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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet

FIEVEE Joseph (1767-1839)

49eme division (1ere ligne, P, 14)
samedi 12 septembre 2009.
 

Publiciste et littérateur

Joseph Fiévée, voit le jour le 9 avril 1767 à Paris et mort le 9 mai 1839 à Paris.

Journaliste, écrivain, haut fonctionnaire et agent secret français.

Fils d’un restaurateur parisien et beau-frère de Charles Frédéric Perlet, il devient imprimeur sous la Révolution, éditant notamment La Chronique de Paris, important journal de l’époque où il fait ses débuts comme journaliste.

Cela lui vaut d’être emprisonné sous la Terreur. Membre du réseau royaliste de l’abbé de Montesquiou, il doit se cacher sous le Directoire. Il rédige dans la clandestinité un roman sur les valeurs de l’époque et ses remous, La Dot de Suzette, qui rencontre un grand succès littéraire en 1798. Il s’adonne ensuite à la politique et se jette en 1795 dans une opposition périlleuse.

De 1800 à 1803, il est chroniqueur à la Gazette de France. Écroué au Temple sur ordre de Fouché et libéré sur intervention de Roederer à la demande de Bonaparte, il devient l’agent secret de ce dernier, l’informant sur la situation politique du pays et sur celle de l’Angleterre.

De 1804 à 1807, il est rédacteur en chef au Journal des débats, qui devient Journal de l’Empire. Anobli par l’empereur, il est nommé maître des requêtes au Conseil d’État en 1810, puis préfet de la Nièvre de 1813 à 1815. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1812.

Rallié à Louis XVIII pendant la Première Restauration, il est révoqué pendant les Cent-Jours.

Devenu un des penseurs du parti ultra, collaborateur de La Quotidienne et du Conservateur, il écrit dans le Journal des débats et contribue par l’habileté de sa polémique au succès de cette feuille.

Il évolue vers le libéralisme après 1818. Défendant la liberté de la presse, il est condamné à trois mois de prison à la Conciergerie, où Casimir Périer lui rend visite. Il collabore au Temps en 1829 puis au National en 1831.

Fiévée s’est mué en modéré (peut-être même libéral) avec la publication de De l’Espagne et des conséquences de l’intervention de l’armée (1823). Beaucoup des ultras l’ont condamné à cause de ses opinions contre la guerre. Quelques gens croient qu’il a changé sa partie parce qu’il était fâché à cause de son emprisonnement pour délits de la presse.

Joseph Fiévée a vécu dans une relation homosexuelle avec une liberté surprenante pour son temps, bien qu’un Cambacérès, par exemple, se soit trouvé dans une situation similaire.

Il se marie en 1790, mais sa femme meurt en couches en lui laissant un enfant. Il vit ouvertement avec son ami Théodore Leclercq, rencontré à la fin des années 1790, qui l’accompagne en toute occasion.

Quand Napoléon l’envoie en mission en Angleterre, il recueille son ami et son fils chez lui. Lorsqu’il est nommé préfet, il s’installe à Nevers avec son ami : Jean Tulard indique qu’il « transforme son ami en maîtresse de maison faisant les honneurs des salons de la préfecture pour le plus grand ébahissement de ses administrés ». Les deux hommes sont reçus ensemble dans les salons de la Restauration.

Tous deux sont enterrés dans la même tombe au cimetière du Père-Lachaise dans la 49e division.

Interrogé par Montalivet sur les rumeurs qui circulent, il lui répond dans un courrier : « Sur ces bruits, je serai toujours mal instruit parce que je suis fort peu causeur, excepté dans mon intimité, et que je n’en ai point ici et ne suis point désireux d’en avoir. Peut-être même est-ce par la facilité que je trouve à vivre sans aucune sujétion de société que ma fonction me plaît tant. Je ne vois personne ou je vois cent personnes à la fois, et comme j’ai toute ma vie eu un souverain mépris pour les propos et un dégoût insurmontable pour les bavards, il m’est impossible de connaître tous ces bruits. » « Quand on a un vice, il faut savoir le porter. » Stendhal note de lui : « On dit qu’il a été fait maître des requêtes parce qu’il avait tenu une espèce de contre-police. »

Sources : « Joseph Fiévée », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878. Jean Tulard et divers.