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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet

DUPONT DE L’ETANG Pierre, général comte CHABANAIS (1765-1840)

8eme division (1ere ligne, chemin Chenier)
mardi 15 décembre 2009.
 

Général comte de l’Empire

Le comte Pierre Dupont de l’Étang, né le 4 juillet 1765 à Chabanais (Charente) et mort à Paris le 9 mars 1840, est un général de la Révolution française.

Il prit le nom de de l’Étang pour se distinguer de son frère aîné, qui se fit connaître sous le nom de Pierre Antoine Dupont-Chaumont, tous deux étant comtes et généraux.

Pierre Dupont (dit aussi "De l’Étang") s’est marié, le 26 décembre 1804, à Jeanne-Joséphine-Grâce Bergon, décédée au château des Ternes (Paris), 13 juin 1858.

Il embrassa très jeune la carrière des armes, puisqu’à 19 ans, en 1784, il servait déjà comme sous-lieutenant dans la légion française du comte de Maillebois, servant en Hollande pour soutenir le parti démocratique contre la Prusse. Lorsque cette légion fut licenciée en 1787, il entra comme lieutenant dans un régiment d’artillerie toujours au service de la Hollande, de 1787 à 1790.

Il fut alors rappelé en France, où un décret royal venait d’organiser l’armée française sur le pied de guerre. Il fut nommé par Rochambeau sous-lieutenant au 12e Régiment d’Infanterie le 21 juillet 1791, et confirmé dans ce grade le 15 septembre 1791. Le 10 octobre suivant, il fut désigné comme aide de camp du général Theobald de Dillon, qui commandait à Lille sous Dumouriez, puis fut nommé capitaine au 24e Régiment d’Infanterie le 12 janvier 1792.

Le 29 avril 1792, il se trouva à l’affaire du Pas-de-Baisieux, où la retraite ordonnée par Dumouriez fut changée en déroute par la panique des soldats. Ceux-ci interprétèrent ce mouvement rétrograde désordonnée comme une trahison orchestrée par leurs chefs, et ils se retournèrent contre leurs officiers. Le général Theobald de Dillon fut tué d’un coup de pistolet dans la tête, tandis que Dupont de l’Étang fut blessé au front en tentant de le sauver, et fut laissé pour mort dans un fossé. Son frère Pierre Antoine Dupont-Chaumont fut également blessé d’un coup de pistolet au bras. Il gagna Valenciennes et devint aide de camp du général Arthur de Dillon, frère de Théobald. Le 10 juin 1792, il reçut des mains de Louis XVI la croix de chevalier de Saint-Louis pour son attitude courageuse lors de l’affaire du Pas-de-Baisieux. Il avait alors 27 ans, et il lui fallut une dispense d’âge, rendue par l’Assemblée nationale, pour qu’il put recevoir cette décoration. Ce fut la dernière accordée des mains de Louis XVI.

Nommé provisoirement par Dumouriez adjudant général lieutenant-colonel le 18 septembre 1792, il combattit vaillamment deux jours plus tard à la bataille de Valmy. Il se distingua au combat de l’Argonne et au passage des Islettes en Champagne. Il fut confirmé dans son grade par le conseil provisoire exécutif le 8 mars 1793, puis nommé chef d’état-major des troupes actives de la Belgique, appelées parfois armée de Belgique.

Le 16 avril 1793, il fut nommé provisoirement adjudant général chef de brigade par le général Dampierre, qui venait de remplacer Dumouriez. Cette nomination fut confirmée le 15 mai suivant par le Conseil provisoire exécutif. Il servit au camp de la Madeleine successivement comme chef d’état-major du général La Marlière le 16 avril 1793, et du général Béru le 22 juillet suivant. Il fut ensuite placé sous les ordres de Houchard, qui venait de succéder à Custine le 11 août et nommé provisoirement général de brigade par les représentants du peuple près l’armée du Nord le 26 août. C’est d’après le conseil de Dupont que Houchard courut à marches forcées occuper le camp de Cassel, contrariant les projets de Frederick, duc d’York et Albany, qui méditait de renforcer le siège de Dunkerque, et qui attendait à Furnes la flottille et le train de siège embarqué sur le canal. Il servit à la prise de Tourcoing le 27 août, contribua puissamment à la bataille d’Hondschoote, qui permit la levée du siège de Dunkerque, participa à la prise de Wervik, et, le 13 septembre, à celle de Menin, où il fit mettre bas les armes à un bataillon de grenadiers commandé par le prince de Hohenlohe. Ayant été signalé comme royaliste, il fut suspendu de ses fonctions le 22 septembre 1793, mais le 28, il y fut rétabli pendant 15 jours par les représentants du peuple.

