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FABRE LUCIEN (1889-1952)

88eme division
mercredi 19 août 2009.
 

Ecrivain et ingénieur

Lucien Fabre, voit le jour le 14 février 1889 à Pampelonne, dans le Tarn. Ingénieur et homme de lettres français.

Personnage brillant de la Troisième République, industriel et artiste ami intime des poètes Paul Valéry et Léon-Paul Fargue et du violoniste Jacques Thibaud, Lucien Fabre est aujourd’hui largement oublié, sans doute parce que son éclectisme extrême ne correspond plus à la norme actuelle et que son style hermétique le rend difficile à lire.

Il présente pourtant de l’intérêt par ses "défauts" mêmes : infatigable homme d’affaires cosmopolite qui sillonnait l’Europe d’avant-guerre dans son avion privé, quittant un conseil d’administration pour rejoindre un salon de littérateurs, il incarne l’image aujourd’hui désuète d’un amateur de haute culture qui savait être un homme d’action dur en affaires et se faire écouter des plus grands dans des domaines très variés qui vont de la science (théories de la relativité) à la poésie en passant par le théâtre, le roman (prix Goncourt 1923), la théologie et l’art de l’ingénieur.

Ce grand bourgeois parisien qui avait fait un mariage doré en épousant une jeune femme issue d’une des familles les plus riches du Champ de Mars à Paris ne perdit jamais le contact avec ses racines languedociennes.

Né près de Carmaux dans le Ségala tarnais, il garda toute sa vie une tendresse profonde pour la vie paysanne qui berça son enfance. Plusieurs de ses livres restituent l’atmosphère et le caractère qui règnent dans cette terre austère et pauvre. C’est à Carmaux qu’il rencontra Jean Jaurès qui lui obtint une bourse pour préparer l’Ecole centrale où il entra en 1908.

Il garda toute sa vie des liens d’affection et de conviction avec les cercles socialistes et notamment avec Léon Blum. Son attachement à son terroir et la façon dont il a su marier l’éclat et la crudité de la langue d’oc de ses origines avec le raffinement conceptuel du français, prestigieuse langue à vocation universelle dominante à l’époque, font de lui un modèle de régionalisme débarrassé de tout folklorisme naïf qui lui a permis de combiner l’écriture de textes de poésie sophistiqués dans la veine de son maitre Paul Valéry (qui lui avait dédié La dormeuse, un de ses poèmes les plus connus), de traités savants de science et de théologie et des romans extrêmement vivants où le Languedoc natal est dépeint de manière originale et inspirée.

On lui doit parmi ses oeuvres : Bassesse de Venise, précédé de La Traversée de l’Europe en avion et du légat (1924). En frontispice, portrait de l’auteur par Man Ray gravé sur bois par G. Aubert, Collection Une Œuvre, un Portrait, Gallimard (essai), Le Ciel de l’oiseleur (1934), Gallimard (essai), Connaissance de la déesse (1924), préface de Paul Valéry. En frontispice, portrait de l’auteur par Édouard Vuillard gravé sur bois par G. Aubert, Collection Une Œuvre, un Portrait, Gallimard (poésie), Le Paradis des amants (1931), Collection blanche, Gallimard (roman) Rabevel ou le mal des ardents (1923), trois volumes, Collection blanche, Gallimard (roman), Le Rire et les rieurs (1929), Collection blanche, Gallimard (essai) Le Tarramagnou (1925), Collection blanche, Gallimard (roman), Vanikoro (1925). En frontispice, portrait de l’auteur par Foujita, Collection Une Œuvre, un Portrait, Gallimard (poésie) Jeanne d’Arc (1948), Tallandier. Distinctions

Il fut récompensé par le Prix Goncourt en 1923 pour son roman Rabevel ou le Mal des ardents.

Grand Prix d’Histoire de l’Académie française en 1948 pour son ouvrage sur Jeanne d’Arc.

Il est un ami intime et disciple en poésie de Paul Valéry qui a préfacé un de ses ouvrages (Connaissance de la déesse) en développant une analyse, restée célèbre, de la notion de poésie pure. Ce dernier a également préfacé une de ses pièces de théatre qui connut un très grand succès, Dieu est innocent, en lui consacrant une étude approfondie.

Toutefois, avant sa carrière littéraire, Fabre avait publié en 1921 un ouvrage de vulgarisation scientifique, intitulé Les théories d’Einstein : une nouvelle figure du monde. Ce livre, parmi les premiers en langue française sur la relativité, présente les découvertes du physicien ; il comporte une préface d’Albert Einstein. Maurice Solovine (ami et traducteur[3] d’Einstein) s’étonna qu’Einstein ait accordé une préface à Fabre, dont il pensait le plus grand mal, tout comme de son ouvrage. Einstein répondit que le texte faisant office de préface était une lettre de lui achetée à son destinataire par Fabre. Après qu’Einstein a eu contacté l’éditeur, la préface de l’ouvrage fut retirée pour la seconde édition en 1922, mais remplacée par un commentaire désobligeant pour Einstein.

L. Fabre était commandeur dans l’ordre de la Légion d’Honneur

Lucien Fabre s’est éteint en 1952. Il repose dans la 88e division.

Sources : Wikipédia et divers.