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Hommes politiques - Ministres - Sénateurs - Députés

PICQUART Marie Georges, général (1854-1914)

Exhumé, transféré à Strasbourg en 1919
dimanche 27 septembre 2009.
 

Homme politique et général français

Marie-Georges Picquart voit le jour à Strasbourg,le 6 septembre 1854. Général et homme politique français. Il est le personnage central du dénouement de l’Affaire Dreyfus.

Né à Strasbourg en 1854, sa famille composée de ses parents, sa sœur et ses deux frères, s’installe en 1856 à Geudertheim où son père vient d’être nommé percepteur des contributions directes. Ils resteront plus de six ans dans le château du colonel de Weitersheim avant de revenir à Strasbourg. Il est élève au Lycée Impérial de Strasbourg (actuel lycée Fustel-de-Coulanges) où il obtient en concurrence avec ses amis des prix en fin d’année (histoire-géographie...).

En 1872 il entame une carrière militaire et sort officier de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en cinquième position puis en seconde position de l’école d’État-major. Il devient professeur à l’École supérieure de guerre et a comme élève Alfred Dreyfus.

En 1895 il est promu chef du Deuxième Bureau (service de renseignement militaire) au grade de colonel. Convaincu de l’innocence du capitaine Alfred Dreyfus, il joue un rôle important dans l’Affaire Dreyfus en relevant des indices accusant le commandant Ferdinand Walsin Esterházy. Il découvre notamment un morceau de papier déchiré, connu sous le nom de «  petit bleu », adressé par l’attaché militaire allemand à Esterházy. Lorsqu’il consulte les écrits d’Esterházy, il constate que c’est la même écriture que celle du bordereau, principal élément à charge contre Dreyfus.

Il en informe sa hiérarchie, ce qui le conduit à être affecté à un nouveau poste en Tunisie avec consigne de ne pas révéler ses informations. Cependant, la publication du bordereau dans la presse permet à une autre personne de l’entourage d’Esterházy de reconnaître l’écriture de ce dernier. Informé de ces nouvelles révélations, Georges Picquart décide alors de communiquer à l’homme politique Auguste Scheurer-Kestner les preuves dont il dispose.

Il est alors chassé de l’armée en 1898 et emprisonné pendant près d’un an. Les dreyfusards en font un héros, à l’instar d’Octave Mirbeau qui écrit dans la préface d’Hommage des artistes à Picquart (février 1899) : « Comme on avait condamné Dreyfus, coupable d’être innocent, il savait qu’on condamnerait Picquart, doublement coupable d’une double innocence : celle de Dreyfus et la sienne. »

Picquart sera réhabilité le même jour que Dreyfus et nommé général de brigade en 1906. Il devient ministre de la Guerre trois mois plus tard dans le premier gouvernement de Clemenceau (25 octobre 1906 - 23 juillet 1909).

Décorations : Légion d’honneur : Chevalier (05/07/87), Officier (30/12/09), Commandeur (11/07/12).

Médaille Commémorative du Tonkin

Médaille Coloniale avec agrafe Algérie

Chevalier Ordre du Cambodge ( Cambodge)

Chevalier Ordre du Dragon d’Annam ( Cambodge)

Il meurt le 18 janvier 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale des suites d’une chute de cheval en Picardie (œdème à la face provoquant l’étouffement).

Le gouvernement envisage alors d’organiser des funérailles nationales pour rendre hommage à son rôle dans l’Affaire Dreyfus et à ses qualités au ministère de la Guerre, mais la famille s’y oppose, souhaitant des obsèques privées. Son enterrement a lieu le 21 janvier à Amiens dans le cadre familial, puis ses cendres sont ramenées à Paris et déposées au cimetière du Père-Lachaise à l’occasion d’un hommage officiel national.

Le 23 septembre 1919, au lendemain de la reconquête de l’Alsace, les cendres de Picquart sont transférées à Strasbourg et déposées avec les honneurs militaires au cimetière Saint-Urbain.

Sources :Christian Vigouroux, Georges Picquart, dreyfusard, proscrit, ministre : La justice par l’exactitude, Dalloz, Hors collection, déc. 2008