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Hommes politiques - Parti communiste français - Ancien ministre

GRENIER Fernand (1901-1992)

97eme division
lundi 21 décembre 2009.
 

Homme politique et militant

Fernand Grenier voit le jour en 1901 à Tourcoing (Nord) et décédé en 1992 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Militant du Parti communiste français rendu célèbre comme élu de la ville de Saint-Denis et par le rôle qu’il a exercé pendant la Seconde Guerre mondiale comme représentant du PCF auprès du général de Gaulle, à Londres puis à Alger.

1901-1932 : militant communiste d’Halluin (Nord). Le père de Fernand Grenier était domestique et sa mère, sans profession. Fernand passe son enfance à Tourcoing où il obtient son certificat d’études, puis devient apprenti boulanger. Il adhère au parti communiste juste après le Congrès de Tours, en 1922 et devient secrétaire de la section des Jeunesses communistes d’Halluin, dans la banlieue lilloise. Il devient, de fait, permanent du parti sous le couvert d’un poste d’employé municipal de la commune d’Halluin.

En novembre 1924, il suit les cours de l’« École léniniste » de Bobigny et se fait remarquer par ses capacités à écrire dans les journaux syndicaux et communistes. Promu à des responsabilités au sein de la Région Nord, en 1927, il est condamné à huit mois de prison pour action antimilitariste. À sa sortie, en 1928, il poursuit son action militante

1933-1939 : vainqueur de Doriot à Saint-Denis. Soupçonné de trotskysme en 1930 à cause de son amitié avec Albert Cornette, secrétaire de la CGTU, il connaît une brève période de disgrâce jusqu’en 1932 où il reprend des responsabilités dans le Nord, puis comme permanent du Comité central, à Paris où il est chargé de l’animation de l’Association des Amis de l’URSS, fonction qu’il va conserver jusqu’en 1939. En 1933, il séjourne un mois en URSS. L’association compte 70 000 adhérents en 1936 et sa revue Russie d’aujourd’hui tire à plus de 100 000 exemplaires.

En 1935, Fernand Grenier est chargé de la reconquête de la ville de Saint-Denis, alors dans le département de la Seine, dont le maire Jacques Doriot, vient d’être exclu du Parti. Aux élections législatives d’avril-mai 1936, Doriot est réélu avec 700 voix d’avance, mais en juin 1937, après que Doriot ait été contraint à la démission de son poste de maire par le ministre de l’Intérieur du Front populaire, Marx Dormoy, Grenier sort vainqueur de ces élections avec 4 000 voix d’avance sur Doriot, provoquant la démission de ce dernier de son mandat de député. Le 1er août 1937, Fernand Grenier devient député de Saint-Denis après avoir facilement battu le remplaçant de Doriot. À la Chambre des députés, il siège à la commission des Comptes définitifs et des Économies et à celle des Affaires étrangères.

1939-1944 : les années de guerre. Mobilisé en septembre 1939, resté fidèle au parti après le Pacte germano-soviétique, il participe en uniforme à la séance de l’Assemblée du 9 janvier 1940 en compagnie de trois autres députés de la Seine Raymond Guyot, André Mercier et Charles Michels. Tous trois refusent de se lever lorsque le président rend hommage aux armées, ce qui leur vaut d’être déchus de leurs mandats de députés.

Démobilisé près d’Annecy, Fernand Grenier se réinstalle à Saint-Denis, et suivant la politique de semi-légalisation qui était celle du parti jusqu’en octobre 1940, il remet en marche les organisations communistes de la ville sans entrer dans la clandestinité, ce qui lui vaut d’être arrêté le 5 octobre, puis interné dans le camp aménagé dans un des bâtiments du sanatorium d’Aincourt (Seine-et-Oise), puis Fontevrault (Maine-et-Loire), et enfin Châteaubriant (Loire-Inférieure) d’où il s’évade le 19 Juin 1941 en compagnie de Eugène Hénaff, Henri Raynaud et Léon Mauvais.

Après avoir difficilement repris contact avec l’appareil clandestin, il est choisi pour représenter le Comité central lors des premiers contacts avec des envoyés de la France libre. Il rencontre ainsi Rémy le 25 novembre 1942, et en sa compagnie, gagne l’Angleterre en janvier 1943, porteur d’une lettre du Comité central du parti communiste et d’une autre de Charles Tillon, dirigeant des Francs Tireurs et Partisans (FTPF). Il représente dès lors les communistes auprès des différentes instances successives de la France libre. Mais ne peut accepter en septembre 1943 un poste de commissaire du Comité français de la Libération nationale (CFLN) proposé par de Gaulle sans l’aval de Jacques Duclos, alors responsable clandestin du parti dans la France occupée. Le parti communiste présente des exigences pour la participation des communistes au gouvernement provisoire. Ce n’est que le 4 avril 1944 qu’un compromis est trouvé et que de Gaulle nomme deux commissaires communistes, dont Grenier, commissaire à l’Air. Le conflit qu’il a avec de Gaulle à propos de l’affaire du Maquis du Vercors se traduit finalement par son remplacement par Charles Tillon.

À noter tout particulièrement dans son action : c’est grâce à un amendement qu’il dépose le 21 avril 1944 à l’Assemblée consultative provisoire à Alger que le droit de vote des femmes est établi en France.

Après la guerre. Fernand Grenier représente le PCF à l’Assemblée consultative jusqu’en octobre 1945, date à laquelle il est réélu député de Saint-Denis à l’Assemblée constituante en octobre 1945. Il conserve cette fonction jusqu’en 1968. Il est également membre du Comité central jusqu’en mai 1964 et membre du Comité national de l’Association France-URSS. Il est toujours resté pro-soviétique inconditionnel.

Le 20 mars 1926, Fernand Grenier avait épousé à Neuville-en-Ferrain (Nord) Andrée, Clémence Beulque. Ceux qui l’ont connu à Londres pendant la guerre, ou plus tard, dans les instances du Parti ou à Saint-Denis parlent de lui comme d’un homme au commerce agréable et bon vivant.

Décédé en 1992, il repose dans la 97e division.