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Ecrivains - Littérateurs - Femmes de lettres

FLAHAUT DE LA BILLARDERIE Adélaïde (1761-1836)

20eme division (1ere ligne)
jeudi 27 août 2009.
 

Femme de lettres

Adélaïde-Marie-Émilie de Souza, comtesse de Flahaut de la Billarderie, puis marquise de Souza Bothello, née Filleul, voit le jour le 14 mai 1761 à Paris. où elle est morte le 19 avril 1836,

Ecrivaine et moraliste féministe française.

Sa mère, Marie Irène Catherine du Buisson de Longpré, est mariée à un bourgeois du nom de Filleul ; elle aurait été la maîtresse de Louis XV (au Parc-aux-cerfs) ayant de lui Julie ; son mari devient un secrétaire du roi. À sa sortie, sa mère est prise sous la protection d’un fermier général qui, selon Jean Orieux, est le véritable père d’Adélaïde ; selon d’autres (dont Charles de Morny), il s’agit du roi. À seize ans, Julie épouse Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny et frère de madame de Pompadour. Sa mère meurt en 1767 et elle a la charge d’Adélaïde.

Selon Sainte-Beuve, elle perd très tôt ses parents et fait ses études au couvent, lieu qui servira de cadre à certains épisodes de ses romans.

À l’âge de dix-huit ans, à sa sortie du couvent, elle épouse le 30 novembre 1779, le comte Charles-François de Flahaut de la Billarderie, sur décision de sa sœur aînée Julie. Il a 36 ans de plus qu’elle et est maréchal de camp, intendant des jardins et du cabinet du roi ; selon elle, le mariage n’est jamais consommé.

Les époux résident au Louvre alors en pleine effervescence prérévolutionnaire où la jeune femme, trop jeune pour apprécier la situation politique, s’ennuie. Elle a alors l’idée d’écrire et commence Adèle de Sénange, l’histoire d’une toute jeune fille, mariée à un homme beaucoup plus âgé qu’elle, qui vit une situation évoquant l’amour impossible de la Princesse de Clèves.

Maitresse de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, elle tient un salon où il a la première place durant dix ans, de 1783 à 1792. Ils vivent tous deux quasiment maritalement, et le 21 avril 1785, naît leur enfant (la paternité de Talleyrand est généralement admise), Charles de Flahaut.

Son salon compte également Gouverneur Morris, ministre plénipotentiaire des États-Unis et témoin de son temps qui passe l’été 1784 avec elle et qui se défendra d’être le père de Charles de Flahaut, William Windham, à qui la paternité de Charles de Flahaut est parfois attribuée, d’Holbach, Jean Baptiste Antoine Suard, Jean-François Marmontel, Charles-Joseph Panckouke et bien entendu Talleyrand.

Talleyrand se rapproche, durant les débuts de la Révolution de Germaine de Staël ; suit une période de brouille entre eux et elle s’inquiète de la tournure que prend la Révolution. Elle se cache avec son fils chez Gouverneur Morris durant les massacres de septembre.

Au début de la Terreur, elle s’installe à Londres, laissant son mari en France. C’est là qu’est publié son premier roman, en 1793. Le comte de Flahaut se rend de lui-même au Tribunal révolutionnaire pour épargner son avocat ; il est guillotiné en 1794.

Pour vivre à Londres et payer l’éducation de son fils, elle confectionne des chapeaux. Lord Wycombe la convainc d’écrire un roman ; ce sera Adèle de Senange, inspiré de sa propre histoire et qui connaît un grand succès.

Elle se rend en Suisse où elle rencontre Louis-Philippe d’Orléans qui est peut-être alors son amant. Elle le suit à Hambourg où elle retrouve Gouverneur Morris et où elle rencontre le marquis de Souza, ambassadeur du Portugal au Danemark. Talleyrand l’aide à rentrer en France fin 1797, puis à la radier de la liste des émigrés.

Il fait entrer son fils au ministère de la Marine en 1799. Elle continue à écrire, publiant Émilie et Alphonse en 1799, Charles et Marie en 1801. C’est à Hambourg qu’elle fait la connaissance du marquis José Maria de Souza Botelho, qu’elle épouse le 17 octobre 1802. Ce dernier renonce à un poste d’ambassadeur en Russie pour rester à Paris, se consacrant aux lettres.

Adélaïde de Souza va fréquenter de nouveau les salons pour favoriser la fortune de Charles de Flahaut. Elle va jusqu’à favoriser la liaison de celui-ci avec Hortense de Beauharnais, dont le fruit est Charles de Morny, son petit-fils né en 1811 ; puis elle marie Charles de Flahaut avec Mercer Elphinstone ; il a par la suite une carrière militaire politique importante. Elle perd de son influence avec la chute de l’Empire (elle dissuade son fils, devenu aide de camp de Napoléon, de partir avec lui à Sainte-Hélène) ; le marquis de Souza meurt en 1825.

Elle se retire de la vie mondaine et reporte une partie de son affection de son fils vers son petit-fils, qu’elle élève. Il sera lui-même l’éminence grise de son demi-frère Napoléon III.

Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris (20e division) auprès de son mari portugais, qui lui, est ramené dans sa patrie en 1964.

Sources : André de Maricourt, Madame de Souza et sa famille. Les Marigny, les Flahaut, Auguste de Morny (1761-1836), 1874-1945, Paris, Émile-Paul, 1907

Simone Vincens,Vestiges du classicisme au temps de Chateaubriand : les romans de Madame de Souza (1761-1836), Thèse de l’Université du Colorado, 1974, 1969.