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Comédienes - Danseuses - Arts de la scène

MONTALEND Céline (1843-1891)

22eme division
samedi 16 janvier 2010.
 

Comédienne française

Céline Montaland, née à Gand en 1843 et morte à Paris le 8 janvier 1891, est une actrice française.

Ses parents étaient tous deux comédiens, son père étant un ancien acteur du Théâtre du Vaudeville. On dit qu’elle serait née dans le théâtre même où son père jouait. Légende d’une actrice prodige ou réalité ? Il est difficile d’y répondre aujourd’hui.

Enfant extraordinairement précoce, plus encore que ses devancières Léontine Fay et Virginie Déjazet, elle parut dès l’âge de quatre ans et jusqu’à ses six ans à la Comédie-Française, notamment dans :

Gabrielle d’Émile Augier le 15 décembre 1849 Charlotte Corday.

À six ans et demi, en janvier 1850, elle fut engagée au Théâtre du Palais-Royal, où elle ne tarda pas à faire fureur, car elle savait non seulement jouer la comédie, mais aussi chanter et danser. En septembre 1850, Labiche écrivit une pièce spécialement pour elle, La Fille bien gardée. Il s’agissait d’un véritable rôle et non pas d’une apparition de figurante ou d’utilité. Sa prestation fut saluée avec enthousiasme par les critiques, en particulier par Jules Janin : « Trouvez-moi un regard plus habile à interroger, un sourire plus habile à répondre ; imaginez un geste plus vrai, une voix plus juste, une suite plus alerte d’intentions fines ; des mots si bien dits ! des grâces si bien trouvées ! une naïve ! une malicieuse ! une coquette ! un bel esprit ! Elle chante juste, elle danse juste, elle parle juste, elle se tait juste, elle écoute juste. Elle est vraie, elle est naturelle, elle est savante. On l’admirait, non pas comme un enfant précoce, mais comme on eût admiré une très grande artiste jouant le rôle d’un enfant. »

Suite à ce succès, les auteurs s’appliquèrent à lui confectionner des rôles, et certaines pièces comprenant des rôles d’enfant furent reprises. Ce furent notamment :

Cécile dans Un bal en robe de chambre de Labiche et Marc-Michel en octobre 1850, La Fée Cocotte, opérette d’Edouard Sylvain Philippe, Louise dans Mam’zelle fait ses dents de Labiche et Marc-Michel en avril 1851, Suzanne dans Maman Sabouleux de Labiche et Marc-Michel en mars 1852, Le Vieux Garçon et la Petite Fille de Scribe et Delavigne (reprise d’une création de 1822).

La petite prodige disposa ainsi d’un répertoire varié qu’elle alla jouer en province et à l’étranger au milieu des ovations les plus chaleureuses. Elle fit aussi à l’occasion des exhibitions de danse dont, annonce un programme de 1851, « la Céline polka, créée et dansée par Mlle Céline Montaland ». De retour à Paris en 1854, elle revint tout d’abord au Théâtre du Palais-Royal, où elle montra qu’elle n’avait rien perdu de sa grâce naïve, de sa mutinerie et de sa gentillesse, en jouant dans : Rose de Bohême, Une majesté de dix ans, Cerisette en prison. Elle quitta le Palais-Royal, et elle passa successivement au Théâtre de la Porte Saint-Martin, et, à 19 ans, en janvier 1852, au théâtre du Gymnase. Elle était devenue une jeune fille belle et séduisante, qui avait cessé, certes, d’être une enfant prodige, mais qui n’avait rien perdu de ses qualités de comédienne. Sa carrière se poursuivit brillamment dans ces deux théâtres, et on continua à l’appeler la petite Montaland, non plus à cause de son âge, mais sans doute en raison de sa petite taille. Elle créa ou reprit divers rôles, parmi lesquels :

Léonora dans Le Pied de mouton, par les frères Cogniard et Hector Crémieux d’après Martainville (Théâtre de la Porte Saint-Martin) en sept 1859, Liana dans Le Roi des îles (1860), Mme Pinchon dans Le Mariage de raison de Scribe et Varner en janvier 1862, La jeune veuve Henriette dans Après le bal, Mlle Hackendorf dans L’Ami des femmes d’Alexandre Dumas fils en 1864, Mme de Tremble dans Un mari qui lance sa femme de Labiche et Raimond Deslandes en avril 1864, Aline dans La Maison sans enfants, Mme de Santis dans Le Demi-Monde d’Alexandre Dumas, reprise d’une création de 1855 ; Juanita dans Don Quichotte de Hervé, Luzy dans Les Truffes, Lucie dans Le Point de mire de Labiche et Delacour en 1864, Rebecca dans Les vieux garçons en 1865.

Elle quitta le Gymnase, fit une apparition au Palais-Royal en octobre 1866 dans La Vie parisienne d’Offenbach (rôle de la baronne), puis elle disparut momentanément des scènes de théâtre, séduite par un prince russe.

Pour son retour sur scène, elle commença par une tournée aux États-Unis en 1871, se produisant notamment à New York dans des opéras-bouffes (La Grande-Duchesse de Gérolstein d’Offenbach, Meilhac et Halévy), puis de nouveau en France, en particulier à Bordeaux et à Marseille en 1872, et enfin à Paris. Malgré un embonpoint précoce (elle n’avait pas encore trente ans), elle retrouva toutes les faveurs du public parisien. Elle se fit applaudir dans les rôles de :

Suzanne dans Les Trente Millions de Gladiator de Labiche et Philippe Gille en 1875 au Théâtre des Variétés, Ida de Barancy dans Jack d’Alphonse Daudet et La Fontaine en 1881.

En 1884, elle retrouva la scène de ses débuts en entrant à la Comédie-Française. Elle en devint la 320e sociétaire en 1888. Elle joua notamment :

Mme Pontaubert dans Un parisien de Gondinet en janvier 1886, Dorine dans Monsieur Scapin de Jean Richepin en 1886, dans François Le champi de George Sand.

Elle mourut à Paris le 8 janvier 1891, à l’âge de 47 ans.