Navigation







Opéra Comique - catastrophe du 25 mai 1887

Opéra Comique (monument aux victimes)

96eme division (10eme ligne, H, 34)
jeudi 25 décembre 2008.
 

Incendie de 1887

L’Opéra-Comique a été fondé le 26 décembre 1714 par Catherine Baron et Gautier de Saint-Edme à partir de troupes qualifiées de « foraines » qui se produisaient lors des spectacles donnés lors des foires annuelles de paris. L’une des troupes de la foire Saint-Germain pris alors le nom d’Opéra-Comique.

Son répertoire était surtout constitué de pantomimes et de parodies d’opéras afin de déjouer les interdictions dont ils étaient frappés suite à des procès intentés par la Comédie-Française, inquiète face à la qualité montante des spectacles qui lui portait directement concurrence. En 1714, un décret autorise la troupe à avoir son propre théâtre avec une contrainte : intercaler des dialogues parlés dans les œuvres chantées. C’est la définition actuelle de l’opéra-comique.

La première salle Favart (1783-1838)

La « salle Favart », dont l’architecte est Jean-François Heurtier, est inaugurée le 28 avril 1783 en présence de la Reine Marie-Antoinette. La salle a été construite sur un terrain appartenant au duc de Choiseul à l’emplacement où se trouve encore aujourd’hui le théâtre national de l’Opéra-Comique, place Boieldieu dans le 2e arrondissement de Paris. La salle dispose de 1933 places.

Pendant la Révolution française, l’Opéra-Comique poursuit son activité mais il subit la rude concurrence du théâtre Feydeau. En 1801, les deux troupes fusionnent pour former, le 16 septembre, le théâtre national de l’Opéra-Comique. Pendant plusieurs années, le fonctionnement de l’institution oscillera entre un modèle de société de comédiens et un modèle plus contraignant avec un directeur.

Le 15 janvier 1838, un incendie détruit la salle après une représentation de Don Giovanni. L’origine de cet incendie est dû au système de chauffage car c’est un tuyau du calorifère du foyer des artistes de l’orchestre qui, chauffé au rouge, mit le feu au magasin de décors. Hector Berlioz proposera alors au ministère un projet d’exploitation de la nouvelle salle à ses propres frais, mais cette demande sera rejetée par la Chambre des députés.

La deuxième salle Favart (1840-1887)

En 1840, la salle est reconstruite : il s’agit alors de la deuxième salle Favart.

Le XIXe siècle est une époque de grand succès pour l’Opéra-Comique, grâce notamment à des compositeurs tels qu’Adolphe Adam, Daniel-François-Esprit Auber, Georges Bizet, Félicien David, Jules Massenet ou même Nicolas Bochsa, le célèbre harpiste excentrique qui composa sept œuvres représentées à l’Opéra-Comique.

Le 17 novembre 1866, l’Opéra-Comique, dirigé par Adolphe de Leuven, présente pour la première fois une œuvre d’Ambroise Thomas qui connaît immédiatement un grand succès, Mignon de Michel Carré et Jules Barbier pour le livret inspiré par Wilhelm Meister.

En 1880, le nouveau directeur Léon Carvalho (1825-1897) fait rejouer la pièce Mignon avec une nouvelle cantatrice américaine, Marie van Zandt, surnommée miss Fauvette ou miss Caprice. Après quelques succès avec Le Pardon de Ploërmel et Les Noces de Figaro, Carvalho fait chanter la diva dans Le Barbier de Séville de Rossini, mais son accent américain fait scandale et elle est contrainte de se retirer.

Le 25 mai 1887à 21 heure, un deuxième incendie détruit de nouveau la salle pendant la représentation du premier acte de Mignon, d’Ambroise Thomas. Cet incendie, provoqué par une défectuosité de l’éclairage au gaz de la herse située au-dessus de la scène, coûta la vie à quatre-vingt-quatre personne dont quatre danseurs, deux choristes, quatre habilleuses, quatre ouvreuses, et mit au chômage tout le restant du personnel. Le gouvernement paya une compensation aux victimes et un concert fut donné au bénéfice des employés de l’Opéra-Comique. Emmanuel Chabrier écrivit alors le Duo de l’ouvreuse de l’Opéra-Comique et de l’employé du Bon Marché, pièce à l’humour parfois bien noir, les représentations du Roi malgré lui ayant été définitivement annulées, sans compensation financière. Léon Carvalho, alors directeur, est jugé responsable, condamné puis acquitté en appel. Suite à cet incendie, l’éclairage à l’électricité devint obligatoire dans tous les théâtres et cafés-concerts.

La Ville de Paris, suite à cette tragédie, décida d’élever un monument funéraire aux victimes non identifiées de l’incendie. elle attribua une concession gratuite dans la 96eme division par arrêté municipal en date du 24 juin 1887, approuvé par arrêté préfectoral en date du 23 août 1887. Sépulture entretenue par la ville de Paris.

Crédit photos : Annie_photos (Appl 2008)