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Musiciens - Compositeurs - Chanteurs - Arts de la scène

BASHUNG Alain (1947-2009)

13eme division (1ere ligne, avenue de la chapelle)
samedi 21 mars 2009.
 

Résident de la république...

Alain Bashung, de son vrai nom Alain Baschung, voit le jour le 1er décembre 1947 et est décédé le 14 mars 2009 à Paris.

Auteur-compositeur-interprète et comédien français. Il est devenu une figure importante de la chanson et du rock français à partir du début des années 1980 et a influencé un grand nombre de chanteurs de la nouvelle scène française. On le surnomme également le Dandy du Rock. Esthète des mots, magicien du verbe et de la phrase hermétique, il occupe une place importante dans l’univers musical français.

Alain Bashung est le fils d’une mère d’origine bretonne, ouvrière dans une usine de caoutchouc de Boulogne-Billancourt, et d’un père algérien kabyle, qu’il n’a jamais connu. Sa mère s’est remariée à un boulanger travailleur de nuit et Alain Bashung est envoyé à l’âge d’un an dans les environs de Strasbourg, à Wingersheim, chez les parents de son nouveau beau-père. Il passe ainsi son enfance à la campagne dans un milieu plutôt conservateur, avec une grand’mère qui ne parle que l’alsacien.

Il découvre la musique, notamment le Mahogony de Kurt Weill, grâce à la pratique d’un harmonica Rosebud qu’il reçoit pour ses 5 ans. Il est en outre enfant de chœur à Wingersheim, où il pratique aussi le basket-ball et le cyclisme. À l’école, Alain est un enfant sérieux et appliqué.

Il retourne à Paris en 1959, où il découvre les grandes figures de la chanson française puis, à la radio, le rock américain de Gene Vincent, Buddy Holly qui deviendra un modèle ou encore Elvis Presley. Parallèlement à ses études qu’il abandonne rapidement après l’obtention d’un BTS de comptabilité, il monte un groupe éphémère avec des copains, les Dunces, au registre oscillant entre folk et rockabilly.

Avec des musiciens rencontrés à Royan, Bashung forme un nouveau groupe qui écume les restaurants, les hôtels de province et surtout les bases américaines. Il commence difficilement sa carrière avec ses premiers 45 tours à dix-neuf ans, comme Pourquoi rêvez-vous des États-Unis ? en 1966. La même année il devient arrangeur chez le label RCA où il travaille sur les disques de Claude Channes et Noël Deschamps ainsi que ceux de Dick Rivers. Un autre de ses premiers vinyles, sorti en 1968 et quasiment introuvable, s’intitule Les Romantiques.

Il sort ainsi une douzaine de singles, dont un sous le pseudonyme de David Bergen, et deux autres, en 1971-1972 sous le pseudonyme d’Hendrick Darmen compositeur et interprète du groupe Monkey Bizness. Il compose aussi quelques titres pour des vedettes de l’époque comme Noël Deschamps, mais ne parvient pas à rencontrer le succès.

En 1973, il interprète Robespierre dans la comédie musicale La Révolution française de Claude-Michel Schönberg. Il rencontre Dick Rivers, pour qui il compose (notamment le rock Marylou) et qu’il produit. Il sera quelque temps, l’homme à tout faire du rocker, secrétaire, arrangeur, producteur, etc.

Mais bientôt, le succès est au rendez vous. Il rencontre le réalisateur Andy Scott et le parolier Boris Bergman, avec qui il signe en 1977 son premier album innovant, Roman-photos, qui est un échec commercial dans le contexte de la déferlante punk.

Il poursuit en 1979 avec Roulette russe, un album très sombre et plus rock. En 1980 sort le titre Gaby, oh Gaby, avec lequel Bashung connaît enfin le succès avec plus d’un million d’exemplaires vendus.

Il confirme son talent auprès de la critique musicale et du public en 1981, avec son album très rock Pizza qui lui permet, avec le titre Vertige de l’amour, d’entamer une tournée dans de grandes salles, notamment à l’Olympia à Paris.

En 1982, Bashung collabore avec Serge Gainsbourg sur l’album Play blessures. Cet album est une rupture voulue par Bashung après le succès énorme et inattendu de Gaby, dont il semble vouloir se démarquer « J’dédie cette angoisse à un chanteur disparu, mort de soif dans le désert de Gaby, respectez une minute de silence, faites comme si j’étais pas arrivé... », chante-t-il sur J’croise aux Hébrides. Un disque sombre, torturé, difficile d’accès, et qui sera finalement un échec commercial et critique.

En 1983, il publie un album très original et sombre, Figure imposée, qui restera également confidentiel. En 1985, il écrit des titres pour l’association SOS Racisme.

En 1986, il sort Passé le Rio Grande. Il retrouve Boris Bergman et renoue avec le succès avec le titre SOS Amor.

En 1989, l’album Novice avec ses sonorités New wave et son single Bombez !, marque sa première collaboration officielle avec le parolier Jean Fauque et sa dernière avec Boris Bergman, co-auteur de ses premiers succès, qui, dans diverses interviews, notamment dans Rock & Folk à la sortie de Fantaisie militaire, ne cache pas une certaine amertume. Novice fait écho à la noirceur de Play Blessures.

En 1991, il poursuit sa collaboration avec Jean Fauque, pour Osez Joséphine, qui contient aussi quelques reprises de classiques rock américains. Il élargit son public et l’album se vend à 350 000 exemplaires, et le titre Osez Joséphine est son premier vrai tube depuis Vertige de l’amour. Sur le même album, on retrouve le titre Madame rêve, qui devient rapidement un titre incontournable de son répertoire, et laisse présager ses évolutions artistiques à venir.

