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Empire - Restauration - Monarchie de juillet - Second Empire

CASY Joseph Grégoire, amiral comte (1787-1862)

59eme division (2eme ligne, AI, 11)
jeudi 3 décembre 2009.
 

Vice-amiral

Joseph Grégoire Casy (1787-1862) était un militaire et homme politique français. Né le 8 octobre 1787 à Auribeau-sur-Siagne (Alpes-Maritimes)mort le 19 février 1862.

il était officier dans la Marine nationale (vice-amiral puis vice-président du Conseil d’amirauté) puis entama une carrière politique : Il fut député à l’Assemblée constituante de 1848 et devint sénateur en 1852.

Il était destiné à l’élude de la médecine. Une escadre commandée par l’amiral Martin vint mouiller au golfe Juan ; le jeune Casy, à peine âgé de dix ans, fut conduit à bord du vaisseau le Ça ira, avec ses camarades de pension. Il fut comme frappé de vertige de tout ce qu’il voyait : il sentit qu’il était marin.

Deux mois après il quitta furtivement son pensionnat, allant chercher à Cannes, sur un bâtiment de commerce une existence qui lui convenait. Le fugitif fut bientôt arrêté ; mais son père, comprenant qu’il lutterait en vain contre une vocation si prononcée, fît diriger les études de son fils vers la marine militaire.

La République, née de la révolution de 1789, vit le jeune Casy s’embarquer comme simple novice pilotin ; la République de 1848 le trouva vice-amiral et ministre de la Marine.

Embarqué à Toulon le 7 novembre 1803, il fut nommé aspirant le 23 septembre 1807 et enseigne de vaisseau le 12 juillet 1808. Mais déjà il avait fait l’expédition de Corfou, en 1807, sur l’Annibal, comme chargé des signaux ; de plus, lorsque les vaisseaux russes le Moscou et le Saint-Pierre se réunirent à l’escadre française, il avait été choisi par l’amiral Gantheaume pour servir auprès du commandant russe pour les indications à donner dans le service des signaux et des évolutions nouvelles.

En 1805, il avait fait partie de l’état-major de la frégate la Pomone, montée par le prince Jérôme Bonaparte, ayant mission d’aller réclamer à Alger les esclaves génois qui se trouvaient dans cette régence, lors de la réunion de la Lignie à l’Empire.

En 1813, l’enseigne de vaisseau Casy fut détaché du Donaioert avec 80 canonniers au cap Sepet, pour armer les batteries du Puy et du Marduy. Ces deux batteries, attaquées par l’escadre britannique, donnèrent un feu si vif et si bien dirigé qu’elles désemparèrent un des vaisseaux britanniques, au point qu’un autre vaisseau fut obligé de le remorquer loin du combat.

La Restauration arriva ; la marine impériale s’évanouit, et avec elle les rêves de gloire de la plupart des jeunes marins français ; mais l’enseigne de vaisseau Casy, qui avait servi dans les escadres des amiraux Gantheaume, Allemand, Emeriau et Cosmao, fut du petit nombre des officiers maintenus dans l’activité.

Nommé lieutenant de vaisseau, le 16 juillet 1816, il embarqua successivement comme second sur les corvettes de charge le Rhinocéros et la Ciotat.

En 1819, il partit sur le vaisseau le Colosse, monté par le contre-amiral Jurien, qui allait avec une division établir des relations commerciales avec l’Amérique du Sud. De retour de cette longue campagne, il fut nommé chevalier de Saint-Louis, et fit sur la frégate la Junon le blocus des côtes de Catalogne en 1823.

La guerre d’Espagne terminée, le contre-amiral de Rosamel, auquel il doit une partie de son avancement, l’appela à servir auprès de lui comme chef d’état-major de la frégate la Marie-Thérèse. C’est sous ses ordres qu’il fit cette longue campagne de la Marie-Thérèse, qui ne dura pas moins de quarante-deux mois.

