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DAUDET Ernest (1837-1921)

68eme division (1ere ligne)
lundi 23 mars 2009.
 

Ecrivain, frère d’Alphonse

Louis Marie Ernest Daudet, romancier, journaliste et historien voit le jour à Nîmes le 31 mai 1837. Sa carrière témoigne d’une admirable volonté.

Destiné au commerce par sa famille, il consacra quatre années aux affaires, de quinze à dix-neuf ans, puis il vint à Paris en 1857, pour aborder la vie littéraire.

Il compléta ses études et collabora à divers journaux de province tels que la France centrale, à Blois. Revenu à Paris en 1860, il devint secrétaire-rédacteur au Corps législatif et collabora à un grand nombre de journaux : l’Union, le Spectateur, l’Assemblée nationale, l’Univers illustré, la Nation, le Nord, l’lnternational, etc., où il publiait des articles sans signature ou signés de pseudonymes.

En 1865, il passa au Sénat où il devint chef de cabinet du grand référendaire, fonctions qu’il dut quitter à la révolution du 4 septembre 1870. A cette époque il avait déjà, publié plusieurs romans : Thérèse, les Duperies de l’Amour, la Vénus de Gordes, en collaboration avec Ad. Belot ; la Succession Chavanet, Marthe Varades, les Soixante et une Victimes de la Glacière, le Prince Pogentzine, le Missionnaire, les Expropriés, le Roman d’une jeune fille.

Il avait aussi donné sa première étude historique, le Cardinal Consalvi. Après 1870, Ernest Daudet se jeta dans la réaction, tour à tour bonapartiste et légitimiste ; en 1874, le duc de Broglie le nomma directeur du Journal officiel et du Bulletin des communes, fonctions qu’il conserva jusqu’en 1876. Peu de temps après il devint rédacteur en chef du journal monarchiste l’Estafette. Enfin, en 1887, il fut nommé rédacteur en chef du Petit Moniteur.

Après 1870, il a encore donné les romans suivants : en 1874, Jean le Gueux ; en 1872, les Dames de Ribeaupin et Fleur de Péché ; en 1873, un Mariage tragique, le Roman de Delphine ; en 1875, les Aventures de Raymond Rocheray, la Petite Soeur ; en 1876, Henriette, fragment du journal du marquis de Boisguerny, député ; en 1877, le Crime de Jean Malory, Daniel de Hersons, confession d’un homme du monde, une Femme du monde, la Baronne Amalfi, les Persécutées ; en 1878, Zahra Marsy, un Martyr d’amour, la Marquise de Sardes ; en 1879, Madame Robernier, l’Aventure de Jeanne, les Aventures de trois jeunes parisiennes, Clarisse ; en 1880, la Maison de Graville, le Mari, Robert Darnetal ; en 1881, le Lendemain du Péché ; en 1882, Pervertis, la Caissière, Défroqué ; en 1883, la Carmélite ; en 1885, Aventures de femmes, les Reins cassés, Dolorès ; en 1886, Jean Malory, etc.

Dans l’oeuvre abondante et facile, mais non sans mérite, d’Ernest Daudet, on cite particulièrement Madame Robernier, Gisèle Rubens et la Carmélite.

Ses travaux historiques sont nombreux et présentent un véritable intérêt. Outre le Cardinal Consalvi, il a donné : en 1874, l’Agonie de la Commune, la France et les Bonaparte ; en 1873, la Vérité sur l’essai de restauration monarchique (sans nom d’auteur) ; en 1875, le Ministère de M. de Martignac, sa vie politique et les dernières années de la Restauration, ouvrage d’un caractère très monarchique, qui fut couronné par l’Académie française ; en 1877, le Procès des ministres (1830) ; en 1878, la Terreur Blanche, épisodes et souvenirs de la réaction dans le Midi en 1815 ; en 1881, une Histoire des conspirations royalistes du Midi sous la Révolution (1790-1793), d’après les publications contemporaines, les pièces officielles et les documents inédits ; en 1882, une Histoire de la Restauration ; en 1886, le commencement d’une Histoire de l’émigration ; en 1888, les Bourbons et la Russie pendant la Révolution française. Ces divers ouvrages ont jeté un jour nouveau sur quelques épisodes de l’histoire de la Restauration et de l’émigration. Son oeuvre capitale est l’Histoire de l’émigration en cinq volumes.

On peut noter à part, dans l’oeuvre considérable d’Ernest Daudet, des souvenirs historiques, remarquables par leur impartialité, intitulés Souvenirs de la présidence du maréchal de Mac-Mahon, publiés en 1880, où l’on trouve de très curieux renseignements ; et enfin un volume de mémoires littéraires très attachant, publié en 1882, sous le titre : Mon frère et moi, souvenirs d’enfance et de jeunesse. Ernest Daudet n’a pas eu autant de succès que son frère, mais son talent sérieux et ses études consciencieuses sont fort appréciés.

Ernest Daudet, est mort aux Petites-Dalles le 21 août 1921. Il repose dans la 68e division.