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CORDONNIER Denis (1893-1952)

84eme division
vendredi 10 juillet 2009.
 
Un autre personnage reposant dans la 84e division. Celui-là est toujours bien présent dans le souvenir, même si sa personnalité est devenue un peu floue pour le plus grand nombre. Cet article est avant tout un hommage...

Député du Nord

Denis CORDONNIER voit le jour le 30 septembre 1893 à Saint-Amand-les-Eaux (Nord).

Il s’est éteint le 5 octobre 1952 à Paris.

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Nord)

Député du Nord de 1946 à 1952

Issu d’une famille de sept enfants dont le père exerçait la profession d’instituteur, Denis Cordonnier effectue de brillantes études aux lycées de Valenciennes et de Lille puis à la faculté de médecine de cette ville. Dès 1910, avec Roger Salengro, il anime un groupe socialiste d’étudiants lillois. Mobilisé comme médecin auxiliaire, il fait toute la guerre de 1914-1918 au front. Blessé, il est deux fois cité à l’ordre de l’armée. Deux de ses frères, officiers, sont tués à l’ennemi.

Après l’armistice, il poursuit sa formation professionnelle : interne des hôpitaux à Lille, médecin légiste à l’Université de Paris, chef de travaux à la faculté de médecine de Lille. Médecin conseil à la Bourse du travail de Lille, il occupe un poste d’administrateur à la caisse "Le Travail". Dans l’exercice de ses fonctions il rencontre la détresse et prend la mesure des ravages causés par l’alcoolisme. Il aura plus tard, en tant que parlementaire, l’occasion d’amplifier son action sociale. Pour l’heure il débute une carrière politique locale : élu conseiller municipal de Lille aux élections de 1929, il devient adjoint au maire, Roger Salengro, chargé de l’hygiène et de la santé après celles de 1935 puis conseiller général de Lille-Est en 1937.

A nouveau mobilisé en 1939 comme médecin, fait prisonnier à Calais en mai 1940, libéré en sa qualité de sanitaire, il participe immédiatement à la lutte contre l’occupant et le régime de Vichy. Naturellement, il ne figure pas dans le nouveau conseil municipal nommé fin 1940. Arrêté par la Gestapo en août 1942, il relatera dans Geôles allemandes ses onze mois de captivité à Loos (Nord). Dès son élargissement, Denis Cordonnier prend le maquis. Responsable civil du comité français de libération nationale pour le département du Nord, il est nommé maire de Lille le 2 septembre 1944.

Denis Cordonnier préside de nombreux organismes ou associations. Dans le cadre départemental office d’HLM, associations d’anciens combattants et victimes de guerre, déportés et résistants, amicale laïque. Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante, son parti le désigne comme second d’Auguste Laurent dans la 2ème circonscription du Nord (Lille). Denis Cordonnier occupera cette même place aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante ainsi qu’à celles de la première législature de la IVe République, le 10 novembre 1946.

Membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique durant les deux Assemblées nationales constituantes, il siège de surcroît à celle de l’intérieur pendant la première Assemblée nationale constituante qui, par ailleurs, le nomme juré à la Haute cour de justice. Il s’intéresse essentiellement aux questions de santé publique. A ce titre il dépose propositions de loi ou de résolution et rapports au nom de la Commission de la famille concernant un fichier sanitaire et social de la prostitution (13 mars et 4 avril 1946), le dépistage et la déclaration des cas de tuberculose pulmonaire (11 juillet, 8 août et 18 septembre 1946), la lutte contre l’alcoolisme (3 octobre 1946) et enfin le sort des aveugles et grands infirmes auxquels il souhaite assurer un minimum vital (30 juillet et 28 août 1946).

Au cours de la première législature de la IVème République, Denis Cordonnier accomplit un travail parlementaire considérable. S’il n’est pas possible de rendre compte en détail d’une telle activité, il convient néanmoins de faire état de sa proposition de loi n° 479, déposée le 6 février 1947, relative au minimum vital à assurer aux aveugles et aux grands infirmes qui deviendra la loi n° 49-1094 du 2 août 1949, dite "loi Cordonnier". Très présent en séance, le député du Nord intervient principalement dans les domaines de compétence des deux commissions auxquelles il appartient.

Toujours membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, Denis Cordonnier préside à nouveau celle de l’intérieur. Malgré les atteintes de la maladie qui devait l’emporter, il poursuit son œuvre législative, spécialement en faveur des aveugles et des grands infirmes. Le 2 août 1951 il dépose une proposition de loi tendant à modifier la loi du 2 août 1949 puis deux rapports y afférents le 15 novembre 1951 et le 8 février 1952 et intervient dans leur discussion les 7 et 8 février 1952. Le député du Nord souhaite également faciliter la vie quotidienne des aveugles par la création d’une bibliothèque nationale Braille (sa proposition de loi du 5 juin 1952) et par l’exonération de la taxe téléphonique (son rapport du 9 juillet 1952 sur la proposition de résolution de Joseph Denais). Il dépose de nouvelles propositions de loi ou de résolution et des rapports concernant la lutte contre l’alcoolisme, les maladies professionnelles et les accidents du travail. Enfin le 4 décembre 1951, il intervient sur le budget de la santé publique et de la population pour 1952.

Denis Cordonnier décède le 5 octobre 1952, il est inhumé dans la 84e division.

Le 7 octobre 1952, le président Herriot annonce son décès à l’Assemblée nationale et prononce son éloge funèbre.