Il se retira alors sur ses terres, à Chabanais avec son frère, et fut malgré tout confirmé général de brigade le 31 octobre 1795 par le Directoire exécutif. Carnot, qui ne l’avait pas oublié, le rappela au Comité de salut public, et le nomma directeur du cabinet topographique et historique militaire du Directoire. Élevé au grade de général de division le 2 mai 1797, on lui donna la direction du dépôt de la guerre. Le Coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) lui fit perdre un moment ses fonctions, mais il ne tarda pas à être réintégré. Lors du Coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799), il se trouva parmi les généraux dévoués à la fortune naissante de Bonaparte, qui le nomma le 1er avril 1800 chef d’état-major du général Berthier à l’armée de Réserve.

Le premier consul destinait cette armée à la conquête de l’Italie, où le général Dupont se distingua : il entra le premier dans la ville de Bard et se signala à l’attaque du fort les 21 et 22 mai 1800. Après avoir pris part à la bataille de Marengo, le 14 juin, il fut chargé le lendemain de négocier avec le général autrichien von Melas la capitulation d’Alexandrie, qui livrait aux Français douze places fortes et l’Italie jusqu’au Mincio, c’est-à-dire tout ce qu’ils avaient perdu depuis quinze mois à l’exception de Mantoue. Le général Dupont reçut alors le titre de ministre extraordinaire provisoire du gouvernement français en Piémont le 23 juin 1800, et fut chargé de réorganiser la République cisalpine.

Remplacé le 15 août par Jourdan, il devint le lieutenant du général en chef, prit le commandement de l’aile droite de l’armée d’Italie le 28 août, et fut chargé par Brune le 6 octobre d’envahir la Toscane. Le 15 octobre, il entra à Florence, où il établit un gouvernement provisoire, et, le 23 octobre, il fut à Livourne. Sa courte administration donna lieu à des accusations qui ont pesé sur la plupart des généraux français en Italie, mais en ce qui concerne Dupont, rien ne fut prouvé. Le premier consul était retourné en France, laissant à ses lieutenants le soin d’achever et d’organiser ses conquêtes.

Le général autrichien Bellegarde occupait encore la ligne du Mincio avec 70 000 hommes, appuyé d’un côté au lac de Garde et de l’autre à Mantoue. Le général Macdonald avait reçu l’ordre de franchir les Alpes avec l’armée des Grisons, tandis que le général Brune devait remonter au nord, se joindre à Macdonald, puis de se porter tous deux aux sources du Mincio et de l’Adige pour faire tomber toute la ligne défensive des Autrichiens, qui s’étendait des Alpes à l’Adriatique. Dupont quitta la Toscane le 2 novembre pour rejoindre le gros de l’armée. Le 15 décembre, Macdonald passa le Splügen et arriva devant le Tyrol italien. Il restait à Brune de forcer le passage du Mincio, et le 20 décembre, il enleva les positions autrichiennes en avant de ce fleuve. Le général Delmas commandait l’avant-garde, Moncey la gauche, Michaud la réserve, tandis que Dupont avait le commandement de la droite. Le Mincio, grossi par les pluies, n’était pas guéable, et les ponts de Borghetto et de Vallegio étaient solidement retranchés. Brune résolut de tenter le passage en deux points : à Pozzolo et à Mozzembano, ce dernier point devant être choisi pour l’attaque sérieuse. La grande attaque de Mozzembano et la diversion de Pozzolo furent indiquées pour la nuit du 24 au 25 décembre.

Le 25 au matin, Dupont, chargé de la diversion, couronne d’artillerie les hauteurs de Molino-della-Volta (moulin de la Volta), jette un pont, et, favorisé par le brouillard, porte de l’autre côté du fleuve la division Watrin. Cependant, à Mozzembano, l’attaque a été remise et Dupont se retrouve seul sur la rive gauche contre toute l’armée autrichienne. Bellegarde dirige des masses serrées contre le corps qui a franchi le Mincio. Dupont a fait prévenir Suchet, qui observait, entre Pozzolo et Mozzembano, le pont retranché de Borghetto. Suchet accourt, quant à Brune, il se contente de remplacer devant Borghetto le corps de Suchet par la division Boudet. Dupont, s’inquiétant peu d’être soutenu, s’était engagé, avait enlevé Pozzolo et établi une nouvelle division sur la rive gauche, la division Monnier. Sous la protection de ses batteries, il soutint une attaque formidable, mais le nombre finit par l’emporter : Monnier est chassé de Pozzolo et Dupont va être rejeté dans le fleuve, quand Suchet prend sur lui de détacher la brigade Clauzel et une partie de la division Gazan. Suchet appuie le passage de ces renforts par un feu d’artillerie meurtrier depuis la rive droite. Dupont reprend l’offensive, Pozzolo est disputé avec acharnement, pris et repris six fois. Le combat se prolonge tout le jour et 6000 hommes tombent des deux côtés. Le soir venu, Dupont resta maître d’un point de la rive gauche contre un ennemi trois fois supérieur en nombre, et le lendemain, Brune se décida à passer à Mozzembano, mais l’honneur du passage et de la défaite des Autrichiens revint à Dupont. Le 22 janvier 1801, il quitta l’armée d’Italie, et il commanda successivement le 22 mars 1802 la 2e division militaire à Mézières, le 30 août 1803 la 1e division du camp de Compiègne sous Ney, le 12 décembre la 1e division du camp de Montreuil. Le 14 juin 1804, il fut nommé grand-officier de la Légion d’honneur. Quand la Grande Armée fut formée, il obtint le commandement de la 1e division du 6e corps sous Ney, et il passa le Rhin à Lauterbourg le 26 septembre 1805.

