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Chanteurs lyriques - Ténors - Opéras - Art du chant

AFFRE Auguste (1858-1931) (82)

82eme division
mercredi 19 août 2009.
 

Chanteur lyrique

Auguste Affre dit Gustarello voit le jour le 21 octobre 1858, à Saint-Chinian dans l’Hérault ; son père, Auguste Pascal Affre était tisserand, sa mère se nommait Marie-Claire Cros.

Le jeune Affre fut élevé chez les frères Maristes, au pensionnat Saint-Joseph. Ce pensionnat était aussi école publique et le demeura jusqu’en 1882. Le 5 mai 1881, Auguste Affre épousa la fille de son patron, où il était apprenti menuisier ; ce fut un mariage d’amour, qui dura 18 ans, mais 18 ans seulement car Affre divorça le 19 mai 1899. A l’époque de ce mariage, un Orphéon avait été créé à Saint-Chinian et Affre qui aimait passionnément la musique et que la nature avait doté de la belle voix que l’on sait, fut un des premiers à s’y inscrire. En 1885, cet orphéon remporta un succès magnifique à Narbonne au cours d’un festival, et donna à Gustarello l’occasion de s’y faire longuement applaudir.

Après un concours, dans lequel le célèbre Léonce Antoine Escalaïs remporta le deuxième prix d’Opéra en 1883, le maire de Narbonne voulut connaître Affre et le fit chanter. A la suite de cette audition, il lui demanda de venir s’installer à Narbonne, afin de suivre les cours de l’école de musique.

Un an après, notre ténor entrait au Conservatoire de Toulouse puis obtenait une subvention du département de l’Hérault et de la municipalité de Saint-Chinian, afin de poursuivre ses études, subvention s’élevant à trois cents francs "durant tout le temps de ses études musicales, soit à Toulouse, soit à Paris".

Le 23 juillet 1887, Affre obtient à l’unanimité du jury le prix d’Opéra comique, puis emporte en 1888 le prix de Grand Opéra, au Conservatoire de Paris. C’est alors que Ambroise Thomas l’engage à l’Opéra. Il y débute le 23 janvier 1890 dans le rôle d’Edgar, de Lucie de Lammermoor, puis chante La Favorite, crée le Mage (de Massenet) et interprète Sigurd ; à l’issue du spectacle, Reyer, enthousiasmé, le serre dans ses bras et lui dit : "C’est la première fois que j’entends mon Sigurd tel que je l’avais rêvé !". Puis ce furent les Huguenots, Guillaume Tell, Le Prophète, La juive (Léopold, puis Eléazar), Rigoletto, Roméo, Henri VIII, Lohengrin, Salammbô, Aida, L’Africaine, La Statue, et en général tous les rôles héroïques.

Il fut à son époque l’idole de tous les théâtres lyriques français ou étrangers et d’un public friand de forts ténors. Toulouse et Bordeaux lui firent de véritables triomphes à l’occasion de toutes ses innombrables prestations.

A sa retraite, après avoir vendu sa villa de Cabourg, il se retira à Cagnes-sur-Mer. Le jour de Noël, après avoir chanté le Credo, puis le "Minuit Chrétien" à l’église paroissiale, il fut pris d’une syncope et mourut le dimanche 27 décembre 1931. Il repose dans la 82e division. Sa tombe est ornée d’un buste et d’une plaque hommage des saints chinianais à l’enfant prodige du pays.

Sources : Jean-Pierre CARREYRE (extraits) et divers.

Un site sur Auguste Affre