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OSIRIS Daniel Iffla dit (1825-1907)

3eme division
vendredi 15 janvier 2010.
 

Homme d’affaires et philantrope

Daniel Iffla (dit Osiris) est un financier et mécène, né à Bordeaux en 1825 et mort à Paris en 1907.

Issu d’une famille juive marocaine, il fait fortune à Paris dans la banque après avoir commencé dans la société de Jules Mirès et Moïse Polydore Millaud. Il investit dans les chemins de fer espagnols, ce qui lui vaut d’être décoré de l’ordre d’Isabelle la Catholique.

Il se consacre au mécénat à la mort de son épouse - chrétienne - Léonie Carlier, un an après qu’elle lui a donné deux enfants.

« Il s’appelait Daniel Iffla mais, par décret impérial, avait ajouté "Osiris" à son patronyme (...). À la Bourse, il était connu de tous simplement comme Osiris. Rue La Bruyère où il possédait cinq hôtels particuliers dont celui où il vivait, on lui donnait avec respect et sympathie du Monsieur Osiris (...).

Il était le prototype du mécène moderne doublé d’un homme d’oeuvres (...). Son obsession philanthropique procédait à la fois de la tradition juive de la tsedaka (charité), des valeurs républicaines et de l’irrépressible désir d’étaler sa fortune (...). Il fera édifier une statue en l’honneur de Jeanne d’Arc à Nancy, constituera une impressionnante collection de reliques napoléoniennes, lèguera une fortune à l’Institut Pasteur, rachètera le domaine de La Tour Blanche (Sauternes) à Bommes, et offrira la Malmaison à l’État à condition qu’on y poursuive le retour du mobilier d’origine et qu’un Pavillon Osiris y présente en permanence sa collection .

Passionné par Napoléon, il achète en 1896, « en souvenir du siège de Toulon auquel son grand’père avait participé », le château de Malmaison, le sauvant ainsi de la démolition, le fait restaurer par Pierre Humbert, l’offre à l’État français en 1903, et lègue sa collection au musée qui vient d’y être créé.

Désapprouvant la conduite de ses nièces, dont l’une est la maîtresse de Claude Debussy, il lègue sa fortune à l’Institut Pasteur (qui l’utilise en partie pour la création de l’Institut du Radium) ainsi qu’à des institutions charitables. Inversement, il aurait servi une rente annuelle de 20 000 francs à une de ses cousines l’actrice Charlotte Augustine Hortense Lejeune (1877-1956), dite Charlotte Lysès, qui devint en 1907 la première épouse et l’agent artistique de Sacha Guitry.

Iffla fait construire des synagogues à Paris, rue Buffault, à Arcachon, à Bruyères, à Tours, à Vincennes, à Tunis et à Lausanne. À cette dernière ville, il offre aussi une statue de Guillaume Tell (en remerciement aux Suisses pour leur accueil fait à l’armée de Bourbaki en 1871).

Il fit également construire la villa Alexandre Dumas dans la « ville d’hiver » d’Arcachon et est à l’origine de l’école de viticulture et d’œnologie de la Tour Blanche dans le Bordelais.

Il peut aussi être considéré comme le fondateur des premiers « restaurants du cœur » car il lègue à la Ville de Bordeaux 2 millions de francs pour, selon ses propres mots « y créer un asile de jour installé sur un bateau où seront reçus des ouvriers âgés et indigents des deux sexes, sans distinction de culte »., "bateau-soupe" qui fonctionna de 1913 à 1940.

Même dans sa judéité, il était excentrique (...) Il ne ratait pas une occasion de s’opposer au Consistoire israélite, qui dut lui interdire formellement de se faire aménager un caveau monumental. En revanche, quand les rabbins lui refusèrent de marier l’une de ses nièces dans une synagogue, il contourna le problème en en faisant construire une juste pour l’occasion (Assouline, p.105).

Sa tombe parisienne en marbre blanc est surmontée d’une grande reproduction en bronze du Moïse de Michel-Ange érigé dans la Basilique Saint-Pierre-aux-Liens, du aux ciseaux du sculpteur Mercié.

Sources : Wikipédia et divers.