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EDWARDS Alfred (1856-1914)

89eme division (1ere ligne)
vendredi 27 novembre 2009.
 

Journaliste et patron de presse

Alfred Charles Edwards, voit le jour à Constantinople le 10 juillet 1856 et mort à Paris le 10 mars 1914.

Journaliste et patron de presse français.

Fils d’un médecin anglais en poste en Orient et d’une Française, Alfred Edwards suit ses études à Paris avant de commencer sa carrière au Figaro, en 1876, où il se fait connaître pour ses reportages. Trois ans plus tard, il rejoint Le Gaulois en qualité de rédacteur, puis devient chef des échos.

Il en profite pour cultiver ses relations et remplir son carnet d’adresses. En 1881, il intègre la rédaction du Clairon et épouse la fille du célèbre docteur Charcot, dont l’autre fille s’est remariée avec Pierre Waldeck-Rousseau, futur président du Conseil.

Edwards est contacté quelques mois plus tard par un groupe de financiers américains, Chamberlain & Co, qui lui demande de prendre en main la création du journal Le Matin, adaptation française du quotidien britannique The Morning News.

Le premier numéro du Matin paraît le 26 février 1884. Mais Edwards s’oppose rapidement aux objectifs des financiers. Il décide alors de fonder son propre journal, Le Matin Français. Trois mois plus tard, le nouveau titre s’impose. Edwards rachète Le Matin et fusionne les deux rédactions. Il entreprend alors de moderniser le journal en misant sur les techniques les plus récentes comme le télégraphe et en s’entourant de grandes signatures comme Jules Vallès ou le député Arthur Ranc.

La ligne politique du Matin reflète alors les convictions d’Edwards, favorable aux républicains modérés, et opposé au boulangisme et aux idées socialistes. Le nouveau patron de presse côtoie le beau monde, obtient la Légion d’honneur, mais fréquente aussi des politiciens douteux.

Il se sert de son journal pour appuyer les uns et défendre les autres, jusqu’au jour où son implication dans le scandale de Panama est révélée au grand jour. En 1895, il vend Le Matin au banquier Henri Poidatz et se lance dans de nouvelles aventures, finançant le journal illustré Le Petit Bleu de Paris, créant Le Petit Sou pour des motifs politiques.

Personnalité du tout-Paris, milliardaire, il achète l’ermitage de Rousseau à Montmorency ainsi que le Théâtre de Paris et le casino attenant. Il s’adonne même à l’écriture de petites comédies et d’opérettes, comme Par Ricochet, donnée au Théâtre des Capucines en 1906, ou encore des pièces destinées au Grand Guignol.

Misia Godebska, la Reine de Paris

Très porté sur la gent féminine, il se marie successivement à Mlle Drouart, Hélène Bailly, Jeanne Charcot et épouse en 1905 Misia Godebska, la « reine de Paris ».

Il accepte en 1910 de prendre la direction du journal conservateur Le Soir, racheté en 1873 par le baron Georges de Soubeyran.

Toujours en 1910, il épouse en cinquièmes noces Mathilde Fossey, actrice plus connue sous le nom de Genevieve Lanthelme, mystérieusement victime de noyade lors d’une croisière sur le Rhin, le 25 juillet 1911.

Il meurt le 10 mars 1914 des suites d’une forte grippe. Il repose dans la 89eme division.

Sources et bibliographie : Michael Palmer, Des petits journaux aux grandes agences. Naissance du journalisme moderne, Aubier-Montaigne, 1983. René Le Cholleux, Revue biographique des notabilités françaises contemporaines, tome 3, Paris, 1892, pp.332-333. Alex-Ceslas Rzewuski, La Double tragédie de Misia Sert, 2006, Editions du Cerf.