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COTTIN Sophie, née Marie Risteau (1770-1807)

39eme division ( O, 20)
vendredi 26 décembre 2008.
 

Femme de lettres

Sophie Cottin née Ristaud ou Risteau est née à Tonneins le 22 mars 1770.

Ecrivaine française.

La jeune Sophie est élevée à Tonneins, puis à Bordeaux, par une mère éprise de littérature et d’art, la jeune Sophie Ristaud partagea aisément cette passion. Douée d’un caractère réfléchi, d’une âme tendre et mélancolique, Sophie Ristaud accorda de bonne heure sa préférence aux pensées graves sur les affaires futiles.

Sa conversation avait plus de solidité que d’éclat ; et comme d’ailleurs elle ne recherchait nullement les suffrages du monde, rien ne faisait soupçonner en elle ces dispositions brillantes et cette imagination si vive qui devaient se révéler plus tard dans son œuvre.

Mariée, en 1790, dès l’âge de dix-sept ans à un vieillard, M. Cottin, riche banquier de Paris, qui quitta Bordeaux pour venir habiter un luxueux hôtel de la capitale, rue du Mont-Blanc. L’accomplissement de ses devoirs, les soins de sa maison l’empêchèrent d’abord de se livrer à son goût naturel, mais loin d’éblouir Sophie Cottin, le tourbillon du monde n’entraîna pas son jeune âge.

Trois ans après, en 1793, au plus fort de la Révolution, Cottin éprouva un tel saisissement d’avoir été dénoncé au club des Jacobins comme aristocrate que ceux qui vinrent pour l’arrêter, le lendemain matin, le trouvèrent mort dans son lit. Sophie Cottin restait veuve à vingt-trois ans et, de plus, à peu près ruinée ; la Révolution avait mis le désordre dans les affaires de son mari, et elle avait versé, en vain, une partie de sa fortune, à Fouquier-Tinville, président du Tribunal révolutionnaire, pour tenter de sauver deux membres de sa famille de l’échafaud. Après liquidation, elle eut tout juste de quoi vivre à Champlan, dans la vallée d’Orsay.

C’est dans cette maison qu’elle aura le courage de cacher Vincent-Marie Viénot de Vaublanc qui avait été condamné à mort par contumace le 25 vendémiaire, 17 octobre 1795, en tant que chef de la section royaliste du Faubourg Poissonnière. Sophie Cottin le reçoit par amitié pour Jean-Baptiste-Marie-François Bresson et sa femme.

La mort imprévue de son mari l’émut à peine et la trouva même indifférente. Cette perte détermina néanmoins tout-à-fait de la destinée de Sophie Cottin.

Un modique revenu suffisait à ses simples besoins. Jusque-là Sophie Cottin n’avait guère eu l’idée de produire des ouvrages en public, et semblait même pressentir assez peu son talent. Elle se contentait d’épancher en secret les trésors de son imagination et de sa sensibilité.

De premières et secrètes esquisses, des fragments, des essais divers, avaient mis Sophie Cottin sur la trace définitive du genre qui l’attirait plus spécialement. Le cœur rempli d’idées, ne puisant à d’autre source qu’elle-même, écrivant avec facilité et abandon, son rôle fut tout d’abord d’exprimer des sentiments naturels, sincères, vifs, profonds, jaillissants. Le pathétique vrai et plein d’ardeur qui anime ses ouvrages de Sophie Cottin émane de cette intime fusion de la mélancolie, de la vertu et de l’amour, éléments simples, mis en œuvre naturellement et presque sans art.

Une bonne action fut l’occasion pour Sophie Cottin d’exprimer enfin un talent qu’elle ignorait encore lorsqu’un de ses amis, par suite des événements de l’époque et de quelques revers particuliers, fut proscrit. Les ressources pécuniaires de Sophie Cottin étaient alors peu étendues, mais, en quelques semaines, celle-ci écrivit Claire d’Albe, et le produit de ce roman, produit sous l’impression en quelque sorte d’un récit confidentiel, et écrit tout d’un trait, en moins de quinze jours, sans retouche ni hésitation, publié sans nom d’auteur en 1798, fut consacré à soulager l’infortune de son ami obligé de quitter la France.

Le grand succès de Malvina (1800), composition animée d’une vive sensibilité, et le triomphe encore plus éclatant du roman si vrai, si touchant d’Amélie Mansfield (1802), ne permirent plus à Sophie Cottin de garder le secret sur sa condition d’auteure que les préjugés de son époque regardaient de façon si défavorable. Toutefois, en acceptant le renom d’écrivaine, Sophie Cottin ne répondit jamais aux critiques de ses productions qu’en cherchant à les perfectionner.

Élisabeth ou les Exilés de Sibérie (1806), production la plus touchante peut-être qui ait été tracée par le cœur, ajouta encore à sa renommée. Mathilde ou Mémoires tirés de l’histoire des croisades n’était sans doute que le premier essai d’un plus vaste dessein, mais le terme de ses travaux, et bientôt de ses jours, était déjà marqué. Une maladie mortelle, accompagnée de souffrances de plusieurs mois, vint l’atteindre dans la retraite qu’elle s’était choisie. On a dit qu’une passion ardente et non partagée en avait été la première cause.

Statue de Sophie Cottin à Bagnères, oeuvre du sclpteur Escoula

Une maladie cruelle vint surprendre Sophie Cottin au milieu des projets, des perfectionnements qu’elle ne cessait de méditer. Après trois mois de souffrances aiguës éprouva son résignation, elle mourut, âgée de trente-quatre ans, laissant inachevé un roman sur l’éducation, dont elle attendait la seule gloire à laquelle, dans sa pensée, une femme dût prétendre. Ele mourut le 25 aout 1807 à Paris.

Sa tombe se trouve au Père Lachaise, 39e division. Cette sépulture est classée historique et est entretenue par la Ville de Paris.

« C’est la récompense d’avoir aimé que d’aimer de plus en plus jusqu’à la mort. »

Sophie Cottin

Crédit photo : Hugo_photos (APPL 2009)