Le général autrichien Mack avait pris position à Ulm, sur le haut-Danube, attendant les Français par la Forêt-Noire, alors que ceux-ci passaient le Danube à Donauworth, tournant ainsi les Autrichiens et les séparant des Russes campés près de Vienne sous le commandement de Koutousov. Pendant que Napoléon fermait ainsi aux Autrichiens le retraite du Tyrol et disposait tout pour une grande bataille sur l’Iller, il confia à Dupont la garde de la rive gauche du Danube. Cette position, apparemment sans importance, pouvait se révéler dangereuse, si le général Mack songeait à s’échapper d’Ulm de ce côté, en écrasant la faible division de 6000 hommes de Dupont. Celui-ci, en s’approchant d’Ulm, se trouva tout à coup en présence de 60 000 Autrichiens établis sur la colline de Michelsberg et au village de Haslach. Dupont ne disposait que de trois régiments d’infanterie, deux de cavalerie et quelques pièces de canon. Mais, par un véritable trait de génie militaire, il comprit que s’il reculait, il allait révéler sa faiblesse aux Autrichiens, qui ne manqueraient pas alors de le culbuter et de s’échapper ainsi. Attaquer, au contraire, ce serait s’annoncer comme l’avant-garde d’un corps puissant. Dupont n’hésita pas : avec ses 6000 hommes il se rua sur 25 000 Autrichiens commandés par l’Archiduc Ferdinand d’Autriche. La baïonnette répondit seule au feu de l’ennemi, qui se retira en désordre, laissant 1500 prisonniers. L’archiduc, renonçant à une attaque de front, essaya les deux ailes de la petite armée. Sur la droite de Dupont, le petit village de Jungigen fut pris et repris cinq fois. Après cinq heures de lutte inouïe, Dupont se retira sur Albeck, emmenant avec lui 4000 prisonniers.

Cette vigoureuse affaire arrêta les Autrichiens qui allèrent s’échapper par la Bohême. Le 13 octobre 1805, Napoléon arrivant à Ulm reconnut d’un coup d’œil la faute faite en laissant la division Dupont isolée sur la rive gauche du Danube et, par ses ordres, le maréchal Ney établit les communications entre les deux rives dans la mémorable journée d’Elchingen. Le 14 octobre, Dupont prit une part glorieuse à ce nouveau combat en empêchant le retour vers Ulm du corps de Werneck, contribuant à enfermer définitivement le corps de Mack dans Ulm.

Après la capitulation d’Ulm et l’invasion de la haute Autriche, la division Dupont, renforcée des Hollandais de Marmont, réunie aux divisions Gazan et Dumonceau, et placée sous le commandement du maréchal Mortier, fut chargée d’éclairer, sur la rive gauche du Danube, les routes de Bohême et de Moravie du 6 novembre au 16 décembre 1805. Le 11 novembre, ce corps, qui n’était pas encore concentré, comptant à peine 5000 hommes rencontra toute l’armée russe à Dürnstein. Après un combat terrible, le maréchal restait maître du terrain, avait fait à l’ennemi 1500 prisonniers et s’était avancé jusqu’à Stein, mais il fut bientôt enveloppé par des forces supérieures. Dupont, apprenant la situation dangereuse du maréchal, accourut guidé par le son du canon, força les défilés et dégagea la division Gazan en péril. Victorieuses mais mutilées, les deux divisions allèrent à Vienne panser leurs blessures, et c’est ainsi que Dupont ne put participer, ni assister à la Bataille d’Austerlitz.

