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Musiciens - Compositeurs de musique - Professeurs au Conservatoire

DURAND Emile (1830-1903)

33eme division
samedi 20 décembre 2008.
 

Compositeur de musique

Emile DURAND voit le jour à Saint-Brieuc, le 16 février 1830.

Tous les musiciens passés par les classes d’harmonie et d’écriture des conservatoires connaissent le nom d’Émile Durand pour avoir étudié son Traité d’Harmonie. Peu savent qu’il est costarmoricain de naissance : ses parents étaient, en effet, hôteliers à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) lorsqu’il y vit le jour.

Son père, musicien amateur, l’éveilla à la musique mais c’est à Montpellier où la famille s’établit en 1842, que ses dispositions musicales, notamment pour le chant, furent découvertes.

On le retrouve dès octobre 1845 au Conservatoire de Paris comme élève dans la classe de solfège de Napoléon Alkan (1er prix en 1847), puis, sa voix ayant mué, dans les classes d’écriture.

Elève de François Bazin pour l’harmonie (1er prix en 1851) et de Halévy pour la composition, il obtient en 1853 avec une cantate, Le Rocher d’Appenzell, le second Grand Prix de Rome, gage de la solidité de son bagage technique.

Le Conservatoire lui ouvre ses portes comme enseignant. D’abord assistant, il devient professeur de solfège en 1866 puis d’harmonie en 1871 : il succédait ainsi à son maître François Bazin, devenu professeur de composition. Au nombre de ses élèves on compte, entre autres, Gabriel Pierné, Camille Erlanger, Samuel Rousseau ou encore Claude Debussy, entré dans sa classe en 1877.

A la demande de l’éditeur Leduc, Émile Durand va passer les vingt dernières années de sa vie à rédiger divers traités : Traité d’harmonie théorique et pratique (1881), Traité d’accompagnement pratique au piano (1884), Traité de composition musicale (1899), auxquels il faut ajouter plusieurs solfèges.

Ces écrits à visée pédagogique ont contribué à donner d’Émile Durand une image austère tout en lui assurant respect et renommée dans le milieu musical ; ils firent longtemps autorité. Cette tâche l’absorba si complètement qu’il choisit, en 1883, de démissionner de ses fonctions au Conservatoire.

Cette double activité pédagogique et théorique a éclipsé l’œuvre proprement musicale d’Émile Durand. Il est vrai qu’il n’a pas abordé les genres nobles et les grandes formes. On lui doit, cependant, outre un opéra-comique, L’Elixir de Cornelius sur un livret de Henri Meilhac et Arthur Delavigne (Fantaisies Parisiennes, 3 février 1868) et une opérette, L’Astronome du Pont-Neuf sur un livret de Jules Moinaux (Variétés, 18 février 1869), de très nombreuses mélodies - Comme à vingt ans (1858) devint vite célèbre - des pièces pour piano et quelques chœurs. L’ensemble montre des qualités réelles de mélodiste mais aussi une incapacité à penser un développement.

Émile Durand n’oublia jamais son pays natal et un certain nombre d’œuvres lui ont été inspirées par la Bretagne (Comme en Bretagne, poésie de Michel Bouquet, 1889). Dès 1856, il s’impose comme chantre de la Bretagne avec la chanson Le Biniou sur des paroles d’Hippolyte Guérin et une couverture illustrée de L. Bertrand représentant un jeune pâtre breton faisant sonner son instrument, entouré de ses chèvres. Le texte ancre cette « chanson bretonne » dans l’affectif et l’écriture musicale de type romance accentue cette impression.

Émile Durand cultivait ses attaches bretonnes : il faisait partie de plusieurs sociétés comme « Les Bretons de Paris » ou « La Pomme » et participait régulièrement dans la capitale aux Dîners Celtiques. . Il était en contact avec le milieu artistique et intellectuel breton. L’Association des compositeurs bretons, créée à Paris en 1912, l’intégrera à juste titre dans son Panthéon.

Emile Durand est mort à Neuilly-sur-Seine, le 7 mai 1903.

Sources : Marie-Claire Mussat, Emile Durand.

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)