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Révolution - Empire - Restauration

PORCHER DE LISSONAY Gilles Charles comte de Richebourg (1753-1824)

30eme division (1ere ligne, T, 30)
samedi 1er août 2009.
 

Sénateur et pair de France

Gilles Porcher de Lissonay, comte de Richebourg, voit le jour à La Châtre en 1753. mort le 10 avril 1824, fut un

Médecin et homme politique français.

Il est tout d’abord médecin, profession qu’il abandonne à la Révolution. Il en adopte les principes avec beaucoup d’enthousiasme, et est nommé maire de La Châtre en 1790. Il devient député suppléant du département de l’Indre à la législature, où il ne prit point séance.

Nommé en septembre 1792 député à la Convention nationale, il se déclare pour l’appel au peuple dans le procès de Louis XVI, et vota par la suite la détention et le banissement à la paix, en exposant ainsi ses motifs : « Je vote, non comme juge, je n’en ai pas le droit ; mais comme représentant du peuple, chargé de prendre des mesures de sûreté générale. Je ne me dissimule pas qu’il est difficile d’en prendre qui soient absolument exemptes de dangers ; mais comme l’existence d’un tyran enchaîné, abhorré, me semble moins à craindre que les prétentions que sa mort ferait naître, j’adopte la mesure de la détention, jusqu’à ce que la paix et la liberté, consolidées, permettent de le bannir ; et je me détermine d’autant plus à cette mesure, que je crois qu’elle aura de l’influence sur le succès de la campagne prochaine. »

Porcher se déclara ensuite pour le sursis à l’exécution. Sans jamais avoir joué de rôle marquant, ce député conventionnel fut toujours employé avec beaucoup d’activité, tant au comité de législation, au nom duquel il fit de fréquents rapports, que dans les départements où il se conduisit d’une manière fort modérée. Ce ne fut guère qu’après le 9 thermidor (27 juillet 1794), qu’il se fit remarquer à la Convention. Il fut envoyé alors dans les départements de l’Ouest, où il fit prendre les mesures qu’avait amené la chute de Robespierre. À son retour en mai 1795, il fit supprimer le tribunal révolutionnaire. Il eût une seconde mission dans le Calvados d’où, par suite du système de bascule qui venait d’être adopté, il dénonça les manœuvres des royalistes aux approches de vendémiaire.

A cette époque, il fut élu au Conseil des Anciens par les deux départements qui composaient l’ancienne province du Berri, et continua de se montrer favorable au système révolutionnaire, quoique souvent en opposition avec le Directoire.

Le 29 novembre 1796 il tenta vainement de faire rejeter au nom de la majorité d’une commission dont il était le rapporteur, une résolution qui déclarait expiré l’exercice des fonctions des membres des tribunaux révolutionnaires élus en 1795, et qui autorisait le gouvernement à les remplacer. Ce rapport qui n’eut aucun résultat pour la chose publique, fut néanmoins réimprimé dans le midi de la France et cette publicité extraordinaire fit nommer Porcher au Conseil des Anciens par le département du Gard ; mais sa nomination fut annulée par l’influence du Directoire, malgré les nombreux suffrages dont elle était appuyée.

Il devint alors membre de la commission administrative des hospices civils de Paris, et eut quelques démêlés avec Lepreux et les autres médecins de l’Hôtel-Dieu, qui lui addressèrent une lettre très-forte, laquelle fut imprimée dans le temps. Porcher perdit cet emploi en avril 1799, à la suite d’un renouvellement général.

Le département de l’Indre le réélut, à la même époque, au Conseil des Anciens. Là, il vota notamment contre la résolution qui tendait à soumettre à la peine de mort les auteurs de traités contraires à la constitution et à l’intégralité du territoire de la république, et représenta « qu’une pareille loi attenterait à la liberté des premiers pouvoirs et entraverait la pensée des représentants du peuple ».

Il se prononça, dans le mois de novembre suivant, en faveur de la révolution de Saint-Cloud, qui rendit Bonaparte maître du pouvoir, et il devint aussitôt membre de la commission intermédiaire du conseil, puis sénateur. Il sera fait comte de Richebourg en 1808

Il était secrétaire du Sénat conservateur à l’époque où celui-ci vota la destitution de Napoléon, en 1814. Il signa le 3 avril 1814, en cette qualité, la création d’un gouvernement provisoire et la déchéance de l’empereur.

Ceci le fit nommer Pair de France par le roi le 4 juin 1814. N’ayant pas rejoint l’empereur lors des cent-jours, au retour de Louis XVIII, il recouvra son titre de Pair de France, dont il jouit jusqu’à sa mort le 10 avril 1824.

Il repose dans la 30e division.

Son fils, Jean Baptiste Porcher de Lissonnay, comte de Richebourg (1770-1857) Pair de France, repose également dans cette sépulture.

La sculpture est l’oeuvre de Pierre-Alphonse Fessard.

Sources : « Gilles Porcher de Lissonay », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865, Paris.