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MATHIEU DE LA REDORTE Joseph Charles comte, (1804-1886)

62eme division (8e ligne, AG, 5)
mardi 21 juillet 2009.
 

Ambassadeur et Pair de France

Joseph-Charles-Maurice comte Mathieu de la Redorte voit le jour à Paris le 20 mars 1804.

Il eut une belle carrière politique :

ambassadeur, député de l’Aude (1834-1848-1871), pair de France (20 juillet 1841),

Chevalier de la Légion d’Honneur

Marié, le 11 octobre 1830, à Louise-Honorine Suchet d’Albuféra, la fille du Maréchal Suchet, décédée le 23 octobre 1885.

Il s’est éteint à Paris, le 20 janvier 1886 et repose dans la 62e division.

Maurice Mathieu, général de division, comte de l’Empire

Saint-Affrique (Aveyron) 20 février 1768 - 1er mars 1833 Paris

David Maurice Joseph MATHIEU de SAINT-MAURICE, puis de LA REDORTE, son père,issu d’une famille noble du Rouergue, naquit à Sainte-Afrique (Aveyron), le 30 septembre 1768. Entré comme cadet dans le régiment suisse de Meuron , le 1er avril 1783, et parti pour les Indes à la même époque, il passa, en 1786, dans la légion française de Luxembourg et y fut nommé sous-lieutenant.

De retour en France en 1789, son corps ayant été licencié le 22 juillet de la même année , il ne reprit du service qu’en 1792 dans le lrr régiment de dragons dont son oncle, M. de Muratel, était colonel ; celui-ci, devenu maréchal de camp, le fit admettre en qualité de capitaine dans la légion du Centre, le 1" août, et le.prit pour son aide-de-camp le 8 du même mois.

Attaché alors à l’armée du Rhin, il s’était distingué, le 5, à une affaire près de Landau.

Il se signala de nouveau à la bataille de Valmy, et fit, aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse, les campagnes de 1793 et des ans II et III, comme aide-de-camp du général Chapsal.

Nommé adjudant-général le 25 prairial de cette dernière année, et employé pendant les ans IV et V aux armées de l’intérieur, du Nord et de Sambre-et-Meuse, il rejoignit, en l’an VI, l’armée qui, sous les ordres de Championnet, marchait contre les insurgés de la Ro-magne.

Les habitants de Terracine s’étaient attiré la juste colère du général en chef par les excès auxquels ils s’étaient livrés envers les Français. Chargé d’en tirer une vengeance terrible, l’adjudant-gé-néral Mathieu s’y porta, le 22 thermidor, avec un détachement. Il enleva la place après six heures d’une résistance vigoureuse de la garnison, soutenue par 15 pièces de canon et par un grand nombre de paysans embusqués dans les jardins et les marais. Tous ceux que l’on prit les armes à la main furent passés au fil de l’épée.

A la suite de cette action, pendant laquelle il eut un cheval tué sous lui, le Directoire lui conféra, par arrêté du 23 fructidor, le grade de général de brigade. En l’an VIII, l’armée française ayant été attaquée par 40,000 Napolitains, aux ordres du général autrichien Mack, le général Mathieu fut chargé de les contenir. Il chassa l’ennemi de Vignanello, et s’empara de Magliano et du camp d’une division napolitaine. Mais l’occupation d’Otricoli, ville située au delà de Bor-ghetto, compromettant les communications de l’armée française, Championnet remit le soin de la reprendre à Macdonald, qui confia la direction de l’attaque principale au général Mathieu.

Celui-ci repoussa l’ennemi sur tous les points, pénétra dans Otricoli, et fit plus de 2,000 prisonniers : huit pièces de canon, trois drapeaux, ainsi que tout l’état-major du régiment de cavalerie de là Principessa, tombèrent en son pouvoir. Genzona, Cisterna, Piperno, Pros-sedi et Frosinone, furent également emportés, ainsi que Céprano, où l’arrière-garde ennemie se trouvait campée sur une hauteur dominant cette ville. Le lendemain il enleva le pont de Carigliano. Après quelques jours de repos à Rome, dont les Napolitains avaient été de nouveau chassés, le général Mathieu accompagna Macdonald au siège de Capoue.

Atteint devant cette place d’un coup de mitraille qui lui fracassa le bras droit,, tandis qu’il opérait une reconnaissance, il dut quitter l’armée pour se rendre aux eaux de Baréges.

