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Révolution et Empire

SAVARY Anne-Jean Marie-René, duc de Rovigo (1774-1833)

35eme division (2eme ligne, M, 34)
mardi 18 octobre 2005.
 

Général, inspecteur de la Gendarmerie

Ce fils de militaire, né le 26 avril 1774 à Marcq, eut la lourde responsabilité devant l’histoire de l’enlèvement et de l’exécution du duc d’Enghien. Il s’engage en 1790 au régiment de Royal-Normandie et devient sous lieutenant dès septembre 1791. Aide de camp de Férino à l’armée du Rhin, il est de l’expédition d’Egypte comme aide de camp de Desaix. C’est lui qui apporte la nouvelle de la mort de Desaix après Marengo (14 juin 1800), à Bonaparte qui le nomme son aide de camp. Bonaparte apprécie son obéissance aveugle et le prend en amitié. Il occupe des postes de confiance, il est colonel commandant la Légion de Gendarmerie d’élite qui garde le Premier Consul. Il effectue des missions délicates,notamment en Vendée et en Bretagne (enlèvement de Clément de Ris, surveillance des chouans). Ses activités de Police lui valent le grade de général de brigade en 1803. C’est en 1804 qu’obéissant strictement aux ordres de Napoléon, il fait fusiller le duc d’Enghien dans les fossés de Vincennes, il est promu pour cela général de division. Pendant les campagnes de 1805 à 1807, il est aide camp de l’empereur. Il renseigne le souverain sur le dispositif ennemi à la veille d’ Austerlitz. C’est aussi un homme d’action, sachant se couvrir de gloire en chargeant à Ostrolenka ou à Friedland. Son incursion dans la diplomatie n’est pas remarquable, envoyé à Saint Pétersbourg après Tilsitt il est remplace rapidement (1807) par Caulaincourt. Il est fait duc de Rovigo. Il est chargé de tromper la famille royale espagnole et de la faire venir à Bayonne. Il reçoit ensuite le commandement de l’armée française en Espagne en lieu et place de Murat, le 15 juin 1808, juste au moment de la capitulation de Baylen. Mais, l’Empereur ne lui tient pas rigueur de ce désastre et fini par lui confier le Ministère de la Police. Sa nomination est très mal accueillie, il s’en flatte d’ailleurs dans ses mémoires. Au moment de la conspiration de Malet (1812) arrêté par les conjurés, il sombre dans le ridicule, mais conserve malgré tout la confiance de l’Empereur. Il est membre du conseil de régence en 1814, inspecteur général de Gendarmerie seulement pendant les Cent-Jours, il tente de suivre Napoléon en exil, mais arrêté à bord du Bellérophon et conduit à Malte. Il s’échappe, passe par Smyrne, Hambourg et Londres et fini par regagner la France où il se livre malgré une condamnation à mort par contumace prononcée à son encontre. Il est acquitté par le conseil de guerre, mais s’exile à Rome. Il ne reverra Paris qu’après les Trois Glorieuses. Louis-Philippe lui confie le commandement en chef du corps d’occupation en Algérie. Il meurt le 2 juin 1833.