly se défait de son poste à la maîtrise de Notre-Dame et reprend ses leçons.

Jusqu’à sa mort, il fut professeur particulier de piano, l’un des meilleurs de Paris selon ses contemporains et notamment Pierre Baillot, professeur de violon au Conservatoire, et co-auteur de la méthode utilisée avec Rode et Kreutzer. On notera que Boëly assista à tous les concerts de musique de chambre organisés par le célèbre violoniste (soit 154 en tout), mais on n’y joua jamais ses œuvres.

Boëly fut et demeure inconnu du grand public, mais il n’en a pas moins joué un rôle déterminant dans la renaissance de la musique française au XIXe siècle.

Boëly repose au cimetière Montmartre à Paris.