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Révolution - Empire - restauration - Monarchie de juillet

GILBERT DE VOISINS Alexandre, comte (1773-1843)

18eme division (1ere ligne, T, 22)
lundi 21 décembre 2009.
 

Magistrat et législateur

Pierre, Paul, Alexandre GILBERT DE VOISINS, pair des Cent-Jours, député de 1822 à 1824, pair de France, né au château de Grosbois près Paris le 23 avril 1773, mort à Paris le 20 avril 1843.

Il appartenait à une vieille famille de noblesse parlementaire. Son père, président à mortier au parlement de Paris, mourut sur l’échafaud en 1792. Il émigra, vit séquestrer sa fortune de plus de dix millions, et servit dans l’armée de Condé comme aide-de-camp du duc d’Uzès.

Lorsqu’il voulut rentrer en France, en 1801, l’ex-évêque d’Arras, de Conzié, qui présidait le conseil du comte d’Artois, lui dit : « Ce n’est pas d’un émigré apostat qu’on fera un président à mortier. »

Il rentra quand même, fut nommé (1806) juge suppléant au tribunal de la Seine, juge à la courd’appel (1807), président de chambre (1810), maitre des requêtes au conseil d’Etat et chevalier de la Légion d’honneur (1813).

Chef d’escadron d’état-major de la garde nationale de Paris, il se battit à la barrière du Trône (1814) et se rallia immédiatement aux Bourbons. Grâce à l’influence de M. Beugnot qui avait été, sous la Révolution, emprisonné avec son père, il fut envoyé, par le gouvernement de la Restauration, comme commissaire dans la 12e division (Deux-Sèvres et Vendée), où il se fit remarquer par sa bienveillance.

Au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma (1815) premier président à la cour de Paris, conseiller d’Etat, commandeur de la Légion d’honneur, pair des Cent-Jours (2 juin) et comte de l’Empire.

L’acceptation de ces dignités lui valut une disgrâce complète sous la seconde Restauration il fit alors de l’opposition constitutionnelle, et, aux élections du 9 mai 1822, candidat libéral dans le 1er arrondissement électoral des Deux-Sèvres (Parthenay), fut élu député par 217 voix sur 405 votants et 499 inscrits, contre 174 voix à M. d’Ab. badie.

Il prit place à gauche, parla sur le budget de 1823, attaqua les Jésuites, et collabora au Constitutionnel. Aux élections du 25 février 1824, ayant cessé d’être éligible, pour avoir employé ce qui lui restait de sa fortune à l’acquittement de services rendus autrefois à son père, il ne se représenta pas, et recueillit encore 18 voix contre 286 à M. Agier, élu, et 13 à M. d’Abbadie. Il s’occupa. alors d’études de législation.

Il était en Angleterre au moment des journées de juillet ; il rentra à Paris, se rallia à la monarchie nouvelle, et fut nommé, dès le 17 août 1830, conseiller à la cour de Cassation.

Louis-Philippe le fit entrer à la Chambre des pairs, le 9 novembre 1831, et joignit à ce titre ceux de colonel de la garde nationale, d’officier de la Légion d’honneur, et de membre du conseil du domaine privé. Son dévouement à la monarchie de juillet persista jusqu’a sa mort.

Un de ses fils épousa Mlle Taglioni, une étoile de la danse à l’Opéra. On a de M. Gilbert de Voisins : Procédure suivie au parlement de Paris contre l’institut et les constitutions des Jésuites (1823) ; Des empiètements du conseil d’Etat sur les tribunaux (1824), etc.

Il repose dans la 18eme division.

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny)