Navigation







Le PERE LACHAISE, haut lieu de la Mémoire collective - La Déportation

Les MONUMENTS des CAMPS de CONCENTRATION et d’EXTERMINATION NAZIS

Le Père Lachaise, haut lieu de la Mémoire collective
jeudi 20 octobre 2005.
 

MONUMENTS A LA MEMOIRE DES DEPORTES VICTIMES DES CAMPS DE CONCENTRATION ET D’EXTERMINATION

Le Père Lachaise est un haut lieu de la mémoire collective, il présente dans un espace groupé tous les monuments dédiés à la mémoire des déportés victimes de la barbarie nazie. Situés dans la 97eme division, leur présence est un rappel constant à une période sombre de l’histoire de l’humanité.

AUSCHWITZ-BIRKENAU

Monument inauguré le 26 juin 1949.

La sculpture est de Françoise Salmon, elle-même déportée à Auschwitz. C’est une colonne en lave de Volvic qui évoque une tête démesurée par rapport au corps décharné d’un déporté. Cela exprime la primauté de l’esprit sur la matière qui permet à l’individu de survivre et de lutter contre l’arbitraire et la barbarie.

BERGEN-BELSEN

Monument inauguré le 23 mars 1994

C’est à Guillaume d’Astorg que l’on doit ce monument en pierre de taille et béton qui rappelle celui qui se dresse sur le site de ce camp au milieu d’une lande de bruyères. Le regard du visiteur est accroché et se dirige vers la fracture centrale ouverte sur l’obscurité et le néant. L’apparition de l’obélisque dressé vers le ciel ouvre la porte de l’espoir. Des rails d’époque posés sur des murets et des traces de pas sur le sol figurent les transports arrivant au camp. C’est dans ce camp que la jeune Anne Franck est décédée ainsi que sa sœur.

BUCHENWALD-DORA

Monument inauguré le l5 avril 1964.

La sculpture en bronze est de Louis Bancel ancien résistant du Vercors. Le monument est installé sur une dalle de granit œuvre de l’architecte est M. Romer, lui-même déporté à Buchenwald. Ici est rassemblé dans une composition saisissante un groupe de trois déportés décharnés, témoins de la déchéance physique où conduit le système concentrationnaire. Chaque attitude renvoie à une symbolique précise : la souffrance (homme prostré, figé dans la mort) la solidarité (homme soutenant son compagnon d’infortune) enfin, la résistance et la dignité humaine (homme debout face à ses bourreaux).

BUNA-MONOWITZ. AUSCHWITZ III

Monument inauguré le 4 février 1993.

Œuvre du sculpteur Louis Mitelberg dit Tim (ancien Français libre) l’ensemble repose sur un socle de granit et se compose de cinq figures longilignes en bronze. Leurs silhouettes courbées et affaissées témoignent de la souffrance et de l’épuisement des déportés. Un corps transporté dans une brouette nous rappelle la mortalité effrayante de ce camp. La lumière filtrant à travers les personnages et accentue les rayures de leur tenue, souligne la fragilité de leur vie et de leur situation de morts en sursis.

DACHAU

Monument inauguré le 1er juin 1985.

Œuvre des architectes Louis Doco et François Spy, ce monument est une évocation de la tenue des déportés, triangle en granit rouge de Finlande soutenu par deux colonnes en granit bleuté de Vire.

L’ensemble représente également le passage étroit de la porte du camp que beaucoup n’ont franchie que dans un sens. La masse du monument exprime la volonté farouche de résistance des déportés face à leurs tortionnaires nazis.

FLOSSENBÜRG

Monument inauguré le 8 octobre 1988.

La base de ce monument est faite d’une stèle de granit extraite de la carrière du camp. Elle est osée verticalement. Au bas de la stèle, sont esquissées les marches de l’escalier menant à la carrière. Au sommet en granit rouge, le triangle des déportés politiques Français. Au pied, quelques blocs à peine taillés proviennent également de la carrière. Ce monument révèle le souci pédagogique de l’amicale de Flossenbürg de par sa conception très simple et la présence d’une carte de localisation du camp.

MAUTHAUSEN

Monument inauguré le 4 mai 1958.

Ce monument est une évocation de la carrière du camp où sont morts tant de déportés. C’est au sculpteur Gérard Choain et au fondeur Hobwiller que l’on doit l’homme de bronze qui est la représentation d’un déporté nu et décharné, devant porter une pierre toujours trop lourde pour des corps complètement épuisés, au sommet de l’escalier taillé dans du granit extrait de la carrière du camp.

L’homme, figé en bas des marches, semble ne pas pouvoir aller plus loin. Ce monument est d’abord un hommage des survivants à leurs camarades disparus.

NATZWEILER-STRUTHOF

Monument inauguré le 20 novembre 2004.

Ce monument en pierre d’Alsace rappelle la forme du triangle porté par les déportés sur leur tenue. Cet ensemble est dédié aux déportés politiques (triangle rouge) et plus particulièrement aux déportés NN (Nacht unt Nebel) nombreux au camp du Struthof. La sculpture en bronze est une réplique de celle de Georges Halbour (Le Gisant) que l’on peut voir sur à l’entrée du camp sur le site du Struthof.

NEUENGAMME

Monument inauguré le 13 novembre 1949.

Sculpté en pierre de Vilhonneur, par Pierre Honoré, grand prix de Rome, ce monument représente une figure de femme accroupie, les bras posés sur un bloc gravé. Le regard comme perdu au loin. Elle symbolise le maintien de l’espoir et l’humanité ayant vaincue la force brute. C’est un style très voisin de certains monuments de la Grande guerre de 14-18. Mais, la silhouette féminine montre des traces de souffrance, d’amaigrissement et d’épuisement. Des déportés. Sur l’avant, trois silhouettes sont sculptées en a-plat les unes contre les autres. Elles sont le témoignage de la fragilité de la condition des déportés, mais elles soulignent l’importance de la solidarité pour maintenir un espoir de survie.

ORIANENBURG-SACHENHAUSEN

Monument inauguré le 2 mai 1970.

Œuvre de Jean-Baptiste Leducq, la sculpture en cuivre martelé frappe les visiteurs par son ampleur et sa force. A la base du monument, la couronne hérissée représente la clôture barbelée du camp. Les poteaux de cette clôture portent des racines qui donnent naissance à un arbre de douleur dont le sommet se change en flamme du souvenir. Au centre, s’élève comme un appel vers le ciel, l’image tragique d’un déporté, le corps tendu dans un espoir de renaissance et de vie dans la mémoire des hommes qui le contemplent.

RAVENSBRÜCK

Monument inauguré le 23 avril 1955.

Sculptés dans le granit par Emile Morlaix, deux énormes avant-bras surgissent d’un chaos rocheux devant un mur aux blocs parfaitement taillés. Cette œuvre traduit la bestialité, la brutalité et l’oppression de l’univers concentrationnaire. Les poignets sont attachés en signe d’asservissement. Une des mains, qui retombe vers le sol, évoque l’affaiblissement, la souffrance et la mort de nombre de déportés. L’autre, la paume tournée vers les cieux, se dresse mais contractée sous l’effort d’une violence invisible, rappelle la permanence de l’espoir et la quête de la liberté.

Christine D.

Sources : Monuments à la mémoire des déporté(e)s victimes des camps de concentration et d’exterminations nazis, Mairie de Paris, brochue éditée pour le 60e anniversaire de la libération des camps et de la victoire des peuples sur le fascisme.

Logo de l’article : Dessin d’élève d’un lycée de Reims.