Pendant cette campagne, M. Casy fut nommé successivement chevalier de la Légion d’honneur et capitaine de frégate (avril 1827), et publia son extrait analytique de la tactique navale, ouvrage qui manquait à la marine et qui fut accueilli avec beaucoup de faveur.

Après quelques mois de repos, il embarqua comme second sur le vaisseau le Breslau.

C’est de ce moment que date surtout la réputation de M. Casy comme organisateur et manœuvrier. Il mit en pratique sur ce bâtiment son système de la bonne répartition du personnel d’un vaisseau. Le Breslau se plaça au premier rang dans l’escadre du Levant. On sait la part brillante que prit, comme second de vaisseau, le capitaine Casy, à la reddition de Navarin, de Coron, de Modon et du fort de Morée.

L’on sait aussi par quelle mesure hardie le Trident se fit remarquer aux escadres franco-britanniques, envoyées aux Dardanelles, pour empêcher l’entrée de Diebitsch à Constantinople, après la victoire du Balcan. M. Casy avait été nommé, en 1828, au commandement de ce vaisseau monté par l’amiral Rosamel.

M. l’amiral de Rigny disait que si la France avait 60 vaisseaux organisés comme le Trident, elle serait avant dix ans la première nation du monde.

Après l’évacuation de la Morée, le Trident fit partie des expéditions d’Alger, de Tripoli et de Portugal. L’amiral Hugon, commandant une division de cinq vaisseaux, choisit le Trident pour y arborer son pavillon. Après que le Tage eut été forcé, l’amiral Roussin, qui commandait en chef l’expédition, fit complimenter le commandant Casy sur les manœuvres qu’il avait exécutées pendant l’action.

Le 9 janvier 1831, M. Casy fut nommé capitaine de vaisseau, et le 20 août suivant officier de la Légion d’honneur.

M. Casy se rendit alors à Cherbourg sur la frégate la Calypso, pour disposer la division navale qui devait opérer le blocus de la Hollande. Cette escadre, étant réunie à l’escadre britannique, le contre-amiral Ducrest de Villeneuve confia à M. Casy le commandement de trois frégates.

Appelé au commandement du Duquesne, il fit partie de l’expédition franco-britannique, qui se forma aux Dardanelles en 1833, après l’entrée des Russes à Constantinople et la bataille de Nézib. Plus tard les escadres s’élant séparées, le Duquesne alla prendre, le commandement de la station de Napoli de Romanie. Il se joignit ensuite aux escadres d’évolution, sous les ordres des amiraux Hugon, Massieu de Clairval et du capitaine Gautier. M. Casy fut détaché de l’escadre pour commander une division de deux vaisseaux, d’une corvette, d’un bateau à vapeur, qu’il dirigea sur les côtes d’Afrique.

De retour de cette expédition, il fut nommé commandeur de la Légion d’honneur, en février 1836, et il quitta le commandement du Duquesne qu’il avait organisé comme le Trident.

En 1837, M. Casy reçut à bord du vaisseau L’Hercule, armé de cent canons, le prince de Joinville, en qualité de lieutenant de vaisseau. Comme fils du roi, le lieutenant de vaisseau fut traité avec le respect qui lui était dû ; comme subordonné dans la hiérarchie militaire, il eut à se soumettre à toutes les exigences du service et d’une sévère discipline.

Dans cette campagne, toute d’apparat, le commandant Casy chercha à concilier à la France les vives sympathies des pays qu’il visitait, en même temps qu’il montrait à son lieutenant de vaisseau jusqu’à quel point il faut posséder les qualités de l’homme de mer.

Sans parler de la sortie de la rade de Rio-Janeiro, qu’il exécuta en louvoyant, chose jusqu’alors réputée impraticable, nous citerons celle bien plus hardie de New-Port avec un vent contraire.

