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Sciences et Techniques - Orfèvrerie

BIENNAIS Martin-Guillaume (1764-1843)

57eme division (1ere ligne)
dimanche 30 octobre 2005.
 

L’orfèvre de l’Empereur

Martin-Guillaume Biennais est né le 29 avril 1764 dans un petit village de l’Orne, à Saint sauveur La Cochère.

Il gagne Paris très jeune et se rend acquéreur d’un fonds de boutique de tabletterie à la Veuve Anciaux. Il est reçu maître tabletier le 12 septembre 1789. Il s’agrandit en 1790 en achetant un second commerce au 283 rue Saint-Honoré à l’enseigne devenue célèbre au Singe Violet.

Sa renommée est immédiate et fulgurante. Sa maison reçoit une clientèle nombreuse et variée, parmi laquelle un jeune général qui fera son chemin : Bonaparte. La légende rapporte que Biennais lui vend à crédit en 1796, un nécessaire de voyage qu’il emporte en pendant la campagne d’Egypte.

Fort de son succès, Biennais fonde sa propre fabrique d’orfèvrerie, il engage alors (période bénie) plus de six cent ouvriers. A partir de 1804, il exécute toute l’orfèvrerie de la Maison de l’Empereur. Ses ouvrages sont alors signés Orfèvre de sa Majesté l’Empereur et Roi à Paris.

C’est Biennais qui est chargé d’exécuter les insignes de la cérémonie du sacre (2 décembre 1804) : l’épée, la couronne de laurier, le Grand-Collier de la Légion d’Honneur, le Grand-Septre, la Boule du Monde et la Main de Justice. Sous la Restauration, en fin mars 1819, Louis XVIII les fit fondre.

Ses productions vont, pendant tout l’Empire, de l’argenterie, la bijouterie, la joaillerie, les objets du culte, armes blanches diverses en passant pat les décorations militaires, les tabatières en écaille comme les aimait Napoléon. Biennais, au moment du second mariage de l’Empereur avec l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, est au sommet de sa renommée.

Il est alors le plus illustre orfèvre de la cour impériale. La seule clientèle qu’il manque à Biennais se situe hors de France, les Rois et les Empereurs d’Europe, mais ennemis de Napoléon. La chute de l’Empire les met à la portée de Biennais, le Tsar de Russie, Alexandre Ier et son frère le Grand-Duc Michel lui commandent un service de table en vermeil de plus d’un millier de pièces, en 1815.

En 1819, Biennais décide brusquement de quitter les affaires, en passant la main à l’un de ses principaux collaborateurs. Il quitte alors Paris, il passera les dernières années à La Verrière, sa résidence de campagne. Biennais est décédé en son domicile parisien, le 27 mars 1843, à l’âge de soixante-dix-huit ans, entouré de ses enfants.

Christine D.