En 1992, il reprend Les Mots bleus de Christophe, dans une compilation pour la recherche sur le SIDA. En 1994, il sort Chatterton, album qu’il qualifie lui-même de Country New Age. Pour ce disque, il collabore avec divers artistes (Sonny Landreth, Ally McErlaine, Link Wray, Marc Ribot et Stéphane Belmondo).

Le titre Ma petite entreprise (qui serait selon certains une métaphore de son activité sexuelle, démenti formellement par Bashung lui-même) est un nouveau succès. Il entame dans la foulée une tournée de deux ans qui aboutit à un double album live en 1995, Confessions publiques.

À partir de 1994, Bashung se consacre davantage à sa carrière de comédien débutée en 1981, notamment dans Ma sœur chinoise de Alain Mazars.

Après avoir enregistré en duo City avec Brigitte Fontaine sur son album Les Palaces, il revient à la musique en 1998 avec Fantaisie militaire, pour lequel il collabore avec Jean Fauque, Rodolphe Burger, Les Valentins et Jean-Marc Lederman. Adrian Utley, guitariste du groupe anglais Portishead, est également présent sur l’album.

Les arrangements de cordes, qui apportent beaucoup à l’esprit du disque, sont l’œuvre de Joseph Racaille. Le premier single issu de cet opus est La nuit je mens. Il reçoit pour cet album trois victoires de la musique en 1999. En 2005, à l’occasion de la vingtième édition des Victoires de la Musique, Fantaisie Militaire est consacré meilleur album de ces vingt dernières années. Cet album est un succès critique et commercial pour Bashung.

En 2000, il sort Climax, un double album compilation dans lequel il revisite certains de ses plus grands titres, dont Volontaire en duo avec Noir Désir.

Il sort en 2002 L’Imprudence, album acclamé par la critique et considéré comme le plus sombre de sa discographie. Disque exigeant, jugé parfois austère, plus « parlé » que chanté, avec des arrangements de cordes et d’électro, inspiré, selon Bashung, des musiques des vieux films en noir et blanc. Il enregistre la même année le Cantique des cantiques avec son épouse, la comédienne et chanteuse Chloé Mons : ce titre avait été écrit à l’occasion de leur mariage en 2001, sur une musique de Rodolphe Burger, à partir d’une nouvelle traduction du Cantique des cantiques de la Bible par l’écrivain Olivier Cadiot.

En 2003 il participe à l’album consacré à Léo Ferré en interprétant la chanson Avec le temps et écrit la préface d’un ouvrage qui retrace le parcours artistique de cet artiste.

En 2004, paraît un double album live, La Tournée des grands espaces. En 2005, il interprête le titre Le sud de Nino Ferrer sur l’album-hommage On dirait Nino. En 2006, il enregistre la chanson Que reste-t-il de nos amours de Charles Trenet en duo avec Françoise Hardy pour son disque Parenthèses.... En juin 2006, il investit la Cité de la Musique à Paris qui lui donne carte blanche. Il y donne une série de représentations en s’entourant, pour l’occasion, d’une pléiade d’artistes : Christophe, Dominique A, Rodolphe Burger, Arto Lindsay.

Début 2007, il sort de sa pause et participe à la tournée Les Aventuriers d’un autre monde avec Jean-Louis Aubert, Cali, Daniel Darc, Richard Kolinka et Raphaël. Il s’offre également deux soirées à la Salle Pleyel de Paris et incarne Jack l’éventreur dans la chanson Panique Mécanique sur l’album La Mécanique du cœur de Dionysos.

Alain Bashung apparaît dans J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit où il joue une des séquences, avec le chanteur belge Arno. Tous deux interprètent leur propre personnage, se disputant la paternité d’une chanson.

En 2008, il chante L.U.V. en duo avec Daniel Darc sur l’album de celui-ci, Amours suprêmes. Il proposera également une création, L’Homme à tête de chou, autour de Serge Gainsbourg. Le 24 mars 2008, Bashung sort l’album Bleu pétrole, collaborant notamment avec Gaëtan Roussel de Louise Attaque, Arman Méliès et Gérard Manset, dont il reprend la chanson Il voyage en solitaire qui conclut l’album. Il entame ensuite une tournée et est notamment programmé dans plusieurs festivals.

Le 10 juin 2008, il commence une série de récitals à l’Olympia malgré une chimiothérapie en raison d’un cancer du poumon. Son parolier depuis vingt ans, Jean Fauque, a annoncé qu’un nouvel album pourrait voir le jour rapidement.

Alain Bashung a été promu Chevalier de la Légion d’honneur le 1er janvier 2009.

Le 28 février 2009, il a remporté trois trophées lors des Victoires de la musique 2009 dont celui de l’interprète masculin de l’année. Bashung a décroché une autre Victoire très prestigieuse, celle de l’album de chanson pour Bleu pétrole, et sa tournée a été désignée meilleur spectacle de l’année. Avec onze récompenses obtenues au total au cours de sa carrière, il est devenu l’artiste le plus primé de cette cérémonie.

Ce sacre fut l’occasion de sa dernière apparition publique puisqu’il dut annuler ses derniers concerts dans les jours qui suivirent.

Atteint d’un cancer du poumon depuis plus d’un an, et très affaibli, Alain Bashung meurt le 14 mars 2009 à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, à l’âge de 61 ans. Il repose dans la 13e division, entouré de musiciens prestigieux ou célèbres.

Sa sépulture a été concue par l’architecte Philippe Perin.

Osez Joséphine - Alain Bashung

Sources : Wikipédia et divers (2009)

Crédit photo : Hugo_photos (APPL 2009) Alain K. (APPL 2010)