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Sculpteurs - Fondeurs - Bronzeurs

BRA Théophile (1797-1863)

dimanche 18 janvier 2009.
 

Sculpteur français

Théophile François Marcel Bra voit le jour le 23 juin 1797 à Douai.

Sculpteur de l’époque romantique.

Théophile Bra est issu d’une famille d’artistes sculpteurs sur bois depuis quatre générations. Il fit ses études artistiques à Paris. Ses sculptures sont nombreuses, on les trouve dans diverses églises de Paris, au musée de Versailles, à Lille, à Valenciennes et au Musée de la Chartreuse à Douai.

Il reçut d’importantes commandes officielles sous la Restauration et la Monarchie de Juillet (Église de la Madeleine, Palais du Louvre et Arc de Triomphe, Versailles, statues d’églises, marbres et plâtres au musée de la Chartreuse à Douai...).

En 1818 reçoit un second prix de Rome.

Théophile Bra a été fait Franc-Maçon en 1824 à la Parfaite union de Douai. Il a appartenu aux loges de Paris, Lille et Douai entre 1825 et 1840.

Exact contemporain d’Eugène Delacroix, Bra participa fortement de l’époque romantique par sa personnalité intransigeante et illuminée et sa spiritualité complexe : il fut à la fois bonapartiste et anglophile, chrétien fougueux, disciple de Swedenborg, franc-maçon, admirateur du judaïsme et des religions orientales (hindouisme et bouddhisme) et son inspiration fantastique évoque les univers habités de Goya, William Blake ou Victor Hugo.

Théophile Bra est l’auteur d’un ouvrage ésotérique, L’Evangile Rouge.

De 1826 à 1829, un dérangement émotionnel à caractère mystique l’affecta. Ses péripéties et les effets de comportement qu’il provoqua furent évoqués lors d’un procès célèbre ; leur écho accrédita dans l’opinion la vésanie fabuleuse de Théophile Bra.

Les produits étonnants de l’expérience de Bra, dont seuls les proches soupçonnèrent la richesse spirituelle, demeurèrent longtemps occultés : il s’agit d’une abondante et soutenue production de dessins symboliques et de textes, conjointement fragments et sans pareils dans l’art du romantisme français. Les dessins ont été révélés dans une exposition en 1998 et 1999, aux Etats-Unis (Houston) et en France (Douai). Quant aux textes, L’Evangile rouge demeure la relation la plus étendue que Bra laissa de son expérience de 1826-1829.

On s’interrogera sur l’audience que Bra voulut réserver à L’Evangile rouge. Cette émouvante méditation où confluent le journal intime et le roman épistolaire ajoute un chapitre dense et original à la littérature d’art du romantisme.

Elle suscite nombre de questions pertinentes à la réflexion moderne autant sur l’élaboration du moi et ses représentations que sur les modalités et procédures d’inscription de la pensée.

Il a légué à la ville de Douai un fonds important de 100 boîtes et albums d’écrits torrentiels contenant 5 000 dessins associés à des textes. Plus de 200 dessins extraits de ce fonds, actuellement à la Bibliothèque de Douai, ont fait l’objet d’expositions aux États-Unis et en France, notamment à la Maison de Balzac, au Musée de la Chartreuse à Douai et au Musée de la vie romantique à Paris.

Il s’éteignit à Douai, sa ville natale, où il mourut ignoré en 1863..

Œuvres de l’artiste :

L’allégorie de la ville de Lille assiégée, sur la colonne dite de "la Déesse" à Lille

Christ en croix et vierge à l’enfant de l’église Sainte-Catherine à Lille

Fronton de l’hôpital général de Douai

Buste de Adolphe Édouard Casimir Joseph Mortier, Galerie des batailles du château de Versailles

Buste de Mademoiselle Michel au Musée de la vie romantique à Paris.

Statue d’ange androgyne Musée de la Chartreuse de Douai qui passe pour avoir inspiré à Balzac le conte Séraphita.

Statue en bronze de François Broussais, 1840, deuxième cour de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce.

Oeuvres au Père Lachaise : Sépulture Béclard (8e), buste en bronze.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2009)