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Ecrivain - Romancier - Poète

COLETTE Sidonie Gabrielle (1873-1954)

4eme division (1ere ligne)
mercredi 5 octobre 2005.
 

L’auteur de Gigi et Claudine

Colette est une des personnalités les plus courues par les visiteurs de la nécropole. Elle repose le long de l’Avenue Circulaire. Sa tombe affligeante de modestie est constituée d’une simple dalle rougeâtre et d’une stèle en marbre noir sur laquelle est gravé son nom. La légende prétend que sa tombe est fleurie par les chats du cimetière. Tendre ingénuité pour celle qui fut sa vie durant, en harmonie avec la nature et la gente féline.

Sidonie Gabrielle Colette est née en Bourgogne, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, le 28 janvier 1873, et y passe tout son enfance. En 1893, après son mariage avec Henri Gauthier-Villars dit Willy, elle monte à Paris et publie ses premiers romans qui connaissent une fortune égale à l’indignation qu’ils suscitent. L’identité du véritable auteur de la série des Claudine, demeure encore aujourd’hui un mystère : Willy ? Colette ? Quoi qu’il en soit, il n’est pas certain que Colette se soit toujours pliée de bon gré à la rédaction de ce genre d’ouvrages dont les bénéfices sont entièrement perçus par son mari, qu’elle abomine.

Dès son divorce prononcé en 1906, Colette écume les scènes de music-hall où elle se produit dans des spectacles de danses et de mimes. En pareilles circonstances, elle s’exhibe dans des tenues dont la légèreté rappelle les mœurs des petits bourgeois qui, dans Nana de Zola, entretiennent la demi-mondaine. Son inclinaison naturelle pour la plus grande des îles de l’Égée orientale et sa confrérie religieuse vouée au culte d’Aphrodite, l’ont orienté vers la colonie saphique de Paris. Après une liaison tapageuse avec Mathilde de Morny dite Missy, fille du frère adultérin de Napoléon III, elle incarne pour les philistins le symbole de la dégénérescence aristocratique, et pour la société ultra machiste du début du siècle, l’incarnation du scandale et de l’inacceptable effronterie et immoralité du sexe prétendu faible.

Colette au Bataclan, 1912...

Au sortir de cette période trouble, elle épouse Henri de Jouvenel avec qui elle connaît les joies et les désillusions de la maternité avec la naissance de l’enfant qui repose désormais à ses côtés et que l’œuvre immortalise sous le nom de Bel-Gazou. Elle se consacre dès lors à la critique dramatique dans le journal le Matin. En 1935, elle rencontre celui qui devient son troisième mari, Maurice Goudeket, et s’installe au cœur de Paris dans le Palais Royal.

Colette disparaît le 3 août 1954, en pleine gloire, dans une France endeuillée qui lui offre des obsèques à l’échelle de la Nation. L’année précédent sa mort, elle avait été décorée du cordon de Grand-Officier de la Légion d’Honneur.

L’unité de l’œuvre de Colette repose essentiellement dans la recherche de la vérité, celle des êtres et celle des sentiments. Elle s’inspire de sa vie et de ses propres faiblesses pour façonner l’originalité de ses personnages. Colette aborde le thème de l’adolescence et de ces déboires dans L’ingénue libertine (1909) ou Le blé en herbe (1923), de l’ambiguïté des liens amoureux dans Retraite sentimentale (1907), Duo (1943), mais aussi dans Chéri (1920) et dans La fin de Chéri (1926), romans d’un grand réalisme psychologique. Dans Sido(1930), Colette exprime son admiration pour sa mère et célèbre son pays natal, la Bourgogne. L’ensemble de son œuvre, retrace la poursuite d’une sérénité intérieure, l’itinéraire d’une femme sincère et innocente, soucieuse de réaliser pleinement sa nature profonde.

Christophe Del Nin

COLETTE, encore et toujours...

« Je veux faire ce que je veux. Je veux jouer la pantomime, même la comédie. Je veux danser nue, si le maillot me gêne et humilie ma plastique. Je veux me retirer dans une île, s’il me plaît, ou fréquenter des dames qui vivent de leurs charmes, pourvu qu’elles soient gaies, fantasques, voire mélancoliques et sages, comme sont beaucoup de femmes de joie. Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n’y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s’effraient de l’homme... Je veux sourire à tous les visages aimables... Je veux chérir qui m’aime et lui donner tout ce qui est à moi dans le monde : mon corps rebelle au partage, mon cœur si doux et ma liberté ! »

Les Vrilles de la vigne

Sources : Association les amis de Colette (APPL 22 novembre 2015)