Le 5 octobre 1806, il fut nommé commandant la 1e division du 1e corps sous les ordres du maréchal Bernadotte à la Grande Armée. Après Iéna, le prince Eugène de Wurtemberg s’était porté sur Halle avec 18 000 hommes pour recueillir les débris de l’armée prussienne. Dupont fut chargé de détruire cette dernière ressource de l’ennemi. Le 17 octobre, le prince de Wurtemberg s’était posté derrière la ville, et on ne pouvait arriver jusqu’à lui qu’en forçant un long pont sur la Saale défendu par une formidable artillerie. Avec son entrain ordinaire, Dupont culbuta les troupes qui défendait la tête de pont, échappa par une incroyable rapidité de mouvement aux terribles effets d’une décharge à bout portant, entra dans la ville avec les Prussiens qu’il y refoula et qu’il en chassa par l’autre extrémité. Puis, sortant de Halle, il attaqua avec 5000 hommes 12 000 Prussiens retranchés sur les hauteurs, et, secouru par la division Drouet, rejeta sur l’Elbe la réserve prussienne décimée. Deux jours après, Napoléon arrivait en personne sur le terrain de ce terrible combat. Il jugea d’un coup d’œil les immenses difficultés d’un semblable coup de main, et prononça ce bel éloge du général vainqueur : « J’eusse hésité à attaquer avec 60 000 hommes. »

Le 1er novembre, il servit au combat de Nossentin, le 6 novembre à la prise de Lübeck, le 25 janvier 1807 au combat de Mohrungen. Il fut vainqueur au combat de Grabau le 29 janvier, ainsi qu’à celui de Braunsberg le 26 février, où il mit en déroute un corps de 10 000 hommes, auquel il fit 2000 prisonniers et prit seize pièces de canon. Le 14 juin, jour de la bataille de Friedland, la division Dupont formait, en avant de Posthenen, la tête du corps de Bernadotte, temporairement placé sous les ordres du général Victor. Pendant que le maréchal Ney pénétrait à travers les masses russes pour occuper les ponts de Friedland et jeter l’ennemi dans l’Alle, Dupont aperçut la division Bisson prise entre deux feux. Sa division vola à son secours, arrêtant les Russes et permettant aux soldats de Ney de se reformer. Les Russes, acculés à la rivière, tentèrent un effort désespéré : ils fondirent à la baïonnette sur la division Dupont, qui parvint à les rejeter dans les faubourgs de Friedland, où Ney et Dupont se rejoignirent. Ce dernier, par son coup d’œil et son énergique entrain, avait bien contribué au succès du plan de Napoléon. Jusque là, il avait eu la mauvaise fortune de combattre loin des regards de l’empereur, mais cette fois celui-ci l’avait vu à l’œuvre. Il lui donna le 11 juillet 1807 le titre de grand-aigle de la Légion d’honneur (correspondant à la dignité actuelle de Grand-croix).

Campagne d’Espagne : Il obtint une dotation de 19 261 francs de rente sur le grand-duché de Varsovie le 30 juin 1807, fut nommé commandant supérieur de Berlin le 15 septembre, et obtint une dotation supplémentaire de 5882 francs de rente annuelle sur le Grand Livre le 23 septembre 1807. Après la paix de Tilsitt, il rentra en France, où il fut nommé commandant en chef le 2e corps d’observation de la Gironde, puis fut envoyé en Espagne. Il arriva à Vitoria le 26 décembre, et à Valladolid le 12 janvier 1808. Le 10 mars, il obtint une dotation de 19 000 de rente annuelle sur le Hanovre. Il arriva à Aranjuez le 11 avril, à Tolède le 24, et à Andujar le 2 juin.

À cette époque, sa renommée était grande dans l’armée. Le général Foy dit de lui dans son Histoire de la guerre dans la Péninsule : « Il n’y avait pas dans l’empire un général de division classé plus haut que Dupont. L’opinion de l’armée, d’accord avec la bienveillance du souverain, le portait au premier rang de la milice ; et quand il partit pour l’Andalousie, on ne doutait pas qu’il ne trouvât à Cadix son bâton de maréchal. » C’était sans compter sur le soulèvement général de l’Espagne. L’entrevue de Bayonne, qui avait conduit à l’abdication forcée de Charles IV, puis à celle de son fils Ferdinand VII en faveur de Napoléon, avait changé en haine ardente la passagère sympathie que le peuple espagnol avait ressentie pour l’empereur des Français. Le 2 mai 1808, Madrid s’était soulevé, puis les Asturies, la Galice, le Léon et la Castille suivirent cet exemple.

