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MICHELET Jules (1798-1874)

52ème division (1ere ligne)
jeudi 15 septembre 2005.
 

Historien et littérateur

Né en 1798 à Paris, fils d’un imprimeur pauvre, il connut la misère dans son enfance mais parvint à faire de brillantes études au lycée Charlemagne.

Docteur en histoire en 1819, puis agrégé en 1821, il devint professeur au collège Sainte-Barbe puis chargé de cours d’histoire ancienne à l’Ecole normale supérieure en 1827.

Catholique et royaliste, il est chargé par Charles X de l’éducation de la fille de la duchesse de Berry : pourtant, les idées libérales de la révolution de 1830 le gagnent.

Elu en 1838, en plus de ses nombreuses charges, à l’Académie des Sciences morales et politiques, il reçoit la même année une chaire au Collège de France qu’il transforme en tribune politique. A une jeunesse enthousiaste, il répand les idées démocratiques et anticléricales.

Il poursuit parallèlement ses travaux historiques, désireux qu’il est d’embrasser l’ensemble des événements, personnages, symboles, fondements géographiques et races en un creuset unique.

Funérailles de Jules Michelet, le Petit Journal 1874

C’est là à la fois la force et la faiblesse de son oeuvre : histoire pleine de vie, lyrique et pittoresque, les faits sont néanmoins souvent submergés par ses émotions personnelles.

Passé à l’opposition ouverte dans les dernières années de la monarchie de Juillet, il accueille avec enthousiasme la révolution de 1848 mais est suspendu en 1849, destitué en 1851, et, ayant refusé de prêter serment à Napoléon III, déchargé de son poste aux Archives Nationales.

Dans sa retraite, Michelet se considère désormais comme un éducateur social chargé d’élever spirituellement le peuple : c’est dans cet esprit qu’il rédige, de 1847 à 1853, son oeuvre la plus notable, l’Histoire de la Révolution française.

Profondément germanophile, comme la plupart des romantiques, Michelet est bouleversé par la guerre franco-prussienne de 1870. Il meurt à Hyères en 1874.

Michelet, anticlérical, souhaite pouvoir être incinéré puis enterré sans cérémonie religieuse. Il crée, avec 300 intellectuels, la « société pour la propagation de la crémation.

Mais à sa mort, à la demande de sa veuve, il est inhumé le 18 mai 1876 avec des funérailles officielles et publiques organisées par Gabriel Monod et la police estime que 10 000 personnes suivent le cortège funéraire depuis l’appartement de Michelet rue d’Assas jusqu’au Père-Lachaise.

Son tombeau, en marbre blanc, élevé par souscription internationale et inauguré en 1882, est l’œuvre de l’architecte Jean-Louis Pascal et du sculpteur Antonin Mercié. Michelet est représenté sous forme de gisant, devant une vue de l’Institut et une Muse allégorique qui indique du doigt l’épitaphe : « L’histoire est une résurrection ». » ?

Sources : Patrimoine funéraire français, Cimetières et tombeaux, Editions du patrimoine, CMN, 20156, page 180.

Eric Fauquet « Michelet ou la gloire du professeur d’histoire », Éditions du Cerf, 1990, page 438 et 452.

Jean-Louis Pascal « Tombeau de Michelet au Père-Lachaise », Revue Générale de l’Architecture et des Travaux Publics, 1885, page 2-4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Michelet

Gravure : Funérailles de J. Michelet, l’Illustration

Didier Muller (APPL 2017)