Promu général de division le 28 germinal , il prit, le 9 nivôse an VIII, le commandement d’un corps de 3,600 hommes rassemblés à Brest, et, le 26 pluviôse, celui du département du.Finistère et de la ville de Brest. A cette époque, on préparait dans ce port une expédition pour la Guadeloupe ; le général Mathieu , qui devait en faire partie, ayant été retenu en France, fut investi, le 11 prairial, du commandement de la 20e division militaire (Périgueux).

Nommé les 19 frimaire et 25 prairial an XII, membre et grand officier de la Légion-d’Honneur, un arrêté du 525 floréal de la même année le fit président du collège électoral de l’Aveyron.

En l’an XIV, il commanda la 2e division du 7e corps de la grande armée destiné à repousser sur le Tyrol le corps autrichien du général Jellachich. Ce corps, cerné dans’ les positions qu’il occupait, mit bas les armes ; le général Mathieu 1 régla, de concert avec le major général Woffskell, les conditions de cette capitulation.

En 1800, il passa au service de Joseph-Napoléon’, décrété roi de Naples, et suivit ce prince en Espagne.

En 1808, attaché au corps d’armée du maréchal duc de Montebello , il se distingua et fut blessé à ’la bataille de Tu-d’ela, après laquelle il eut le commandement de Barcelone et de la basse Catalogne. « Dans ce poste difficile, dit le maréchal duc de Tarente, dans l’éloge du général Mathieu qu’il prononça à la tribune de la Chambre des Pairs, le 4 avril 1833, un général de talents distingués, livré à lui-même , sait développer cette habileté, ces combinaisons de la sagesse, les ressources de l’art, ces à-propos à profiter des circonstances, à saisir les occasions : elles ne manquèrent pas au général Mathieu, qui se montra toujours supérieur aux embarras et aux dangers de sa position. » ’

Vers le mois de mars 1811, il y eut un complot organisé pour livrer aux Espagnols le fort Montjouich. Le général Mathieu, averti à temps, résolut de faire tourner cette entreprise à la perte de l’ennemi ; il laissa donc le général espagnol , le marquis de Campo-Verde , rassembler 8,000 hommes sous les murs du fort dans la nuit du 19 au 20, et pénétrer 800 grenadiers dans les fossés ; mais alors une fusillade terrible devint le signal de la destruction des assaillants, et le général espagnol, attaqué dans le même mo-

ment par des détachements placés hors de la ville, n’eut qu’à chercher son salut dans une fuite honteuse.

Il se trouva à la prise de Mont-Serrat, enleva les hauteurs d’Altafulla’ en 1812 , et continua, pendant l’année 1813, à mériter la réputation de général intrépide et habile.

Napoléon, qui faisait le plus grand cas de son mérite, lui avait décerné la croix de chevalier de la Couronne de Fer le 6 décembre 1807, et l’avait élevé, au rang de comte de l’Empire.

Rentré en France en 1814, il s’empressa d’adhérer à la déchéance de l’Empereur.

Nommé chevalier de Saint-Louis le 1" juin, et quelques jours après inspecteur général d’infanterie dans les 10e et 12P divisions militaires, Napoléon l’employa néanmoins pendant son règne des Cent-Jours.

En 1817, Louis XVIII lui confia le commandement de la 19e division militaire, et celui de Lyon après les événements qui désolèrent cette ville en 1818.

Créé Pair de France le 5 mars 1819, grand-croix de la Légion-d’Honneur le 20 août 1820, le comte Mathieu de La Redorte vota constamment avec la minorité constitutionnelle du Luxembourg.

En 1830, il prêta serment à la royauté nouvelle ; mais, prétextant ses infirmités pour refuser de faire partie du cadre de réserve, il prit sa retraite l’année suivante, et mourut le Ier mars 1833 à Paris.Tout d’abord inhumé au Père Lachaise, sa dépouille fut tranférée à La Redorte (Aveyron).

Son nom est inscrit au côté Ouest de l’arc de triomphe de l’Étoile.

Sources : Charles Mulliè, Gloires militaires de la France, Paris, 1851 - Jules Moiroux, Guide du cimetiere du Père Lachaise, 1922, Paris et divers.

Photo : Tombe du général Mathieu à La Redorte (1885)