Dupont marcha sur Cordoue avec la division Barbou composée d’environ 12 000 hommes. Il culbuta devant Cordoue, au pont d’Alcolea, le corps du général espagnol Echavarri, puis s’empara de la ville ; il y était encore lorsque le général Castaños, avec 40 000 hommes, menaça de couper ses communications avec Madrid. Dupont rétrograda jusqu’à Andujar où il reçut des secours qui lui permettaient de commencer la retraite. Il y apprit sa nomination de comte de l’Empire le 4 juillet 1808. Il resta à Andujar et perdit un temps précieux ; quand enfin il décampa de cette ville et arriva à Bailén, il se trouva cerné par toute l’armée espagnole.

Bataille de Bailén : Dupont signa avec le général espagnol Castaños une capitulation déplorable le 23 juillet 1808. 20 000 Français durent mettre bas les armes ; ils devaient être transportés en France, mais la capitulation fut violée et on les envoya mourir sur les pontons de Cadix. Les résultats de cette capitulation furent immenses.

Dupont s’embarqua à Cadix sur Le Saint-Georges, quitta le port le 5 septembre, et arriva à Toulon le 21 septembre, où il fut immédiatement arrêté comme ayant trahi les intérêts de l’armée. Il fut transféré à Paris le 15 novembre 1808, pour être jugé devant la haute cour impériale avec les autres généraux responsables de la capitulation, mais Cambacérès empêcha qu’on ne donnât suite à ce projet. Ce ne fut que trois ans plus tard, le 17 février 1812, qu’un conseil d’enquête, composé de quinze membres[1] se réunit pour donner son avis sur la capitulation de Baylen. Le 1er mars 1812, suite à cet avis, Napoléon destitua Dupont de ses grades, décorations, titres et dotations, et ordonna son transfert dans une prison d’état. Il fut enfermé au fort de Joux, puis à la citadelle de Doullens, et enfin mis en surveillance à Dreux jusqu’au retour de Louis XVIII. Il fut nommé alors ministre du gouvernement provisoire à la place de Clarke du 3 avril au 13 mai 1814, puis, du 13 mai au 3 décembre 1814, ministre de la guerre du roi Louis XVIII, qui cassa par une ordonnance royale le décret impérial de sa destitution. Mais son administration fut déplorable : il servit les passions du parti réactionnaire avec un tel excès que le roi fut obligé de l’éloigner au bout de quelques mois. Remplacé par Soult le 13 décembre 1814, on lui confia la 22e division militaire le 6 décembre, en même temps que le titre de commandeur de Saint-Louis.

De nouveau destitué pendant les Cent-Jours, le 3 avril 1815, et enfermé à Doullens, il fut réintégré après la rentrée des Bourbons. Ministre d’état et membre du conseil privé le 19 septembre 1815, il fut élu député de la Charente (centre gauche) le 22 août 1815, puis réélu le 4 octobre 1816, puis en 1820, 1824 et 1827. Il renonça à toute candidature en 1830, passa au cadre de réserve le 7 février 1831 et à la retraite le 13 avril 1832, à l’âge de 66 ans.

Il mourut à Paris le 9 mars 1840 ; il avait 74 ans. Il avait épousé Joséphine Bergon, fille d’un conseiller d’état.

Titres, décorations, honneurs :

Chevalier de Saint-Louis le 10 juin 1792 Grand-officier de la Légion d’honneur le 14 juin 1804 Grand-aigle de la Légion d’honneur le 11 juillet 1807 comte de l’Empire le 4 juillet 1808 commandeur de Saint-Louis le 6 décembre 1814 Précédé par Pierre Dupont de l’Étang Suivi par Henri Jacques Guillaume Clarke Ministre français de la Guerre 1814-1815 Jean-de-Dieu Soult

Œuvres : Ce général cultivait la poésie dans sa retraite.

On a de lui :

des essais poétiques, dont : la Liberté, qui valut la première mention au concours de l’Institut en 1799, Cathelinna ou les amis rivaux, poème imité d’Ossian (1801), L’Art de la guerre, poème en dix chants en 1838 ; une traduction des Odes d’Horace, 1836 ; des ouvrages politiques, historiques ou militaires : Observations sur l’Histoire de France de l’abbé de Montgaillard, Une opinion sur le nouveau mode de recrutement (1818), Mémoires militaires.

Sources : « Pierre Dupont de l’Étang », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878.

« Pierre Dupont de l’Étang », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 .

Pierre Larousse : Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 15 volumes, (1863-1890).

« Pierre Dupont de l’Étang », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition] ; Georges Six : Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l’Empire (2 vol. 1934)

Crédit photos : Héphéméride du Père Lachaise - FACEBOOK 2015.