Navigation







Ecrivains - Journalistes - Littérateurs

LAURENT-PICHAT Léon (1823-1886)

8eme division (5e ligne, AB, 21)
jeudi 25 décembre 2008.
 

Littérateur et homme politique

Léon Laurent-Pichat voit le jour le 11 juillet 1823 à Paris où il est mort le 12 juin 1886.

Homme politique, poète et homme de lettres français, connu surtout pour le rôle qu’il a joué dans la publication de la première édition de Madame Bovary de Gustave Flaubert en 1857.

Il fait ses études dans une pension à Saint-Mandé, dirigée par Julien-Théophile-Henri Chevreau, puis au lycée Charlemagne. Avec le fils de Chevreau, il part ensuite en Italie, en Grèce et en Syrie, voyage dont il rapporte un premier volume de vers, Les Voyageuses, qu’il publie en 1844 avec les bénédictions de Victor Hugo, dont il est l’un des plus fervents admirateurs. Un bel héritage lui permet de poursuivre son penchant pour la poésie et de publier successivement deux nouveaux recueils, Libres Paroles et Chroniques rimées.

La poésie doit selon lui aborder les problèmes de la société en s’ouvrant aux idées nouvelles ; mais la critique, tout en faisant bon accueil à la sincérité de son engagement, lui reproche de graves défauts dans la forme : une triste monotonie, engendrée par une surabondance de rimes riches, et une trop savante austérité « sans éclat et sans soleil ».

Après la Révolution de 1848, il collabore au Propagateur de l’Aube, journal fondé par Louis Ulbach, où il défend des idées républicaines. Puis, avec Louis Ulbach, Théophile Gautier, Arsène Houssaye et Maxime du Camp, il fait renaître la Revue de Paris, dont il devient le gérant en 1853.

C’est à ce titre qu’il est traduit en justice en 1857, en compagnie de son imprimeur Auguste-Alexis Pillet et de Flaubert, lors du procès qui vise à faire condamner Madame Bovary pour outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs. Le procès se solde par un acquittement, mais la Revue de Paris est condamnée dans une autre affaire et supprimée l’année suivante par le gouvernement.

Laurent-Pichat collabore ensuite à plusieurs autres journaux, publie des nouvelles et des romans de philosophie sociale, et donne en 1861 une série de conférences qu’il réunit sous le titre Les Poètes de combat. Lorsque Charles Delescluze fonde le journal radical Le Réveil, il y fait la chronique des Salons de 1861 et 1862. Il publie un nouveau recueil de poésies intitulé Avant le jour en 1868.

En 1871, il est élu député de la Seine et siège à l’Assemblée nationale sur les bancs de l’Union républicaine. À la fin de son mandat, en 1875, il est nommé sénateur inamovible.

Laurent-Pichat présente au Sénat un programme qui porte son nom et comporte entre autres les points suivants : amnistie des communards et suppression absolue de l’état de siège, liberté de réunion et d’asscoiation, liberté de la presse, instruction primaire obligatoire, gratuite et laïque, défense de la société civile contre l’envahissement du clergé, service militaire obligatoire pour tous sans privilèges d’aucune sorte, séparation de l’Église et de l’État. Il continue par ailleurs à militer pour les droits de l’humanité dans son dernier recueil de poésies, Les Réveils, paru en 1880.

À sa mort en 1886, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture est ornée d’un médaillon en bronze, oeuvre du sculpteur Mercié.