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Monarchie de juillet - Seconde République - Second Empire - IIIe République

CREMER Camille, général (1840-1876)

49eme division (4eme ligne, P, 10)
jeudi 23 avril 2009.
 

Général de division

Camille Cremer voit le jour le 6 août 1840 à Sarreguemines.

Fils d’un teinturier lorrain, il obtient une bourse pour l’ESM en 1857, il en sort 25e sur 240.

Sous lieutenant en 1859 au 95e Régiment d’Infanterie, il integre l’école d’Etat Major en 1860 (sorti 2e sur 23).

Lieutenant en janvier 1862, il effectue un stage au 10e cuirassiers. En fevrier 1863, il passe aux Dragons de l’Impératrice.

En janvier 1864, il va au 1er Zouaves et part au Mexique. Durant son séjour (jusqu’en mai 1866), il se distingue au combat de Jiquilpan où le 24 octobre 1864, à la Cuesta de Sayala, il charge hardiment un escadron ennemi avec le peloton d’avant garde.

Le 22 juin 1864 il est à nouveau distingué pour avoir conduit avec entrain et intelligence la poursuite d’avant garde qui a tué le bandit Pueblita et une partie de sa troupe à Uruapan.

Il est titulaire de la Medaille du Mexique et fait chevalier de Notre Dame de la Guadalupe.

Il est noté comme "officier très intelligent, d’un excellent esprit militaire, plein d’envergure et d’entrain".

Promu Capitaine en janvier 1866, il passe au 10e RA. En janvier 1867 il est nommé à l’Etat Major de la 21e division militaire, puis en avril il devient aide de camp du général Clinchant, son ancien colonel au 1er Zouaves.

Il est promu Chevalier de la Légion d’Honneur en 1870.

Durant la guerre franco-prussienne de 1870, il participe aux opérations autour de Metz, et s’évade avant la reddition de la ville. En décembre il rejoint Gambetta qui le nomme le même jour, général de brigade et général de division à titre auxiliaire, ainsi que chef d’escadron.

Il rejoint alors l’armée de l’Est pour prendre la tête de la 3e Division d’Infanterie du 24e Corps d’Armée. Il participe aux combats de Bligny sous Ouche (3/12/70), à Nuits (18/12/70) et entre à Dijon à la tête du CA.

Le 13 février 71 il est nommé divisionnaire à Chambéry, mais est relevé le 26 du même mois.

Après la guerre, la commission des grades le remet chef d’escadron, en disponibilité pour avoir continué la guerre en dépit de la reddition de l’armée à Metz. Symbole de l’épuration des officiers républicains de l’armée par les anciens officiers impériaux, il adresse une lettre ouverte au ministre :

"Je reçois à l’instant la lettre de service qui me notifie la décision de la commission de révision des grades. Tant de générosité me touche et je ne saurais mieux le reconnaître qu’en allégant, autant qu’il est en mon pouvoir, les charges de l’Etat. J’ai donc l’honneur de vous adresser ma demission, me contentant comme récompense de quinze années de service d’avoir mes biens confisqués, mon père exilé, mon frère tué et mon pays natal livré. Tant de bonheur me fait redouter ceux que me reserve l’avenir que vous me faites, et je préfère attendre en simple citoyen l’occasion de refaire la guerre aux Prussiens. Veuillez agréer monsieur le minsitre l’assurance de tout le respect avec lequel j’ai l’honneur d’être votre très dévoué et obéissant serviteur. Cremer, Lorrain annexé et ex général gambettiste."

Cette lettre publique lui vaut une commission d’enquête et le 15 novembre 1871, il est mis en réforme pour faute grave contre la discipline.

Sa carrière militaire est alors terminée. Le général Cremer s’est éteint en 1877, il repose dans la 49e division.

Sources : Military-photos et divers

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