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Monuments remarquables - Architectes

GUIMARD Hector (1867-1942)

dimanche 11 janvier 2009.
 

Art nouveau, Art déco

Hector Guimard voit le jour à Lyon, le 10 mars 1867. Il est décédé à New York, le 20 mai 1942.

Représentant majeur de l’Art nouveau en France.

Dans la mouvance internationale de l’Art nouveau, Guimard fait figure de franc-tireur : il ne laisse aucun disciple derrière lui, aucune école et c’est la raison pour laquelle il a longtemps été considéré comme un acteur secondaire de ce mouvement. Cette absence de postérité contraste avec la profusion formelle et typologique extraordinaire de son œuvre architecturale et décorative, où l’architecte donne le meilleur de lui-même en quelques quinze années d’activité créatrice.

Hector Guimard étudie l’architecture à Paris de 1882 à 1885 auprès d’Eugène Train et de Charles Génuys à l’École nationale des arts décoratifs et est diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts en 1889 après avoir suivi l’enseignement de Gustave Raulin. C’est notamment auprès de lui que le jeune Guimard est sensibilisé aux théories d’Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc, qui jette les bases dès 1863 avec ses Entretiens sur l’architecture des futurs principes structurels de l’Art nouveau. C’est également le style médiévisant de ce dernier qui détermine l’aspect des premières œuvres de Guimard : l’hôtel Roszé (1891), l’hôtel Jassedé (1894), et surtout l’Ecole du Sacré Cœur (1895).

La conversion de Guimard au style linéaire qui reste aujourd’hui attaché à son nom est quant à elle plus circonstanciée : elle se fait lors d’un voyage à Bruxelles, où il visite l’hôtel Tassel de Victor Horta. La réalisation la plus emblématique de cette époque, le Castel Béranger (1898), illustre ce moment de transition qui voit le choc entre ces deux héritages : sur les volumes géométriques d’inspiration médiévale du gros œuvre se répand à profusion la ligne organique « en coup de fouet » importée de Belgique.

Génial touche-à-tout, Guimard est aussi un précurseur de la standardisation industrielle, dans la mesure où il souhaite diffuser le nouvel art à grande échelle. Sur ce plan il connaît une véritable réussite - malgré les scandales - avec ses célèbres entrées du Métro parisien, constructions modulables où triomphe de principe de l’ornement structurel de Viollet-le-Duc. L’idée est reprise - mais avec moins de succès - en 1907 avec un catalogue d’éléments en fonte applicables à l’architecture : Fontes Artistiques, Style Guimard.

Mais malgré ce feu d’artifice d’innovations et de démonstrations tous azimuts, le monde se détourne rapidement de Guimard : moins que l’œuvre, c’est l’homme qui agace. Et en digne représentant de l’Art nouveau, il est lui-même victime des contradictions inhérentes aux idéaux du mouvement : ses créations les plus achevées sont financièrement inaccessibles au plus grand nombre, et à l’inverse ses tentatives de standardisation cadrent mal avec son vocabulaire très personnel.

C’est finalement complètement oublié qu’il s’éteint à New York en 1942, où la crainte de la guerre l’avait fait s’exiler (sa femme est juive).

Oeuvre de Guimard au PL : Sépulture Caillat.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2009)