Les officiers américains, ainsi que les pilotes, avaient déclaré que le louvoyage dans la baie, avec un vaisseau de cent canons, était impossible. Le commandant Cusy, confiant dans les bonnes qualités du vaisseau, sûr du concours de ses officiers, du dévouement et de l’ardeur de l’équipage, et sachant la haute idée que cette manœuvre habilement exécutée donnerait de la marine française dans un pays où la marine est tout, voulut prouver que le mot impossible n’était pas français et affirma qu’il sortirait. Le jour du départ, le temps était beau, presque toute la population de New-Port voulut assister à cet imposant spectacle. Tandis qu’une nuée d’embarcations couvrait la rade, l’autre partie des habitants s’était répandue sur toute la côte. L’Hercule se mit en mouvement ; il surmonta les premières difficultés, mais la plus grande de toutes restait à franchir, un commandement mal exécuté, un peu d’hésitation dans la manœuvre pouvait le compromettre. Le prince de Joinville voyait des embarcations n’oser se risquer entre l’avant du vaisseau et la roche la plus saillante. La population suivait avec anxiété la marche de l’Hercule parmi les rochers : sa manœuvre lut précise et la difficulté fut surmontée. Alors la population émerveillée fit retentir la plage des cris : Vive la France ! tandis que l’équipage électrisé criait : Vive le commandant !

Déjà, en 1828, M. Casy avait fait, en présence des vaisseaux américains et britanniques, son mouillage de Smyrne et son appareillage d’Ourlac, qui eurent tant de retentissement dans le Levant. Le capitaine Mailland, le même qui reçut Napoléon Ier à bord du Bellerophon, s’écria en présence de son amiral Malcolm : « Thompson, Warm et Campbell sont comme moi de vieux matelots, il y a trente ans que nous sommes capitaines, et nous n’avons jamais vu un vaisseau manœuvrer avec plus de précision que le Trident à son entrée à Smyrne et à son appareillage d’Ourlac. »

Fendant sa relâche à New-Port, le commandant Casy sauva à ses armateurs le trois mâts l’Alexandre et sa cargaison, dont le capitaine s’était emparé à la suite de crimes qui ont fait tomber sa tête sur l’échafaud. Le commerce de Bordeaux reconnaissant décerna à M. Casy une épée d’honneur.

Le vaisseau l’Hercule a clos la carrière de M. Casy comme capitaine. Nommé en 1839 contre-amiral et major général de la marine à Toulon, il conserva ce poste jusqu’au commencement de 1841. Il fut appelé alors au commandement d’une division de l’escadre de la Méditerranée, ayant son pavillon à bord du trois ponts le Souverain. Il devint plus tard second commandant en chef d’une division de six vaisseaux qu’il conduisit à Brest ayant porté son pawllon sur le Suffren.

L’amiral Casy fut chargé, vers cette époque, de deux missions : l’une en Portugal qui le retint près de six mois dans le Tage, et l’autre à Tanger, où il devait demander des explications sur les coups de fusil que des soldats marocains avaient tirés sur les troupes du général Bedeau. Il eut mission en même temps d’observer les dispositions du Maroc à l’égard de la France.

Il quitta le commandement de son escadre, en février 1844, et vint s’établir à Paris, où il publia son travail sur l’organisation du personnel d’un vaisseau, ouvrage d’un praticien consommé. Nommé préfet maritime à Rochefort, le 28 août 1844, M. Casy a été élevé au grade de vice-amiral le 17 décembre 1845. Il quitta cette préfecture le 20 janvier 1848. C’est pendant qu’il était préfet à Rochefort que les vols et les gaspillages de la marine furent découverts et punis.

Après la Révolution du 24 février 1848, il fut nommé membre du conseil de l’amirauté par le Gouvernement provisoire, puis ministre de la marine, puis représentant du peuple à l’Assemblée nationale.

Le département du Var le nomma de nouveau son représentant à l’Assemblée législative.

Le vice-amiral Casy s’est éteint à Pris en 1862, il repose dans la 59e division.

Sources : « Joseph Grégoire Casy », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852.