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Médecins - Psychanalistes - Hommes de l’art

GUATTARI Felix (1930-1992)

42eme division (1ere ligne, chemin des Anglais)
samedi 3 janvier 2009.
 

Psychanaliste et philosophe

Félix Guattari, voit le jour le 30 avril 1930 à Villeneuve-les-Sablons (Oise), mort le 29 août 1992 à la clinique de La Borde (Cour-Cheverny, Loir-et-Cher).

Psychanalyste et philosophe français.

Proche de Jean Oury et de son frère Fernand, il a travaillé toute sa vie à la clinique de La Borde, haut lieu de la psychothérapie institutionnelle. Il a suivi longtemps le séminaire de Jacques Lacan, qui fut son psychanalyste. Il a pris ses distances avec le « lacanisme » au fil de sa collaboration avec Gilles Deleuze (c’est lui l’inventeur du mot « déterritorialisation »), tentant de renouer avec l’inventivité première de la psychanalyse, et a trouvé quelques échos notamment dans la pratique brésilienne.

Militant très à gauche, il a soutenu de nombreuses causes de minorités dans un contexte mondialisé (auprès des Palestiniens en 1976, en soutien aux opéraïstes italiens en 1977, pour le processus de re-démocratisation du Brésil à partir de 1979, etc.) Il a été l’un des promoteurs de la radio libre dans les années 70 et également fait parti du collectif de soutien à la candidature de Coluche pour la campagne présidentielle de 1981.

« Mais, pourquoi le nier, certains enjeux politiques nous tiennent à cœur, et surtout certains refus qui nous conduisent, à nos risques et périls, à nous engager dans certaines aventures plus ou moins risquées. Notre expérience des formes dogmatiques d’engagement et notre inclination irrépressible vers les processus de singularisation nous prémunissent - du moins le pensons-nous - contre tout surcodage des intensités esthétiques et des agencements de désir, quelles que soient les propositions politiques et les partis auxquels on adhère, fussent-ils les mieux intentionnés. Il n’y a d’ailleurs qu’à suivre la pente. Chaque jour se fraient sous nos yeux de nouvelles voies de passage entre les domaines autrefois cloisonnés de l’art, de la technique, de l’éthique, de la politique, etc. Des objets inclassables, des “attracteurs étranges” - pour paraphraser une fois de plus les physiciens - nous incitent à brûler les vieilles langues de bois, à accélérer des particules de sens à haute énergie, pour débusquer d’autres vérités. »

Félix Guattari ne croit pas qu’il soit possible d’isoler l’élément inconscient dans le langage ou de le structurer dans des horizons signifiants. L’inconscient au contraire se rapporte à tout un champ social, économique et politique. Les objets du désir se déterminent comme réalité coextensive au champ social (et par conséquent à celui défini par l’économie politique).

Penseur de la natalité, des commencements, la recherche radicale de Guattari d’une capacité à donner forme conceptuelle et pragmatique à des interrogations existentielles, à réintégrer la complexité des individus, leur libido, leurs rêves, dans l’équation politique, s’outille du côté de la psychothérapie institutionnelle et de la psychosociologie dans un premier temps ; puis Guattari se tourne vers des sémiotiques non limitées par l’effondrement des « lieux de parole », sensible depuis 1975 ; enfin il invente les « cartographies schizoanalytiques » et jette les bases de l’ « écosophie ».

Il a été à l’origine du Centre d’Etudes, de Recherches et de Formation Institutionnelles (CERFI, 1965-1987)[10], dont la revue Recherches publia des dizaines de numéros spéciaux, approches amoralistes du travail, de l’école, des toxicomanies, des féminismes, des homosexualités et des dites « perversions »...

L’analyse institutionnelle que le Centre se donne pour tâche explore ainsi un vaste champ qui va de l’histoire de l’État (équipements collectifs, urbanisme, administration centrale) à l’histoire sociale (de la classe ouvrière aux milieux marginaux).

La faculté critique des gens du CERFI (parmi lesquels on pouvait compter Anne Querrien, Numa Murard, François Fourquet, Liane Mozère...) a pu s’exercer de manière spécifique dans les domaines suivants : nosologie psychiatrique, théorie de la pédagogie, savoir de la petite enfance, urbanisme comme science ou « urbanologie », et enfin science économique.

Felix Guattari s’est éteint à Paris en 1992. Il repose dans la 42e division.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2009)