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Philosophes - Ecrivains - Mathèmaticiens

RODRIGUES Olynde (1795-1851)

28eme division (Q, 28)
vendredi 13 mars 2009.
 

Successeur de Saint Simon

Olinde (ou Olynde) Benjamin Rodriguès voit le jour le 6 octobre 1795 (14 vendémiaire an 4) à Bordeaux.

Il fut reçu Docteur es Sciences Mathématiques le 28 juin 1815. Il épousa le 25 octobre 1817 à Paris , Euphrasie Martinnée en 1798.

Mathématicien de valeur, ayant fait des découvertes importantes, il voulut entrer à l’Ecole Normale ; sa religion l’en empècha ; il entra à l’Ecole Polytechnique comme répétiteur de mathématiques ; se résignant alors à devenir courtier à la Bourse, il acquit une grande fortune ; il devint directeur de la caisse hypothécaire (dont le directeur était Duveyrier père et le caissier Enfantin).

En 1823, le philosophe et économiste Saint-Simon (1760-1825) fit sa connaissance, le convertit à la doctrine nouvelle et reçut de lui le pain quotidien jusqu’à sa mort. Il fut un des disciples les plus dévoués de Saint-Simon qui en mourant lui lègua le soin de continuer son oeuvre.

Le jour des funérailles du maître (le 22 mai 1825), Olinde Rodriguès ramena les disciples chez lui pour décider avec eux la fondation d’un journal saint-simonien : ce fut "Le Producteur" (1825-1826) avec cette épigraphe, transcrite de Saint-Simon :

"L’âge d’or, qu’une aveugle tradition a placé jusqu’ici dans le passé, est devant nous"

Saint-Simon ne fut mentionné qu’en mai 1826, lorsque Olinde Rodriguès lui consacra une série d’études.

Il fonda l’école saint-simonienne, lui attirant d’importantes recrues : son frère Eugène, ses cousins Emile et Isaac Pereire, son ami Gustave d’Eichtal (1804-1886).

Il voulut ensuite, avec son frère Eugène, transformer l’école en secte religieuse ; le jour de Noël 1829, Olinde Rodriguès. s’effaça devant Enfantin (1796-1864) et Bazard (1791-1832).

Il partagea, lui et sa famille, la vie commune des saint-simoniens dans la maison de la rue Monsigny et touchait 200 F pour son entretien. Après la séparation (1831) entre Enfantin et Bazard, Olinde Rodriguès suivit Enfantin ; il prononça les paroles suivantes : "Au nom du Dieu vivant, qui m’a été révèlé par Saint-Simon, votre ancètre à tous, et le mien en particulier, mon premier acte de foi ici doit être de proclamer vous, Enfantin, l’homme le plus moral de mon temps, le vrai successeur de Saint-Simon, le chef suprème de la religion saint-simonienne". Depuis le 28 novembre 1831, il assurait la gestion financière de la société .

Le 17 février 1832, il se brouilla avec Enfantin officiellement à propos des théories de celui-ci sur la famille, en réalité à cause des propos qu’Enfantin tint sur sa femme. Constant relate en 1832 qu’Olinde n’était plus saint-simonien. Alexandre Dumas (Mémoires, volume 5, p 53) parle de l’arrestation d’Enfantin et d’Olinde Rodrigues, le 22 janvier 1832.

En 1840, il essaya de fonder une revue avec la collaboration d’Adolphe Blanqui, Fournel et Michel Chevalier et il publia les "Poésies sociales des ouvriers", pour montrer à la bourgeoisie combien d’idées généreuses on trouvait chez les prolétaires.

En 1848, il soutint vivement la République et recommanda la participation des ouvriers aux bénéfices ; il rédigea un projet de "Constitution Populaire" ("tout pour le peuple et par le peuple").

Ses derniers jours furent occupés à grouper les sociétés de secours mutuels et à préparer une biographie de Saint-Simon (celle que Hubbard a écrite et publiée en 1857). On lui a atribué sans motif "Maria Stella", pamphlet contre Louis Philippe.

Malgré le prestige qui revenait au confident de Saint-Simon, son influence diminua beaucoup ; l’autorité lui manquait ; sa parole brusque, ses emportements dans la discussion blessaient ses interlocuteurs. Sentant cette infériorité, il en souffrit beaucoup. Il entreprit de publier les "Oeuvres complètes de Saint Simon" (in 8) dont il ne parut que 2 volumes. Il lègua à sa mort ce projet d’édition à son ami G. Hubbard.

C’était le grand homme de la famille ; à la fois mathématicien de valeur et philosophe, il initia sa sœur Amélie au saint-simonisme : "Chaque homme doit avoir un métier manuel".

Il est décédé le 17 décembre 1851 à Paris des suites d’un accident stupide. Il est inhumé au Père-Lachaise dans la 28e division.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2009)