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MORATIN Léandro Fernandez de (1760-1828)

16eme division (cénotaphe)
vendredi 14 août 2009.
 

Poéte et dramaturge espagnol

Leandro Fernández de Moratín, né à Madrid le 10 mars 1760 et mort à Paris le 2 juin 1828, est un poète et dramaturge espagnol.

Il est né à Madrid en 1760. Son père était l’écrivain et avocat Nicolás Fernández de Moratín et sa mère Isidora Cabo Conde. A quatre ans, il a été malade de la variole, ce qui a aigri son caractère, le rendant asocial et timide. Il n’a pas fait d’études universitaires, et a commencé à travailler comme employé dans une bijouterie.

A vingt ans, il est follement amoureux de Sabina Conti, une fille de quinze ans, que l’on obligea à se marier par convenance avec un oncle qui avait le double de son âge. Cette expérience obséda Moratín, qui la reprit plusieurs fois dans son œuvre.

Sur le plan politique, Leandro Fernández de Moratín a fait partie des « afrancesados », ces intellectuels espagnols croyant en la mission régénératrice de Joseph I.

Leandro Fernández de Moratín espérait construire une société basée sur la « raison, la justice et le pouvoir ». Se sentant menacé par les patriotes espagnols révoltés contre les troupes de Napoléon, il était venu se réfugier dans le château de Peñiscola tenu par les français.

Il a vécu le siège mené par les troupes espagnoles commandées par le général Elío qui bombardèrent intensément la ville, et dont il a laissé un récit.

Comme auteur, il a écrit autant des œuvres sérieuses (odes, élégies, lettres) que satiriques, mais c’est au théâtre qu’il a obtenu ses plus grands succès. Moratín s’est orienté vers la comédie, abordant de front les thèmes domestiques et sociaux avec l’idée de servir d’exemple. Cependant, sa production théâtrale se réduit à cinq pièces :

El viejo y la niña, La mojigata, dans laquelle il fait la satyre de l’éducation hypocrite et trop stricte, El barón, La comedia nueva o el café, dans laquelle il critique le drame populaire de son temps de manière générale, et en particulier ceux du dramaturge Luciano Comella, El sí de las niñas (1806).

Il a également traduit Molière et il a été le premier à traduire en castillan l’Hamlet de Shakespeare. Enfin, on ne doit pas oublier son essai et son anthologie sur le théâtre espagnol dans Orígenes del teatro español.

Sa production la plus connue est El sí de las niñas. Dans celle-ci Moratín traite un problème bien de son époque : celui des mariages de convenance, qu’imposaient beaucoup de parents à leurs enfants. L’argument est le suivant :

La jeune doña Francisca (Paquita), qui a été éduquée dans un couvent de sœurs de Guadalajara, est destinée par sa mère, doña Irene, à épouser le vieux don Diego. La jeune, de son côté, est amoureuse de don Carlos, un militaire qui est le neveu de don Diego. L’action se passe dans une auberge de Alcalá de Henares où accourt don Carlos pour empêcher la noce de sa bien-aimée sans savoir qu’elle est la promise de son propre oncle. Quand il réussit à connaître le projet de celui-ci, don Carlos renonce à son amour, mais don Diego comprend que les jeunes s’aiment et c’est lui qui généreusement se sacrifie, bénissant l’union de doña Francisca et de don Carlos, contre les souhaits de l’autoritaire doña Irene.

Comme on peut le pressentir dans ce résumé, la comédie se plie à la régle neoclassique des trois unités : la œuvre contient une seule histoire (unité d’action), qui se déroule dans un lieu unique et en un seul jour (unité de temps).

La plus connue de ses œuvres en prose est la Derrota de los pedantes.

Tombe de Moratín à Madrid, cénotaphe au Père Lachaise

Tout d’abord inhumée au Père Lachaise dans la 16e division,la dépouille mortelle de Léandro Fernandez de Moratin fut tranférée à Madrid le 5 octobre 1855, par décision et décret de S.M la Reine d’Espagne.