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Droit des femmes - Féminisme - Militantisme social

BEQUET DE VIENNE Marie (1854-1913)

51eme division (8eme ligne, S, 16)
samedi 15 août 2009.
 

Fondatrice d’oeuvres sociales pour les femmes

Marie Bequet de Vienne, née de Vienne à Paris, le 4 février 1854.

Issue d’une très ancienne famille de grands bourgeois bourguignons acquis aux idées de la Révolution, Marie Bequet de Vienne est traumatisée dès sa jeunesse par les nombreux morts de la Commune de Paris. Après avoir épousé un libre penseur et conseiller d’Etat Léon Bequet, elle se lance dans le militantisme social et crée de nombreuses oeuvres durant 40 ans.

Républicaine laïque, elle ouvre en 1876 un refuge de 32 lits réservé à l’accueil des mères célibataires dans le XIVe arrondissement de Paris. Peu après, elle récidive : un deuxième refuge (de 64 lits) est ouvert dans le XVIIe arrondissement.

Veuve à 37 ans, sans enfants, elle poursuit inlassablement la mise en place de ses oeuvres de bienfaisance en s’appuyant sur l’aide financière de généreux donateurs. Elle a également le soutien politique de son ami Georges Martin qui obtient pour ses oeuvres une subvention du conseil municipal de Paris et des fondatrices du Droit Humain : Clémence Royer et Marie Georges-Martin, l’épouse du docteur.

Parmi les nombreuses oeuvres qu’elle anime, on doit remarquer son programme d’aide aux futures mères et aux femmes en couches, puis une société d’allaitement maternel et un refuge ouvert pour femmes enceintes, la création d’une société de solidarité à l’enfance.

Des ministres d’Etat (Jules Ferry, Jules Simon, les présidents Loubet et Poincaré !) manifestent publiquement leur admiration pour son action sociale. On est donc peu étonné de la retrouver, en février 1892 et mars 1893, parmi les invités réunis par Maria Deraismes en son domicile du XVIIe arrondissement de Paris. Elle est jugée digne de recevoir l’initiation maçonnique, avec Clémence Royer, Marie Georges-Martin et Anna Feresse-Deraismes, la sœur de Maria. Le 14 mars 1893 a d’ailleurs lieu la première tenue de la première loge du Droit Humain chez elle : elle est initiée au grade d’apprenti, avec onze autres femmes (Clémence Royer, Anna Feresse-Deraismes, Louise David, Marie Pierre, Marie Georges-Martin, Julie Pasquier, Eliska Vincent, Florestine Mariceau, Myrtille Reugnet, Charlotte Duval, Maria Martin) et un homme (Maurice Lévy).

C’est Maria Deraismes en personne qui officie, avec Georges Martin à ses côtes. Les membres de ce groupe sont reçus compagnons le 24 du même mois, puis maîtres le ler avril. Marie Bequet est également élue première surveillante dans le premier collège d’officiers présidé par Maria Deraismes. C’est elle qui prête ses locaux du 33, rue Jacob, à Paris, pour que la nouvelle loge du Droit Humain puisse se réunir régulièrement la première année.

En 1896, elle crée une troisième loge à Rouen : elle en est vénérable pendant 4 ans. C’est encore elle qui prononce l’éloge funèbre de Maria Deraismes.

Marie Bequet de Vienne meurt le 25 septembre 1913, à Hermanville-sur mer,a 59 ans, elle repose dans la 51e division.

Reposent également dans la même sépulture :Pierre Marie Philippe de Vienne, architecte de la Ville de Paris, Ernest Bequet, décédé en 1859, membre du gouvernement de l’Algérie, Elisa de Chatelain, née de Vienne (1819-1891), Léon Bequet,(1844-1891), conseiller d’état, et le baron A. Chatelain, décédé en 1898.

Sources : Encyclopédie de la Franc-Maçonnerie - J. Moiroux, Paris 1922. et divers.