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Monuments remarquables - Sculpteurs

BOUCHER Alfred (1850-1934)

dimanche 11 janvier 2009.
 

Sculpteur de facture classique

Alfred Boucher naît le 23 septembre 1850 à Bouy-sur-Orvin près de Nogent-sur-Seine, dans le département de l’Aube, à cent kilomètres de Paris, où son père est ouvrier agricole .

Sa famille s’installe dans cette ville en 1859 au service du sculpteur Marius Ramus (1805-1888). Remarqué par l’artiste dont il devient l’assistant, l’adolescent est présenté à Paul Dubois (1829-1905), sculpteur réputé, natif de Nogent-sur-Seine, qui l’encourage dans sa vocation d’artiste.

Soutenu par des bourses de sa ville et de son département, Alfred Boucher entre à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1869 et suit les cours de Paul Dubois et de Antoine Dumont (1801-1884). Malgré un double échec au Prix de Rome - il reçoit néanmoins 2e prix pour L’enfant à la fontaine -, il séjournera par deux fois longuement en Italie en 1877-1878 et 1883-1884.

Ses statues de facture classique le font peu à peu reconnaître et le Salon de 1881 le couronne pour la Piété filiale. Dès lors sa célébrité s’accroît par la diffusion de réductions en bronze de ses œuvres et par les très nombreux bustes qu’il réalise : il immortalise aussi bien des hommes de Sciences comme Laennecc, des hommes de Lettres comme Maupassant, que des personnalités politiques comme le roi de Grèce Georges 1er ou le président Casimir Périer, et beaucoup d’autres.

Devenu un artiste officiel, il est décoré de la Légion d’honneur, et aborde avec succès différents sujets. Dans une veine réaliste, il exprime le goût de son époque pour l’Antiquité et l’Olympisme renaissant avec son groupe de coureurs à pied intitulé Au but ! qui est primé au Salon de 1886 à Paris.

Il aborde également comme ses confrères de l’époque des sujets sociaux et naturalistes en représentant les hommes au travail comme "le Terrassier" ou "la Petite moissonneuse".

Il préfère cependant des thèmes plus poétiques en associant nature, nu féminin et mythologie comme dans la série des "Volubilis" et des "Baigneuses" par exemple.

Apprécié par la bourgeoisie fortunée et par les autorités politiques, il s’installe à Aix-les-Bains en 1889 en conservant son atelier parisien, et honore de nombreuses commandes de monuments commémoratifs. On peut citer comme exemple le mausolée Herriot en 1899 ou la sépulture du ministre lyonnais Burdeau au cimetière du Père Lachaise. Parallèlement, il peint quelques toiles aujourd’hui oubliées.

Au sommet de sa célébrité, il est couronné par le Grand Prix de sculpture de l’Exposition Universelle de 1900 et continue à travailler. Après le Grande Guerre, utilisant un nouveau matériau, le ciment armé, Alfred Boucher réalisera encore, à la fin de sa vie, les monuments aux Morts de Nogent-sur-Seine (1920), et d’Aix-les-Bains (1922).

Fidèle à la ville qui l’avait soutenu dans ses années de formation, il a fondé en 1902 le musée de Nogent-sur-Seine (musée Paul Dubois - Alfred Boucher) qui abrite certaines de ses œuvres. Généreux et philanthrope, il a créé aussi la même année "la Ruche" pour aider les jeunes artistes en faisant aménager pour eux des ateliers dans le quartier Montparnasse en récupérant un pavillon de l’Exposition universelle.

Il a eu aussi un rôle de formateur pour la génération suivante en encourageant les talents de Laure Coutan ou de Camille Claudel qui a réalisé un buste de son premier maître, ou encore de Louis Morel (1887 - 1975) qui deviendra le collaborateur/praticien d’Auguste Renoir à Essoyes dans l’Aube.

Il mourra à près de 84 ans à Aix-les-Bains en 1934 et une rétrospective de son œuvre l’honorera en 1935 à Paris.

Oeuvres de l’artiste au PL :

Sépulture de Ferdinand Barbedienne (1810-1892) Groupe de trois statues en bronze grandeur nature (L’Inspiration, Le Travail, "La Petite Boucher"). cimetière du Père Lachaise.

sépulture du médecin Théodore Keller (1845-1898) (cimetière du Père Lachaise)

sépulture du ministre Burdeau (1901 - cimetière du Père Lachaise : buste en bronze de Burdeau et devant la pyramide une jeune fille, symbolisant la postérité).

monument Ollier (1904 - cimetière du Père Lachaise)

gisant en pierre Albert Bartholomé (1928 - Père Lachaise)

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)