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Chanteurs - Artistes lyriques - Arts du chant

MARTIN Jean Blaise (1768-1837)

11eme division (2e ligne, N, 19)
lundi 13 juillet 2009.
 

Chanteur de l’Opéra comique

Jean-Blaise Martin est un musicien et chanteur lyrique, né à Paris le 24 février 1768 et mort à Ternand (Rhône) le 28 octobre 1837.

Ce baryton a donné son nom à un type de voix particulière au répertoire français : le baryton-martin (ou baryton aigu, proche du ténor).

Doté d’une voix légère, joliment timbrée, allant en voix de tête jusqu’au si aigu et d’une flexibilité singulière qui lui permettait d’assumer aussi bien des rôles dans le registre plus grave, sa tessiture couvrait près de trois octaves : « [Martin] réunit à la facilité prodigieuse des transitions, la gravité de la basse la plus prononcée, la légèreté et le timbre argentin de la haute-contre la plus élevée. »

Issu d’une famille de peintres vernisseurs et orphelin de bonne heure, il est recueilli par son oncle. Instruit dès l’âge de 7 ans dans la musique, il montre une jolie voix de soprano enfant.

Il n’obéit pas à la volonté de son oncle d’apprendre le métier d’orfèvre, et en cachette, il étudie d’abord le dessin, puis suit des cours de musique au collège d’Harcourt où il apprend le violon. Entretemps, il se fait engager comme violoniste au Théâtre de Monsieur.

Il a 19 ans et sa voix ayant pris une belle couleur de baryton, il s’essayera à chanter, et souvent avec succès, des airs italiens aux concerts de l’hôtel Bullion. C’est le musicien italien Giovanni Battista Viotti qui, l’ayant surpris en train de chanter, le tirera de la fosse d’orchestre vers la scène. Refusé à l’Opéra à cause d’un manque de puissance, mais excellent comédien, il poursuivra désormais une carrière dans l’opéra-comique.

Il débute en 1789, toujours au Théâtre de Monsieur, dans Le Marquis de Tulipano (II matrimonio inaspettato) de Giovanni Paisiello. Il entamera une carrière d’«  amoureux concordant », selon le terme de l’époque, c’est-à-dire de jeune premier à la voix s’adaptant facilement à tous les registres. Il va rapidement se spécialiser dans les rôles de domestiques rusés et facétieux, alors très en vogue.

En 1794, il entre à la salle Favart où il devient la coqueluche des amateurs de chant comme des musiciens et librettistes qui le réclament en exclusivité. Il se lie alors d’amitié avec Pierre-Jean Garat qui allait devenir une des gloires du chant français et à cette époque chanteur débutant à qui il enseigne la musique et qu’il aide financièrement, et surtout avec le chanteur François Elleviou.

Tous deux deviennent les interprètes préférés des mêmes compositeurs : François-Adrien Boieldieu, Nicolas Isouard, Étienne Nicolas Méhul... et ont l’occasion de chanter devant le même public, notamment l’Empereur et de hautes personnalités. Ils ont comme partenaire, entre autres, la fameuse Dugazon.

Martin enseigne le chant à partir du 1er avril 1816 et pendant deux ans au Conservatoire de Paris. Ayant appris l’harmonie avec le compositeur et chanteur Joseph Candeille, il avait lui-même fait représenter en 1796 un opéra-comique de sa composition, Les Oiseaux de mer, qui avait rencontré un succès mitigé.

Vers 1820, sa carrière décline en même temps que sa santé vocale. Surtout, il n’échappe pas aux travers de la facilité. Son chant devient forcé et outrancier et amplifie ses anciens défauts : surcharge, vocalisation saccadée et abus d’ornements... Il obtient toujours du succès auprès des habitués mais essuie de nombreuses critiques, dont celles de Hector Berlioz dans La Critique musicale.

Après la mort de Garat en mars 1823, il prend ses distances avec la scène et ne revient qu’en 1833 pour une douzaine de représentations des Souvenirs de Lafleur, opéra composé spécialement pour lui par Jacques Fromental Halévy, afin de soutenir le théâtre de l’Opéra-Comique en difficulté.

Ayant repris pour cinq ans l’enseignement du chant au Conservatoire en 1832, il abandonne définitivement la scène en 1833, à 65 ans. Accablé par la mort d’une de ses filles en 1836 et souffrant d’une maladie intestinale, il rejoint dans le Rhône son vieil ami Elleviou qui s’y était retiré depuis 1813, et chez lequel il s’éteint un mois plus tard. Son corps sera ramené à Paris.

Il repose dans la 11e division.

Sources : Olivier Bara, Le Théâtre de l’Opéra-Comique sous la Restauration, 2001.

François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique, 1867.