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Commune de Paris - 26 mars au 28 mai 1871)

MALON Benoît (1841-1893)

76eme division (1ere ligne, mur des fédérés)
mardi 24 novembre 2009.
 

Membre de la Commune de Paris

Benoît Malon est un militant ouvrier, communard, journaliste et écrivain, né le 23 juin 1841 à Précieux (Loire), et mort à Asnières-sur-Seine le 13 septembre 1893, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 76).

Fils de paysans pauvres, il avait le goût de l’étude : bon élève à l’école communale de Précieux, mais orphelin de père, il dut se placer comme ouvrier agricole dans l’Ain. Malade, il revint en Forez et fut recueilli par son frère Jean Malon, instituteur, et bénéficia pendant deux ans de ses leçons ; puis il fut élève à Lyon d’une école cléricale qui préparait au petit séminaire. Cette formation explique comment il put devenir ensuite journaliste et écrivain.

Ayant perdu la foi, Benoît Malon renonça à entrer au séminaire, gagna Paris en 1863 et trouva un emploi d’ouvrier teinturier dans une usine de Puteaux. Zéphyrin Camélinat le fit adhérer en 1865 à l’Association internationale des travailleurs (AIT). En 1866, à Puteaux, Malon organisa la grève des ouvriers teinturiers et fonda une coopérative de consommation.

Devenu avec son ami Eugène Varlin, l’un des dirigeants de la section française de l’Association internationale des travailleurs qui avait été interdite, il fut emprisonné à deux reprises (1868 et 1870). En 1870, devenu journaliste à La Marseillaise, le journal de Rochefort, il rendit compte, dans une série d’articles remarqués, de la grande grève des usines Schneider du Creusot.

En 1870, lors du troisième procès de l’Internationale il est condamné à un an de prison. Il était devenu le compagnon de la romancière féministe et révolutionnaire Léodile Champseix (pseudonyme littéraire : André Léo) qu’il "épouse librement" en 1872.

Il est libéré par la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Pendant le siège de Paris par les Allemands, il organise avec Eugène Varlin l’assistance publique pour les parisiens les plus pauvres. Il est membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et maire-adjoint du XVIIe arrondissement.

En février 1871, Benoît Malon fut élu député, socialiste révolutionnaire, de la Seine mais démissionna, avec Victor Hugo et d’autres députés républicains, pour protester contre la cession de l’Alsace-Lorraine.

Le 26 mars il est élu au Conseil de la Commune et maire de l’arrondissement des Batignolles dont il organisa la défense pendant la Semaine sanglante. Il siège à la commission du Travail et de l’Échange, et vote contre la création du Comité de Salut public.

Après la Semaine sanglante, il s’exila à Lugano, en Suisse, puis en Italie où il participa au mouvement ouvrier. En décembre 1871, il adhère à la Fédération jurassienne de tendance bakouniniste. Il publie La Troisième défaite du Prolétariat français.

Rentré en France après l’amnistie de 1880, Benoît Malon présida le congrès socialiste de Saint-Etienne (1882)qui vit la rupture entre réformistes (possibilistes) menés par Paul Brousse, dont il faisait désormais partie, et guesdistes (marxistes). Socialiste indépendant, il fut le fondateur, avec Elie Peyron et le premier directeur, de 1885 à sa mort, de La Revue socialiste qui fut ouverte à toutes les tendances du socialisme français. Il publia de nombreux ouvrages, dont Le Socialisme intégral (1891) qui influença toute une génération de militants et dans lequel il prône la création d’un Ministère de l’Assurance sociale.

A sa mort, 10 000 personnes accompagnèrent son corps au Père-Lachaise. En 1913, un monument destiné à recueillir ses cendres fut érigé face au Mur des fédérés et Jean Jaurès prononça un discours.