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Sculpteurs - Fondeurs - Bronzeurs

LANDOWSKI Paul (1875-1961)

mardi 27 janvier 2009.
 

Sculpteur français

Paul-Maximilien Landowski, sculpteur français, naît à Paris en 1875 et meurt à Boulogne-Billancourt en 1961 des suites d’une crise cardiaque.

Il épousa Geneviève Nénot (1897-1911), fille d’Henri-Paul Nénot en première noce dont il eu deux enfants, le peintre Nadine Landowski (1908-1943) et Jean Max Landowski (1911-1943) mort pour la France.

Veuf inconsolable il épouse Amélie Cruppi, fille de l’homme politique Jean Cruppi. Il est aussi le père de Marcel Landowski (1915-1999) et de la pianiste et artiste peintre Françoise Landowski-Caillet (1917-2007). Il est aussi le petit-fils, par sa mère, du célèbre violoniste et compositeur Henri Vieuxtemps.

Élève de Barrias, il est lauréat du Prix de Rome en 1900 avec son David combattant.

Il reçut la croix de guerre dans la Somme lors de la Première Guerre mondiale.

Il réalisa dans l’après guerre plus de 80 monuments aux morts dont Les Fantomes.

Il devient directeur de l’Académie de France à Rome, de 1933 à 1937.

À sa mort, il laisse également deux oeuvres littéraires, l’une publiée de son vivant - Peut-on enseigner les Beaux-Arts (La Baudinière, 1948) - et l’autre qui ne le sera, partiellement, qu’après sa mort, son Journal, témoignage personnel et fascinant sur le métier de sculpteur de l’avant Première Guerre Mondiale à la fin de sa vie.

paul landowski a été nommé commandeur de la Légion d’honneur.

On lui doit au Père Lachaise, le monument du columbarium, sépulture Darracq (2e) etc....

Journal de Paul Landowski (Extraits)

Père Lachaise

6 février 1944

Malgré cette peine affreuse qui ne me quitte pas un instant, jamais mon imagination n’a été en aussi grand mouvement ; j’ai trouvé aujourd’hui la composition rudement difficile du motif "mutilation d’Ouranos". C’est un dessin pour un bas-relief, mais ça ferait un petit groupe en marbre excellent. À poursuivre. J’ai aussi trouvé, et c’est plus important encore, la structure d’un grand bas-relief du fond de la salle hypostyle du Père-Lachaise . J’ai surtout eu l’idée de la manière de boucher l’ouverture qui, à tiers de hauteur environ, interrompt bien malencontreusement la composition. Tout ce long rectangle, je vais l’occuper par un bas-relief à claire-voie, comme ce que j’avais fait faire à ma petite bande d’élèves pour l’Exposition 1937. Le thème sera "le mythe de Psyché". J’encadrerai depuis le sol jusqu’au faite et en faisant le tour le motif central par un soutien architectural, qui fera bien entre les colonnes, le plafond et le bas-relief. Ce soutien architectural sera orné de motifs qui seront "l’histoire religieuse du feu". Puis tout le centre qui sera le développement de l’esquisse existante. Cette femme remarquablement belle - 1m75 de haut - que m’a indiqué Fenaux va me faire une nature, une déesse-mère extraordinaire. C’est un problème magnifique, et qui répond à mes idées les plus profondes : trouver une représentation consolatrice de la Mort, sans appeler à son secours les thèmes de résurrection religieuse. C’est le retour au Cosmos, avec l’épreuve de la vie humaine.

22 mars 1944

Malgré le froid, dessiné la partie supérieure ajourée du fond de la salle hypostyle du Père-Lachaise. Dommage que ce bâtiment se dénomme Four crématoire. On devrait trouver un autre nom. En tous cas, mon affaire à moi se trouve. En fin de compte, en restant rigoureusement fidèle aux divisions de Formigé, j’ai été amené à modifier le petit dessin et ce n’est pas plus mal. Au contraire même.

La frise dite "des planètes" diminue de hauteur. L’obligation où je suis de faire une ellipse très allongée pour la ronde des mois est finalement un avantage, car cela crée un plus net contraste avec la circonférence céleste. Je crois aussi avoir eu d’heureuses idées pour les huit angles qu’il faut décorer. Dans le haut, la course des chars du soleil et de la lune me semble une solution heureuse. Les quatre éléments, aux quatre angles du carré dans lequel s’inscrit la sphère me paraissent bien inventés.

31 mars 1944

La ronde des mois. Je représente janvier sur l’Épiphanie ; février, transplantation des arbres ; mars : étalons conduits au haras ; avril : transhumance ; mai : Les fleurs ; juin : fauchage des foins. J’en suis là pour aujourd’hui. Le motif central aussi vient bien. Au centre, la Trinité humaine (l’homme, la mère et l’enfant), entre ce qui donne un sens à la vie : l’Art, la Foi, la Poésie et l’aventure. Les mois tont autour, sont comme la couronne des travaux et des jours. Hymne sculpté à la vie éternelle s’épanouissant au-dessus de la mort.

2 avril 1944

Travaillé toute la journée au dessin du couronnement, c’est une rude composition. J’ai peiné jusqu’au soir sur le mois de décembre, que je symbolise par une scène de bûcheron abattant des pins. Je n’ai eu mon affaire qu’au moment où tombait la nuit.

Le Retour éternel.

Ouvrage : Paul Landowski à Paris, par Pierre Wittmer, éditions CREAPHIS 26400 Grâne 2001.

Sources : Association des Amis du musée Landowski, Elisabeth Caillet (APPL 2011).

Site de Paul Landowski, un artiste humaniste

Site des Amis du musée Paul landowski