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Peintres - Illustrateurs - Décorateurs

BRAUNER Victor (1903-1966)

3eme division
jeudi 18 décembre 2008.
 

Peintre contemporain

Victor Brauner, voit le jour le 15 juin 1903 à Piatra Neamţ en Roumanie. Peintre dadaïste puis surréaliste il a fait partie de l’importante communauté d’artistes et intellectuels roumains de Paris avec Constantin Brâncuşi, Emil Cioran, Mircea Eliade, Eugène Ionesco, Panaït Istrati et Tristan Tzara.

Sa jeunesse est marquée par deux faits importants : d’une part, la révolte en Moldavie et les séances de spiritisme de son père auxquelles il assiste en secret, et, d’autre part, le souvenir laissé par l’étrange excitation provoquée par le passage de la comète de Halley en 1911, qui, pour beaucoup, annonçait la fin du monde. La famille Brauner s’installe pendant quelques temps à Hambourg, puis à Vienne (1912) et revient à Bucarest en 1914.

Il étudie à l’école des Beaux-Arts de Bucarest de 1919 à 1921. En octobre 1924, il expose ses œuvres et édite, avec Ilarie Voronca, une revue Dada "75 H.P." (un seul numéro) dans laquelle il écrit le manifeste de la "picto-poésie". Ni tout à fait peinture, ni tout à fait poésie, la "picto-poésie" juxtapose des formes géométriques différenciées selon la couleur et la touche du pinceau, où s’inscrivent des lettres tracées à la main ou au pochoir, formant dans l’esprit à la fois futuriste, dadaïste et constructiviste, un vocabulaire dont la signification ne prend sens que par leur inscription sur la toile et soulignent l’expression dynamique de l’image.

Un premier voyage à Paris, en 1925, lui fait découvrir Giorgio De Chirico et les surréalistes. Mais ce n’est qu’en 1932, installé à Paris, qu’il prend contact avec ces derniers grâce à Yves Tanguy. Il commence une série de tableaux autour du symbole de l’œil énucléé.

En 1934 a lieu sa première exposition parisienne à la galerie Pierre. André Breton préface le catalogue : «  Le désir et la peur président par excellence au jeu qu’il mène avec nous, dans le cercle visuel très inquiétant où l’apparition lutte crépusculairement avec l’apparence. »

Après un retour à Bucarest, en 1935, il revient à Paris en 1938 et partage l’appartemment d’Yves Tanguy. Il rencontre Jacqueline Abraham qu’il épousera en 1946.

Dans la nuit du 27 au 28 Août 1938, lors d’un chahut entre Oscar Dominguez et Esteban Francés, il est atteint en plein visage par un verre qui le prive définitivement de son œil gauche.

Jusqu’à la déclaration de guerre de septembre 1939, le peintre traverse une période dite des «  Chimères ».

Après la défaite de juin 1940 et l’occupation partielle de la France par l’armée allemande, Victor Brauner se réfugie dans la famille du poète Robert Rius (dont il vient d’illustrer le recueil Frappe de l’Echo) à Perpignan. Il loge à Canet-plage, puis est en résidence surveillée à Saint-Filiu d’Amont.

En novembre, il est à la villa Air-Bel à Marseille, avec d’autres artistes comme André Breton, Max Ernst, Wifredo Lam, et le militant révolutionnaire Victor Serge, dans l’espoir d’obtenir un visa pour quitter le pays et échapper à la répression. Son attente étant vaine, il est alors caché en Provence par René Char. La précarité de sa vie le contraint à s’adapter et utiliser le peu de matériau dont il dispose. Ainsi, il peint à la cire, matière à qui il donne une valeur alchimique, voire ésotérique.

En 1947, il participe à l’Exposition internationale surréaliste, à la galerie Maeght et présente son être-objet le « Loup-table ». Après cette exposition, il quitte le groupe surréaliste.

Sa peinture s’assombrit jusqu’à devenir presque monochrome tandis que les titres de ses œuvres renouent avec l’humour Dada : « Orgospoutnique », « Autonoma », « Aeroplapla », « Poisson à roulettes ».

Malade et inquiet du sort des Roumains illégaux en France, Brauner ira à Zurich puis à Ronco.

Il meurt à 63 ans des suites d’une longue maladie, le 12 mars 1966 à Paris. Inhumé au cimetière de Montmartre,il repose avec son épouse. Sur sa tombe est inscrit en épitaphe une phrase extraite de ses carnets :

« PEINDRE C’EST LA VIE, LA VRAIE VIE, MA VIE. »